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LA FRANCE OCCUPEE

    «La vraie patrie est celle où l’on rencontre

 

 le plus de gens qui vous ressemble».

 

(Stendhal)

 

 

«Quand on achète la paix, surtout par la lâcheté,

on se met en situation de la payer

 toujours plus cher» 

(Montesquieu)

 

L'AMOUR MATERNEL

 

 

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L'ASCENSION

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Tout est vie, rien n'est mort !


Heureux celui qui saisit et retient de tels instants de liaison pour s'élancer alors vers le haut ! Toutefois, il ne doit pas s'en tenir à des formes rigides, par contre chacun doit se développer lui-même,

à partir de son for intérieur.


Ne vous souciez pas des railleurs qui sont encore étrangers à la vie de l'esprit. Ils sont comme des êtres ivres, comme des malades devant le grande oeuvre de la création qui nous offre tant de choses. Tels des aveugles qui se glissent à tâtons tout au long de l'existence terrestre et

ne voient pas toute la splendeur autour d'eux !


Ils sont égarés, ils dorment ; car comment un être humain peut-il encore affirmer par exemple, que seul existe ce qu'il voit ? Que là où ses yeux ne peuvent rien percevoir, il n'y a pas de vie ? Qu'avec la mort de son corps, lui aussi cesse d'exister...? Uniquement parce que, dans son aveuglement, il ne pouvait jusqu'ici se convaincre du contraire par sa vue ? Ne sait-il pas déjà maintenant au sujet de nombreuses choses, combien la capacité de l'oeil est étroitement limitée ? Ne sait-il pas encore qu'elle est liée à la capacité de son cerveau assujetti à l'espace temps ? Que, pour cette raison, il ne peut reconnaître avec son oeil ce qui s'élève au-dessus de l'espace et du temps ? Aucun des ces ailleurs n'a-t-il encore saisi cette motivation intellectuelle logique ? La vie de l'esprit, nommons-la aussi l'au-delà, est pourtant seulement une chose qui se situe totalement au-dessus du classement terrestre de l'espace et du temps, qui nécessite donc une voie de même nature pour être reconnue.


Cependant, notre oeil ne voit même pas ce qui peut être classé dans l'espace et le temps. Que l'on songe à la goutte d'eau qui apparaît à l'oeil nu d'une pureté absolue et qui, observée  travers un verre grossissant, renferme des millions d'organismes vivants qui s'y combattent et s'y détruisent sans merci. N'y a-t-il pas parfois dans l'eau et l'air des bacilles qui possèdent la force de détruire des corps humains et qui ne sont pas reconnaissables à l'oeil nu ?  I

ls deviennent pourtant visibles à l'aide d'instruments de précision...

 

Or, qu'est-ce que l'au-delà ?  Beaucoup sont déconcertés par le mot. L'au-delà est simplement tout ce qui ne peut être reconnu à l'aide de moyens terrestres. Cependant, les moyens terrestres sont les yeux, le cerveau et tout le reste du corps. De même que les instruments qui aident les parties à exercer leur activité encore plus précisément et de façon exacte, de l'étendre davantage.


Pour ces raison, modifiez vos conceptions. Il n'y a ni en-deça ni au-delà, mais seulement une existence unitaire ! Seul l'être humain a inventé la notion de séparation  parce qu'il ne peut pas tout voir et qu'il s'imagine être le centre et le point le plus important de l'entourage qui lui est visible. Pourtant, son champ d'action est plus vaste. Mais, avec l'erreur de la séparation, il se limite seulement, violemment, entrave sa progression et donne libre cours à l'imagination effrénée qui amène de monstrueuses images.


Est-il dès lors surprenant qu'en conséquence, beaucoup n'ont qu'un sourire sceptique, d'autres une vénération malsaine qui devient servile ou dégénère en fanatisme ? Qui peut donc encore s'étonner de la peur farouche, voire de l'angoisse et de la terreur qui son cultivés chez certains ?

Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 11:41

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....................................................................................................14ème épisode

 

Mon Amérique à moi, étaient devenue une très jolie poupée. Si l’on se fiait à son apparence et à son comportement, on pouvait la qualifier de volage et de superficielle. Petite de taille, cependant élancée, elle était toujours juchée sur des talons hauts et aimait porter de jolies robes aux décolletés plongeants qui lui allaient à ravir, ainsi que des pantalons qui mettaient sa silhouette en valeur. Ce physique attirant, émoustillait les garçons qui tournaient autour de la jeune fille, comme des abeilles autour d’un pot de miel. Or, les faux-semblants, sont souvent trompeurs… Que ce soit sur le plan négatif ou positif…. Au sein de notre société, les critiques, les vilénies, procurent un certain bien-être à des hommes et à des femmes de tout acabit et de tout horizon. Ces derniers, très mal dans leurs baskets, envieux et frustrés (surtout les femmes ; qu’elles soient jeunes ou vieilles) éprouvent un besoin pervers de juger et de condamner, en propageant rumeurs et propos humiliants qui sont d’autres parts, toujours rapportés déformés et plus avilissants, encore… Pris dans la masse, les êtres humains sont, à quelques détails près, identiques. (Il existe des exceptions ; heureusement !) Beaucoup, pour des raisons obscures, ne supportent ni la beauté et ni la jeunesse, qui les importunent. Gorgés de rancœur et d’aigreur pour ce qu’ils n’ont pu être ou pu faire, ils se gâchent la vie à petit feu en se complaisant dans leur solitude et leur médiocrité.

 

Christiane, née sous le signe de la Vierge, avait deux visages. Un pour les étrangers et l’autre, seulement pour les intimes. (Les vrais) On aurait pu l’appeler « Le Miroir à deux faces » car, il aurait suffi de racler le dessus de sa carapace, pour découvrir une hypersensible éternellement en souffrance, une jeune fille spontanée, généreuse, bienveillante avec son prochain et, d’une crédulité à faire pleurer. « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » déclarait le regretté Jean Yann, dans un de ces films. Ceci, afin que vous sachiez qu’il ne faut jamais propager des ragots sur qui que ce soit, sans le connaître personnellement ; et même… c’est laid et indigne de l'être humain !

 

Christiane, Juste et Pupuce le chien, faisaient toujours autant la java. « Java, qu’est-ce que tu fais là… ». Souvent, les retours à la maison étaient houleux et féroces, sur le plan verbal. Juste, d’une nature possessive – comme beaucoup d’hommes -, ne supportait pas de voir sa copine danser, causer ou flirter ouvertement, avec un autre garçon. « T’inquiète ; cela n’ira pas plus loin… », Rétorquait-elle, pour le calmer. De temps à autres, ils prenaient "la tire" qui fonçait tout droit vers l’Auberge du Chaperon Rouge, pour rendre visite à Giselle et Bernard, qui exerçaient toujours les métiers d’aide-cuisinier et de femme de ménage. Christiane, afin de les aider, arrivait les bras chargés de provisions. Ceux-ci, en dépit de leurs revenus plus que modestes, étaient souvent attablés en terrasse, à l’heure de l’apéritif. D’autant plus, qu’ils s’étaient faits de nouveaux amis, à la fois bringueurs et buveurs : Jean et son frère, alcooliques invétérés et, Françoise, plus sobre, qui était veuve. Les mois de juillet et août de cette année là, furent très secs et étouffants. Et, sans une goutte d’eau aux robinets, c’est mille fois plus pénible ! Comme lors de toute coupure d’eau, le couple s’en accommodait, en espérant des jours meilleurs. Avaient-ils d’autre choix ? Non. Malgré cette pénurie incontournable, la maison restait accueillante et conviviale. Juste, avait des tas d’amis qui étaient devenus les amis de Christiane. Les amis de tes amis, ne sont-ils pas tes amis ? Bien sûr ! On comptait, entre autres, Didier D.., le fils et petit neveu de la famille F., qui possédait deux magasins de tapis et moquettes, rue des Rosiers, Francesca, l’amie d’enfance de Christiane, qui venait souvent accompagnée de son mari Jean-Pierre, jusqu’à ce qu’elle divorce et se mette en ménage avec qui ?? Devinez… ? Le beau Didier de la rue des Rosiers ; et ceci, avec l’aide d’une entremetteuse... Madame Christiane !!

 

Un soir, Juste,  rentra à la maison le visage rayonnant, accompagné d’un inconnu, dénommé Patrick. « Je te présente un ami » déclara-t-il… « Christiane, ma femme… ». Il était toujours fier de l’exhiber au regard de ses amis. Le loup dans la bergerie ? Pas impossible. Car, aussitôt que Christiane eût touché la main du jeune homme, elle ressentit comme une décharge électrique vibrer dans tout son être. Et ce fut réciproque ; ça se voyait comme le nez au milieu de la figure ! Ce soir là, sur des petits nuages, elle mit les petits plats dans les grands. Au terme du dîner, Juste, prit l’initiative de mettre de la musique.

 

Mon Essentiel, dansait collée/serrée contre Patrick, lorsqu’à cet instant précis, des voisins se mirent à hurler « Au feu ! Au feu ! Soudain, ce fut l’affolement général et le branle-bas de combat ! Bien sûr, les pompiers furent appelés en urgence. C’est à grande force de matériel, qu’ils arrivèrent sur les lieux, peu de temps après. Pimpon, Pimpon… Avec un savoir-faire indéniable et une rapidité surprenante, ils déroulèrent le gros tuyau d’arrosage qui fut traîné jusqu’au robinet de la cour ; et, comme dans « surprise, surprise… » Ils en restèrent suffoqués ; sur le cul ! : Aucune goutte d’eau ne sortait de ce satané robinet ! Dans toute leur carrière, ils n’avaient jamais vu une chose pareille !! Perdant un temps  précieux à trouver une solution, une fumée épaisse avait déjà envahi les escaliers et commençait à s’étendre dans toute la cour.

 

Comme tout être humain dont l'instinct de conservation s'exprime, dans ces moments de catastrophe, on pense d’abord à sauver sa peau et celles de ceux qu’on aime ; et, seulement après, on rassemble dare-dare, toute ce que l’on peut sauver. Christiane, terrorisée par les flammes,  fit le vide dans son armoire, en un rien de temps. Ce qui fut expéditif car, elle ne trouva rien de mieux  - pour aller plus vite - que de balancer ses précieuses toilettes et autres babioles, par la fenêtre qui était grande ouverte. Les vêtements ainsi jetés, tournoyaient tels des cerfs-volants, avant d’atteindre l’asphalte du trottoir. Ceci fait, elle se saisit de son chien, qu’elle garda serré contre son cœur. Sur le trottoir d’en face, des badauds, un tantinet voyeurs, n’avaient rien perdu de la scène. La tête à l’envers, le cœur battant la chamade, mon Essentiel, préparait frénétiquement ses objets de toilette, lorsqu’en Henri fit retentir un « ils se sont branchés sur le robinet du père Coudy !! Dieu Merci, nous sommes sauvés, pensa Christiane, en poussant un profond soupir de soulagement. De la fenêtre de la cuisine, on pouvait observer les pompiers qui s’attaquaient aux arrivées de gaz. Armés de massues, ils les écrasaient l’une après l’autre, afin de parer  l'immeuble contre une éventuelle explosion.

 

L’histoire se termina avec brio. Nos vaillants pompiers finirent par dompter l’incendie et tout revint dans l’ordre ; ou presque. Ouf ! On revenait de loin. Juste, légèrement amer et le visage sombre, n’eut qu’à déplorer une façon de faire, à son avis, révoltante : ses vêtements personnels n’avaient pas bougé d’un pouce ! « Alors, qu’est-ce que t’attends ??? lui hurla Christiane. « Coure chercher mes affaires avant qu’on me les pique !!

 

      Juste, s’octroya quelques secondes, avant de s’exécuter.

 

A plus, mes chéris !
....................................................................................................... A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 20:55

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......................................................................................................... 15ème épisode

 

La source de toutes mes espérances avait flashé sur le prénommé Patrick. Une gueule d’ange, aux faux airs d’Alain Delon, jeune premier du cinéma français. Un charme fou, des yeux clairs, grand, élancé, mince… L’Amour… "Ca ne s’explique pas", chantait Edith Piaf ! Christiane, dès le premier soir, s’était entichée d’un inconnu dont elle ignorait presque tout ! « L’amour a des raisons que la raison ignore… » « Sors du cercle du temps et entre dans le cercle de l’amour ». Elle ne se fit pas prier, la petite coquine !! Ma douce créature ne prit pas de gants pour annoncer la nouvelle à Juste. C’est ton ami ? Oui ; et alors ? Qui puis-je ! Après lui avoir expliqué les tenants et les aboutissants de ce prodige, ainsi que son point de vue personnel, elle lui signifia avec tact et diplomatie, de bien vouloir faire son baluchon et de s’embarquer pour d’autres horizons. Ce qu’il refusa catégoriquement. Bon. Soit ! Nullement surprise et plutôt bonne fille, Christiane, accepta de le garder ; à une seule condition : qu’il accepte la situation présente, même s’il devait en souffrir ! La logique aurait voulu, ne fusse que pour sa dignité de mâles, qu’il s’effacât. Or, Christiane, le connaissant parfaitement, ne fut absolument pas étonnée de sa réaction.

 

Ceci dit, les jours s’organisèrent d’eux-mêmes. Christiane, étant la seule à travailler, le beau Patrick, avait pour charge de s’occuper des courses et de la cuisine et, Juste – évidemment – son subalterne, s’occupait du ménage et du réapprovisionnement en flotte (ce qui n’était pas une tâche aisée). C’est lors de cette période que la belle, fut recrutée en pleine rue par un metteur en scène, qui tout en l'abordant, lui proposa d’être figurante pendant trois jours, dans un film au titre prometteur « Parlez-moi d’argent » avec Bernard Menez et Dary cowl. L’intrigue se déroulait dans une maison bourgeoise de St-Ouen, dont le propriétaire, milliardaire, conviait des amis à une couscous partie. Christiane, devait incarner une jeune cuisinière arabe qui, lors d’une scène délirante accompagnée de l’acteur principal, ramassait une importante quantité de semoule répandue sur le sol de la cuisine. La cuisinière et Dary, tous deux agenouillés sur le sol et munis chacun d’une petite cuillère, tentait de récupérer le maximum de semoule. Les petites cuillères s’entrechoquant, les grains de semoule voltigeaient en allant s'égarer un peu partout. Quel cirque ! Acteurs et figurants en trouvaient jusque dans leurs cheveux ! Quant à la suite, Attendez… le temps que je sollicite le bazar à souvenirs… Aurais-je la mémoire qui flanche ? A vrai dire, je suis incapable de vous faire un condensé du film, en entier. En définitive, Christiane, pendant trois jours, dû faire et refaire les mêmes scènes, jusqu’à l’overdose. Ce fut une expérience intéressante sur tous les plans. Parmi nous tous, qui peut se targuer d’avoir participé au tournage d’une comédie en long métrage… ? Un exemple assez cocasse : Dary C. qui tenait le rôle d’un gros mangeur, s’obligeait à vomir dans une bassine, pour pouvoir dupliquer x fois la même prise jusqu’à l’assentiment du metteur en scène ! Mon essentielle aurait pu lui donner des cours !!

 

Au terme de ces trois jours, Christiane, ne crut pas utile de déclarer au fisc, la somme dérisoire qu’elle avait gagnée. A sa grande surprise, elle reçut quelques années plus tard un redressement fiscal ,afférent à ce bref interlude. Et, le comble, c’est que le film ne sortit jamais dans les salles ! Une devinette : Quel est le nom du prédateur de plus cruel au monde ? Le fisc ; bien sûr !!!

 

Pour la première fois, Christiane, se sentait aimée et… elle aimait ! Patrick, qui avait l’air sincère et amoureux, l’a traitait comme une Reine. Ses désirs étaient des ordres, que Juste, s’empressait d’exécuter au pied de la lettre. Or, les choses finirent par s’envenimer au sein du trio car, les bagarres se multiplièrent, en semant une zizanie générale. L’amant outragé endurait le pire, certes en silence, en tentant de distancer son rival, à tous les niveaux. Christiane, connaissant Juste, qui avait tendance à ruminer sans rien dire, pressentait un tour de cochon. A coup sûr, plus retors qu’elle ne l’aurait pensé, il lui mitonnait derrières les fagots, des représailles à la sauce vendetta.

 

Bientôt, les potins du quartier ne tardèrent pas à arriver jusqu’aux oreilles de Christiane qui, comme l’exige les bien-pensants, était considérée comme une dépravée, dépourvue de tout sentiment et de moralité. « Ce n’est pas juste ! » avait protesté l’accusée, devant la Cour… Je veux un avocat ! S’était-elle exclamée en tentant de dédramatiser. « Vous, la gente masculine, n’êtes-vous pas des adeptes de la polygamie… ? Dans tout homme, n’y-a-t-il pas un polygame qui sommeille… ? » Avait-elle renchéri, en s’adressant à ses deux soupirants. Finalement, la source de toutes mes joies, s’efforçait, à coups de circonstances atténuantes, de se justifier. Elle rêvait ! Elle n’échapperait pas à la peine capitale ! Les vieux adages tels que «Fait ce que je dis mais ne fait pas ce que je fais ! » était plus que jamais à l’ordre du jour. D’autant plus, qu’à la base, ce principe restait l’apanage des hommes !

 

   A ce titre, les propos du patron du bar situé face à l'immeuble, carillonnaient encore à ses oreilles telles le tocsin d’une église un jour de funérailles. Un matin où tous les trois prenaient leur petit déjeuner au comptoir, l’homme en question, la cinquantaine un peu bidonnante, avait claironné d’une voix guillerette chargée de sous-entendus « Elle est belle… et quelle santé elle a !!" Avait-il rajouté, en explosant de rire.

 

Christiane, vexée d’être ainsi asticotée, s’empourpra. N’ayant pas d’autre choix que de sauver les apparences, elle s’employa à le prendre à la rigolade. « J’ai le dos large » se disait-elle, en haussant les épaules. Après tout, les attaques gratuites et autres clabauderies, ne la choquaient plus. Malgré elle, les calomnies faisaient partie intégrante de son quotidien. Peut-on éviter la bêtise et la jalousie de tous les frustrés et les mal baisés de tout poil… ? De toute façon, tout à une fin. « « Tout passe, tout lasse et tout casse ! ».

 

  Juste, le traitre, champion du monde dans l’art de se défiler, s’était rapproché en douce de Giselle, qu’il considérait comme sa belle mère. En versant quelques larmes de crocodile, il avait tout déballé à son seul avantage, en exprimant sa douleur d’homme trompée et la conduite inqualifiable de celle qu’il estimait être son bien. Giselle, n’ayant eu qu’un son de cloche et manquant d’objectivité, avait plaidé pour le plaignant sans se préoccuper des données du problème. Comme si elle-même avait été un prix de vertu, elle avait condamné sa fille à l’avance, sans connaître sa propre version des faites.

C’était aberrant !

 

Tout devait se jouer le week-end suivant. Persuadée que sa mère allait statuer avec intelligence et bon sens, mon héroïne arriva chez ses parents, confiante et enjouée. Juste, l’accompagnait. Alors qu’elle se fiait à la partialité de l’amour maternel, ce fut tout le contraire. Christiane était à peine sortie de la voiture, que Giselle lui mit le grappin dessus en l’agressant verbalement. Non satisfaite de la submerger de propos licencieux et caustiques – auxquels la jeune fille répliquait du tac au tac – elle l’empoigna par la tignasse et lui assena deux gifles retentissantes. Il y avait quelque part, un vice de procédure… Où étaient donc passés son avocat, ses témoins et les jurés… ? Christiane, démontée par la violence de l'intempérie, sortit de ses gonds en lui rendant la monnaie de sa pièce. Ce fut un aller/retour aussi instantané, qu’irréfléchi. Trop tard… le mal était fait. La guerre était déclarée entre une mère écorchée vive et une fille anorexique et hypersensible. Et tout ce gâchis, par la faute d’un propre à rien, incapable de régler en solo, ses problèmes intimes d’homme libre et responsable.

Le linge sale ne se lave-t-il pas en famille ??

 

Le retour immédiat en direction de la capitale se déroula dans un silence à couper au couteau. Christiane, le cœur décomposé, méditait sur sa vie et sur son compagnon en particulier ; celui qu’elle n’aurait jamais dû seulement croiser. Ses larmes coulant le long de  sa robe d’été, ses pensées convergèrent en direction de son père, ce qui ne fit qu’accentuer son chagrin. Ayant la conviction d’être persécutée par son destin et ce, depuis sa naissance, elle entrevoyait le gouffre au fond duquel elle allait être entraînée. Ses parents ayant prit le parti de Juste, son beau-père lui avait arraché la promesse, de mettre fin à la situation présente. Juré/craché !

 

Néanmoins, n'était-elle pas en droit de régir sa vie comme elle l’entendait… ? Sa mère, nonobstant sa vie intime, l'avait traité comme si elle avait eu encore cinq ans et n’acceptait en aucun cas, que son autorité soit remise en cause ! Et sa sœur, alors… ? Ginette se faisait entretenir depuis des années par un homme de quarante ans son ainé ; tout cela, parce qu’il était riche et supposé respectable ! Gisèle, ne se serait jamais permise de traiter sa fille ainée, ainsi. D’ailleurs, cette dernière, au vu de son caractère indépendant, aurait mis les « ola » depuis longtemps.

 

Les semaines qui suivirent le drame, furent le début d’un long cauchemar. Chaque geste, chaque parole, passait et repassait dans la tête de ma préférence à moi, comme un mauvais polard dont elle aurait été la victime. Désormais, plusieurs océans la séparaient de celle qu’il l’avait mise au monde et dont elle n’avait pu se résoudre, à couper le cordon ombilicale. Ayant à cœur de respecter la parole donnée, Christiane, après avoir tout relaté à Patrick,  lui signifia sa décision de rompre leurs liens amoureux. Un crève-cœur… Le jeune homme, eut beau faire le maximum pour l’en dissuader, elle ne revint jamais sur sa décision.

 

Sans quelque épaule sur laquelle s'épancher et en perte de repaires, elle ouvrit placards et réfrigérateur, pour se préparer la grande bouffe du siècle. Du salée et du sucré qui allait combler sa détresse – pour un moment illusoire -, jusqu’à ce qu’elle aille tout évacuer dans les toilettes.

 

Harcelée par le poids des remords, elle finit par perdre l’appétit et toute joie de vivre. Juste, le chancre purrulent de sa prostration et de son désespoir, Juste, le désigné coupable, devint le spectateur en titre de sa déchéance morale. Sa mère lui manquait cruellement. Chaque fibre de sa chair, chaque gène, revendiquaient leur droit à l’amour maternel. Or, l’amour et la haine, ne se rejoignent-ils pas ?

 

De Thomas Merton, je cite :

 

« Le commencement de l’amour est de laisser ceux que nous aimons, être totalement eux-mêmes car, sinon, nous n’aimons que le reflet de ce que nous sommes et que nous retrouvons en eux ».

 

Fin de citation.

..................................................................................................... A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /Jan /2010 19:35

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.............................................................................. 16ème épisode

 

En ce beau samedi d’Eté, les Puces étaient bondés. Christiane, seule, la tête encombrée d’idées noires, nettoyait la cuisine de fond en comble en attendant la visite de Francesca, sa meilleure amie. Elle était toute à sa tâche lorsque, soudainement, un malaise indéfinissable s’empara de son corps. Les battements de son cœur s’emballaient comme un cheval fou, ses jambes se dérobaient sous elle et ses bras, comme coupés, étaient sans ressort. Alors, qu’elle tentait de résister, un violent vertige la fit vaciller. Ses tempes, telles deux étaux qui lui comprimaient la tête, battaient à tout rompre. Au bord de l’évanouissement, elle fit appelle à toute sa volonté et tout ce qui lui restait d’énergie, pour se traîner jusqu’à sa chambre et se laisser choir sur son lit ; non sans avoir eu le réflexe d’entrebâiller la porte d’entrée… Puisque son amie devait passer !

 

  Une fois la tête posée sur l’oreiller, son cœur s’emballa d’avantage, comme s’il allait s’extirper de sa poitrine. Aux frontière de la folie, paniquée par ce phénomène inexplicable, sa vue se brouilla d’un coup, ses oreilles se mirent à siffler et ses deux mains, pareilles à deux feuilles ballottées par vent, furent prises de tremblements convulsifs. Alors qu’elle ne voyait plus rien et que sa respiration se faisait de plus courte et oppressante, elle voulut crier au secours, protester… or, ce fut le choc ; aucun son ne sortait de sa bouche. L'impression d’être enveloppée dans un linceul glacé, lui confirma ce qu’elle redoutait tant : elle allait mourir. C’est en cet instant précis et obscur qui dura quelques fractions de seconde, qu’elle vit sa courte vie défiler sur un écran invisible et, dans ses moindres détails. Un ressenti, une vision diffuse, inextricable et inaccessible aux convictions rationnelles des vivants…

 

Sans Francesca qui, la découvrant dans un état second, courut prestement chercher de l’aide auprès de sa sœur Danièle, je ne saurais présentement affirmer, si mon Amérique à moi, serait encore de ce monde aujourd’hui. Le Docteur Roland C., accompagné de sa jeune compagne, ne tarda pas à arriver au chevet de la malade. Son diagnostique fut le suivant : Crise de spasmophilie. Rien d’alarmant… Toute de même ; très spectaculaire et, peut-être… mortel ??? Non… ? Allons donc ! La rassura son presque beau-frère, en rigolant. Quelques doses de calcium en intraveineuses et, il n’y paraîtra plus ! Pas de quoi fouetter un chat ! Et, tous les deux, ayant certainement mieux à faire, repartirent comme ils étaient venus.

Christiane se retrouva à nouveau seule.

 

Dès lors de cette horrible crise, qui fut la seule à être aussi impressionnante, quarante-six années se sont écoulées. A l’heure actuelle, vous pouvez me croire, Christiane n'a pu oublier ce ressenti, ce sentiment de mort, qui avait duré un laps de temps impossible à définir. Comme si le Créateur avait tenu à lui adresser un message, à compter de ce jour, elle n’eut aucun doute en ce qui concernait l'existence de Dieu et la vie éternelle.

 

Les mois qui suivirent furent une longue descente en enfer. Christiane fut mise en longue maladie. La hantise des crises l'obsédait. Elle n’avait jamais été aussi mal-en-point. Des maux de tête lancinants tambourinaient dans sa tête, des diarrhées pouvant s’assimiler à la dysenterie, la vidaient jusqu’à l’épuisement. Minée physiquement et psychologiquement, elle se laissait couler dans une lente léthargie ourlée de souffrances non exprimées, de révolte contenue et d’une extrême solitude affective. Finalement, son organisme reflétait tout ce qui la grignotait de l’intérieur. Son âme, se découvrant malheureuse et incomprise, encourageait son corps à se révolter. Ce que Christiane ignorait, c’est qu’elle incitait ce corps à s’indigner, sitôt qu’elle repensait à sa mère. Elle avait commis l’impardonnable, l’irréparable. Un sacrilège. Elle avait plus que levé la main  ; elle l’avait frappée ! Elle n’avait de cesse de se repasser le cout-métrage de la terrible altercation, en passant en revue tout ce qu’elle aurait dû faire ou, ne pas faire. Elle ne vivait plus. Elle survivait dans la crainte que la fameuse crise refasse surface aux quarantièmes rugissant, pareille à un tsunami dévastateur.

 

Un soir d’hiver, alors qu'elle marchait dans la rue, elle tomba raide et inerte sur le trottoir,  devant le restaurant de Monsieur Coudy. Ce brave homme, bon et charitable qui avait tant fait pour elle et ses voisins… Quelques passants se précipitèrent pour la ramasser et la relever. Or, son damné corps se pensait obligé de lutter, en se cabrant et en retombant sur le bitume ; et comme lors de chaque crise, cela se finissait par de tels martellement dans le crâne, qu’elle avait envie de se taper la tête contre les murs !

 

Un samedi, la crainte obsédante de souffrir d’un cancer du colon, se faisant plus obstinée, elle se présenta aux urgences d’un hôpital du dix-huitième arrondissement de Paris. Elle eut affaire à un spécialiste des intestins qui l’ausculta sur toutes les coutures et qui l’interrogea sur sa vie présente et passée, sa famille, ses antécédents, etc. Ce que l’homme diagnostiqua, parut inacceptable aux yeux de sa patiente mais, sans discussions possibles. Le médecin fut catégorique. Son mal, imaginaire, était d’origine nerveuse et psychique ! Les yeux ronds comme des billes, elle allait insister, quand celui-ci l’arrêta d’un revers de mains. « Assez, Mademoiselle ! Vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! » Et sur ce, il la reconduisit vers la porte de sortie. Alors… que faire, quand on est une cérébrale ??

 

 Juste, pleinement occulté par sa compagne et peut-être, soucieux de son état alarmant, entreprit une démarche peu commune. Par bêtise ou par altruisme, il proposa à Didier D., le petit ami de Francesca, de prendre soin de sa femme malade. En clair, il lui demandait de meubler ses après-midis, en la sortant ou l’emmenant déjeuner au restaurant ; et pourquoi pas à l’hôtel, pendant qu’il y était ! Ce qui fut préconisé, fut non-seulement avalisé, mais aussi, concrétisé. Didier, arriva d’ailleurs en conquérant près à se dévouer et à s’investir, jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Celui-ci, prenant sa nouvelle fonction au sérieux et par souci de perfectionnisme, s’octroya et je dirais même, s’empara de la belle…

 

 Juste, le simple d’esprit, sans se douter le moins du monde de ce qui se tramait à sa barbe, avait cédé sa bien-aimée au plus offrant. A Didier, qui avait les moyens de la faire parler, mais aussi de l’éblouir, en lui jetant de la poudre aux yeux. Quelle femme ne craquerait pas devant des cadeaux et des déjeuners dans des restaurants prestigieux…? Bonne stratégie, car le beau Didier, arriva à ses fins. En réalité, il distribuait du vent, en simulant l’écoute et la compréhension. Il s’efforçait de conseiller, de rassurer et de réconcilier Christiane avec la vie. Mon essentiel, pensant avoir trouvé l’oiseau rare, habilité à la choyer et à la comprendre, se laissa dériver sur des flots veloutés emprunts de délicatesse et d’élégance.

 

Progressivement, le méchant loup manipula le petit chaperon rouge qui se laissa piéger et dévorer, sans même protester !

 

 Bye, bye, les blogueurs !!

................................................................................. A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 17:09

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.................................................................................. 17 ème épisode

 

Malgré elle, (??) mon absolu était devenue la maîtresse de Didier D. Tout le monde sait que les murs ont des oreilles et des antennes. Ceci expliquant cela, le marchand de tapis et moquettes qui avaient pignon sur rue, juste en bas de chez elle, se chargea de vendre la mèche à Juste. Comment l’avait-il appris ? Dieu seul le savait ! Le téléphone arabe… ? Très certainement. Les mauvaises langues sont toujours friandes d’histoires croustillantes ! Juste, l’unique fautif qui avait tout provoqué, rentra un soir furieux et vociférant sur sa compagne. Il ne manquait pas d’air !! Qui sème le vent, récolte la tempête !! Qu’est-ce qu’il lui avait pris à cet imbécile heureux ! Est-ce que l’on pousse celle que l’on prétend aimer dans les bras du premier venu ? Après quelques empoignades intempestives et autres propos scabreux, le jeune couple se résolut à trancher en faisant la paix et en mettant Didier au placard. Juste, finit par admettre qu’il avait joué avec le feu et se persuada que cette légère incartade, était due à un égarement passager. Christiane, en guise de consolation se souvint de l’adage suivant :

« Dès qu’un homme s’imagine être intéressant, il cesse de l’être… ».

 

D’autant plus, qu’une bonne nouvelle venait de sortir de la boîte aux lettres : Giselle et Bernard étaient de passage à Paris. Christiane n’en croyait pas ses yeux. Sa mère, après des mois et des mois de silence, manifestait ses regrets et son chagrin, à sa fille. Ce qui était plus efficace que n’importe quel traitement de tous les psys du monde !! Un élixir magique ! Cela faisait un bail qu’elle n’avait pas ressenti une telle délivrance et un tel bonheur. Elle était transformée, métamorphosée… et ça se fête ! affirma-t-elle à son compagnon en lui adressant un large sourire. Du coup, mon Essentiel, parfaitement requinquée, en émergeant d'un coma profond, se sentit pousser des ailes. Tout d’abord, elle concrétisa une idée qui lui trottinait dans la tête, depuis pas mal de temps. Elle présenta sa démission à son employeur, la Caisse de Retraites des Agents Immobiliers, rue Fortuny, où elle travaillait depuis trois ans. Après mûre réflexion, elle avait postulé pour un poste de secrétaire, au sein d’une grande société Holding, dont le siège se trouvait à la Défense.

 

Comme les bonnes résolutions n’arrivent jamais seules, Gisèle rouge d’émotion et en larmes, serra sa cadette contre sa poitrine en sollicitant son pardon. Au cours de l’apéritif, elle lui annonça avec une mine catastrophée, que l’appartement de la rue des Rosiers, devrait se libérer avant la fin de l’année car, la liquidation judiciaire était en route. Aucune importance ! Répondit Christiane, absolument pas contrariée. De toute façon, les arrivées de gaz étant raplapla depuis le fameux incendie, il n’était pas envisageable que Juste et elle-même, passe l’hiver sans chauffage ! Ils déjeunèrent en famille chez Monsieur Coudy. Jeanne, tout en étreignant sa cadette, lui confia que pendant des mois, elle avait été sujette à des crises similaires appelées « spasmophilie » et qu’elle avait dû être hospitalisée. Une telle similitude, n’était pas croyable ! Logique : les retrouvailles furent arrosées au-delà du raisonnable et chacun s’embrassa en se promettant de se revoir au plus vite.

 

Dès le mois d’avril de cette année là, le temps fut anormalement chaud. Dans l’appartement minuscule, situé sous les toits composés de plaques en tôle, la chaleur était suffocante. Le couple mangeait et dormait avec un atomiseur d’eau fraîche à portée de la main. Christiane, reçut enfin une réponse à sa lettre de candidature, dans laquelle il lui était proposé un entretien d’embauche. Paris/La Défense, avait été construite aux abords de Puteaux. Une multitude de tours disparates qui rappelaient celles de New-York, surgissaient de toutes parts en semblant mordre le ciel. D’immenses espaces verts, enjolivés de parterres de fleurs multicolores et une architecture d’avant-garde, donnait le sentiment d’avoir été propulsé dans un film de science fiction. Tout l’ensemble, avec ses statuts loufoques et ses tours en construction, avait immédiatement impressionné et enjoué la jeune femme. Le siège de la société, « La Saga » - dont le PDG portait un nom prestigieux « Eric de R. » - s’était établie Tour Atlantique, pas très loin du R.E.R. et du « CNIT. » Après avoir traversé l’esplanade, Christiane, franchit un portique qui s’ouvrit automatiquement. A la fois épatée et subjuguée par le décor somptueux et moderne, elle se dirigea directement vers l’hôtesse d’accueil qui lui indiqua les ascenseurs. L’entretien et les tests auxquels elle fut soumise, se déroulèrent sans problèmes. Le salaire et la date d’embauche furent discutés et conclus. Mon premier, dépassait largement les précédents et mon second, fut fixé au seize août 1976.

 

L’année de la terrible canicule. Une canicule infernale où chaque jour qui se levait, était conforme au jour d’avant et, chaque lendemain qui s’annonçait, était semblable au jour suivant. Le ciel, d’un bleu intense, dépourvu de nuages, ne laissait présager aucun signe d’un hypothétique orage ou averse. Partout en France, l’eau était rationnée et les agriculteurs, les premiers concernés, déploraient cette mesure drastique, en se lamentant sur le manque de pluie et en dénonçant à l’avance, le marasme économique qui allait suivre. Les soirées s’étendaient jusque tard dans la nuit. Tous les vendredis, Christiane et Juste s’empressaient de préparer leur « baise en ville » et de prendre la bagnole, pour rejoindre Giselle et Bernard. Cela leur faisait prendre un bon bol d’air « frais », affirmait Giselle. Dans le patelin, l’ambiance était festive. Tout le monde se connaissait. Le soir du 14 juillet, ce fut la totale, sur le plan des débordements de tout genre. Toutes les occasions étaient valables pour Gisèle et Bernard, ainsi que pour le jeune couple, de rejoindre le bar du village accolé à leur domicile (Facile, pour retourner chez soi, à pieds…). La majorité des clients, ayant obligatoirement – on le comprendra aisément - le gosier sec et en pente, prenaient d’asseau la petite terrasse, afin d’étancher leur soif au plus vite. On trinquait, chacun en payant sa tournée ; et puis on trinquait à nouveau ; à ce superbe Eté, à l’amour et à la vie qui nous paraissait sereine, imperturbable, merveilleuse et prometteuse en rebondissements.

 

En ces années soixante-dix, toutes les folies et tous les délires, étaient permis. La tiédeur des nuits échauffaient les esprits et déliaient les langues. Les mois se succédant au rythme des pays chauds, les français, tout en scrutant le firmament, s’interrogeaient. Non sans une pointe d’inquiétude, les gens se demandaient si le ciel d’un bleu inconditionnel, redeviendrait un jour ce qu’il avait toujours été : lunatique, capricieux et imprévisible. De tout temps, les êtres humains, infiniment petits, n’ont-ils pas levé les yeux vers le firmament en implorant les Dieux de leur accorder telle ou telle chose ou, en les conjurant de bien vouloir les épargner. (De quoi ? de la fin du monde… ?) Les peurs viscérales de l’Homme, confronté à l’inconnu, au mystérieux et, à tout ce qu’ils n’arrivent pas à contrôler…

 

Le matin du seize août – un lundi – Christiane et Juste, durent se lever à cinq heures du matin, pour remonter sur Paris. Pour Christiane, il n'était pas envisageable qu'elle arrive en retard à la Défense, pour sa première journée de travail. Le moins que je puis dire, c’est que son arrivée dans les bureaux, ne passa pas inaperçue. Les hommes la suivirent du regard et les femmes, la dévisagèrent en s’échangeant des petits sourires complices. Christiane fut présentée à ses collègues du service comptabilité. Le travail n’était pas compliqué ; plutôt cool. Ravie, pétillante et remplie de bonne disposition, elle se sentait tel un poisson dans l’eau. Le lieu, la clim, tous ces bureaux ouverts à l’américaine, l’atmosphère, ses collègues… ; il n’y avait rien à jeter ! Les regards des employés ne la perturbaient pas. Elle adorait s’afficher et être regardée. Les œillades parfois impudiques de certains collègues mâles, la flattaient et du reste, elle prenait un malin plaisir à aiguiser la jalousie de ces autres collègues féminines.

 

Comme le répétait souvent Bernard, son beau-père,

« Au diable les varices ! Que le docteur les soigne ! ».

 

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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 19:18

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.............................................................................................................. 18ème épisode

 

Fin août, Ginette, proposa à sa petite sœur, de l’héberger dans un studio meublé qu’elle possédait dans le 18ème arrondissement. Ceci, dans l'attente d'un nouveau toit… Le petit appartement de Saint-Ouen devant être vendu incessamment sous peu et, l’automne et l’hiver, faisant partie des hôtes qui s’imposent et s’installent du jour au lendemain, Christiane et Juste, durent se résoudre à déménager au plus vite. Le destin y était pour quelque chose : Leur poêle fonctionnant au gaz, il était désormais impossible pour eux de se chauffer car, je le rappelle, les pompiers avaient écrasé les conduites de gaz. C’est avec joie et reconnaissance, qu’elle avait accepté l’offre de sa sœur. Après avoir retiré le nécessaire - hormis les meubles - du 97, rue des Rosiers, ils emménagèrent dans ledit studio qui était « trop sympa ». Rien à voir avec St-Ouen !! Christiane se réjouit de retrouver le quartier de son enfance. La rue du Poteau où se trouvait le marché, qu'elle écumait chaque dimanche matin, pour approvisionner toute la famille. La rue du Ruisseau où elle était pour ainsi dire, née. L’Eglise Sainte-Hélène, rue Championnet, où elle avait été baptisée et avait fait toutes ses communions, la rue Ordener, la rue Bergot où demeurait jadis, sa grand-mère… Et la rue des Poissonniers, tout près de la But Montmartre, là où elle avait appris son métier de secrétaire. Un quartier dit populaire, aux alentours duquel grouillaient toutes sortes de gens aux valeurs simples et, atypiques. Les odeurs, particulièrement riches et variées, lui remontaient aux narines. Les cris et les pleurs des mômes, si réceptifs le soir, les petits bars arabes qu’elle affectionnait tant et puis, cette chaleur humaine que l’on ne trouvait nulle part ailleurs ; et qui lui avait tant fait défaut ! Comment avait-elle pu vivre éloignée de tout cela !

 

En ce début de septembre 1977, l’Eté était plus que jamais présent et presque aussi chaud que lors des mois de juillet et août. En quittant St-Ouen, Christiane, s’était promis de tirer un trait définitif sur une partie de son passé : Patrick, Didier et Francesca. Surtout avec cette dernière - qui lui en voulait à mort - au point de l’avoir incriminée, comme si elle avait été la seule fautive ; La seule à être responsable de son courroux ! « L’homme propose » elle aurait dû s’en rappeler ! Son ex meilleure amie, avait un tel degré de haine à son encontre, qu’elle la dénigrait ouvertement et, s’il lui arrivait de la croiser dans rue, elle faisait mine de ne pas la connaître. Faut pas pousser, pensait Christiane. Je n’ai ni tué ni volé… Et puis, Didier, est en grande partie coupable ; et, entre-nous soit dit, quel homme est assez vertueux, pour que l’on se brouille avec sa meilleure amie… ? Dites-moi pourquoi les femmes doivent toujours porter le chapeau !! Hélas, Francesca, d’origine sicilienne du côté de son père, avait pris le partie d’honorer les coutumes de là-bas : la vengeance !! Qui est d’ailleurs mauvaise conseillère ! Il était donc nécessaire qu'elle tournât la page.

 

Curieusement, de venir habiter dans le 18ème, avait rapproché Christiane de sa sœur. Gigi venait fréquemment les voir ; surtout en fins de semaines. Juste,avait plus ou moins accepté d’héberger – avec l’accord de Christiane - un de ses copains, appelé « Gaby » - un garçon adorable, respectueux et poli que sa soeur, avait pris en sympathie. Tous les quatre, bras dessus et bras dessous, allaient dîner dans un des nombreux restaurants de la rue Caulaincourt et ensuite, ils prenaient le taco en direction du « BALAJO », rue de Lape. Entre chaque spectacles de travestis, ils se déchaînaient sur la piste, jusqu’à l’heure de la fermeture. Bien sûr, c’est Ginette qui régalait… Christiane, bien que continuant à se faire vomir autant qu’elle le pouvait, semblait plus épanouie. Elle resplendissait.

 

A vingt-sept ans, elle n’était pas franchement belle ; je dirais qu’elle était plutôt jolie et attirante. En dépit de sa petite taille, elle était admirablement proportionnée et, comme on aime à le dire communément, « elle avait ce qu’il fallait où il fallait ! ». Sa plastique était parfaite et, son grain de peau, était satiné et lumineux. Ses jambes, très effilées, la faisaient paraître plus grande aux yeux des gens. Son visage aux traits enfantins, était rehaussé d’une chevelure auburn, lâchée sur ses épaules ou relevée en chignon ; ce qui laissait entrevoir un cou gracile et une peau de pèche. Mon absolu, savait se contenter de ce que Dieu lui avait donné. Elle avait l’art et la manière de se mettre en valeur, suivant sa morphologie. On la complimentait fréquemment sur sa silhouette et son joli visage immature. Une anecdote assez cocasse : dans la station de métro « Simplon » qu’elle prenait chaque matin pour aller travailler, un jeune homme la croisant, se laissa distraire pas ses traits. Apparemment subjugé, il continua son chemin  en se retournant sur sa silhoute. C'est ainsi, que décidément trop absent,  il se prit un mur en pleine poire… C’est la guichetière qui, tout en rigolant de bon cœur, lui avait rapporté la scène. Pour tous ceux qui fréquentait Christiane, cette dernière respirait la joie de vivre et la santé. Tous, hommes et femmes, ne pouvaient imaginer ses drames familiaux et quels étaient ses maux. La boulimie qui la forçait à vomir plusieurs fois par jour, avec tout ce que cela comportait d’astreintes, pour masquer cette « tare ».

 

Beaucoup l'affirmait. Christiane, était un mannequin en miniature ; une sorte de poupée Barbie un peu moins surfaite et moins apprêtée. Elle ne provoquait pas les aventures amoureuses. Sans s'en rendre compte, elle charmait et captivait certains et en ensorcelait d’autres, sans pour autant le vouloir. De son apparence, il transperçait une belle aura. En outre, sa grâce naturelle et sa spontanéité, enjôlaient les jeunes comme les vieux. Toutefois, à cet époque, il n’était pas concevable qu’une fille fasse des avances à un garçon ; ce qui était très mal vu. Une femme devait se laisser conquérir et désirer, en s’abstenant d’allumer ou d’aborder. Un comportement qui était réservée aux prostituées !! Par ailleurs, elle refusait de se considérer comme responsable de son succès qui le plus souvent, la conduisait vers des situations embrouillées. A la SAGA, elle avait forcément été confrontée à la jalousie féminines ; tout comme chez ses deux employeurs précédents.

 

Dieu merci, elle s’était liée d’amitié avec d’autres collègues, telles qu’une dénommée «Mona». Une fana de Marylin Monroe, dont elle se glorifiait de ressembler. Mona, dont le physique faisait jaser à tous les étages, était une blonde platine très maquillée, qui jouait de ses lèvres pulpeuses ainsi que de sa poitrine généreuse toujours moulée dans des pulls style années cinquante. Ses jupes droites, étroites et fendues, épousaient à merveille ses fesses rebondies, qu’elle dandinait en marchant d’un pas incertain puisqu'elle était toujours perchée sur de très hauts talons. Une des règles de la physique qu’elle ne maîtrisa pas.. Harnachée de tout son cliquant, elle s’amusait follement du regard des autres. Elle adorait jouer les ingénues, en battant des cils et en se déhanchant au maximum. Dans l’ensemble, elle était plutôt attirante et extrêmement sexy. Ce qui attisait les mauvaises langues ; surtout celles des femmes ! Vulgaires, mauvais genre, inconvenante… et je tiens à rester poli ! Tous les adjectifs les plus viles du dictionnaire, ne cessaient de la dépeindre comme une fille facile. Et ce, sans se poser la question essentielle : qui se cache sous cette Marilyn de pacotille ?? Toujours cette fameuse étiquette indélibile… Pourtant, – je peux en témoigner - comme collègue, elle était sincère, serviable et si attachante ! Christiane l’aimait comme une sœur.

 

C’est elle, qui lui présenta Confusius, un type qui travaillait dans une société partenaire de la Holding Ma préférence à moi, en tomba follement amoureuse. Un cœur d’artichaut ? Probablement. Ses neurones s’emmêlaient les crayons, entre l’amour vrai et l’attirance physique. Or, pour apprendre les rudiments de la vie et connaître les hommes, ne faut-il pas auparavant, se faire les dents ? Bien sûr… parfois à ses dépens ! Confusisus, un homme de quinze ans son ainé, était divorcé et ne manquait pas d’expérience, sur le plan des conquêtes féminines. Christiane, aveuglée par l’intensité de ses sentiments et, infiniment crédule, se laissa piétiner le cœur. Le caractère de l’homme, était celui d’un être cruel et sadique, qui se délectait de la souffrance féminines. Celui-ci, pourvu d’un pouvoir de séduction redoutable, prenait plaisir à la torturer et à l’humilier. Ses victimes n’avait pour seule défense, que leurs larmes et leurs crises de désespoir. « Ne fais pas à autrui ce tu ne voudrais pas qu’on te fît » ; explicite ! Le vendredi soir, particulièrement, elle rentrait très tard au studio ; souvent, au petit matin. Un jour, sans oser prévenir Juste, elle découcha. Ce dernier, traumatisé rien qu’à l’idée qu’elle en aime un autre, remua ciel et terre. Jusqu’à Ginette et son docteur, qui arrivèrent à la rescousse. Penaude et repentante, la coupable n’eut pas le courage d’avouer la vérité son compagnon, qui goba sans sourcilier ce qu’elle voulut bien lui inventer. Après quelques mois de cette vie de « débauche », elle se contraignit à couper les ponts avec cette passion dévastatrice qui la rendait irascible et plus dépressive que jamais !

 

C’est en ravalant son chagrin, qu’elle apprit que la S..., souscrivait au « un pour cent patronale ». Renseignements pris, elle sollicita un rendez-vous auprès l’Assistante Sociale de l’Entreprise, qui la reçut avec beaucoup de compréhension. Christiane, conformément à sa demande, lui soumis de A à Z et dans tous ses détails, les déboires subis à Saint-Ouen. L’entrée délabrée, la vétusté de l’immeuble, les privations d’eau, l’incendie, les pompiers, etc. Son histoire terminée, elle ravala sa salive et se racla la gorge. Après s'êre accordé un moment de concentratio, la femme, Mme… lui proposa qu'elles se déplacent ensemble jusqu’à St-Ouen, afin de confirmer sur papier, les dires de la jeune femme. Arrivées sur place, ce que pu constater l’assistance sociale, la laissa sans voix. C’est en s’indignant, qu’elle prit acte de l’état des lieux - appartement compris- et que hors d’elle, elle rajouta : qu’il était scandaleux et dégradant de laisser vivre un être humain, dans une telle porcherie ! Une fois dehors, elle promit à la jeune femme de bouger ciel et terre, afin de lui trouver en priorité, un appartement décent !! Car, insista-t-elle, en continuant à vitupérer – ma pauvre petite – je dois vous sortir de là !

 

Au bout de quelques mois, Christiane, fut convoquée dans le bureau de Madame… qui lui annonça avec un large sourire, qu’un appartement allait se libérer. Il était situé dans le 16ème arrondissement. Entre la Porte Saint-Cloud et la Porte d'Auteuil. La station de métro la plus proche, se trouvait au niveau du boulevard Exelamns. Les mots sont insuffisants pour vous décrire la joie et l’enthousiasme que mo Essentiel éprouva en ces instants. Elle se jeta spontanément au cou de sa bienfaitrice pour l’embrasser et lui fit envoyer une gerbe de fleurs. C’était la moindre des choses… Le scoop fit la « une » dans toute la boîte. A compter de ce jour, elle dut supporter les regards furibonds de celles qui convoitaient le même appartement. Pensaient-elles que ma douce avait été pistonnée ; ou pire ! Qu’elle avait soudoyé l’assistance sociale en lui glissant un bakchich sous table... ? Toujours est-il, que leurs regards révolver étaient près à dégainer, d’un instant à l’autre. Une sensation très inconfortable… Bien que Christiane refusât de leur souhaiter de vivre la même galère,  elle ne pouvait que déplorer le fait d’être jalousée et calomniée ; voire, haïe, sans aucune légitimité !!

 

Sa destinée, une fois n'était pas coutume, l’avait privilégiée.

Et c'était l’essentiel !

 

A bientôt, mes chers blogueurs !
........................................................................................................ A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 13:59

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.......................................................................................... 19ème épisode

 

Christiane était en pleine euphorie ; excitée comme une puce ! La présente locataire, Mlle… l'occupante de l’appartement qui venait de lui être alloué, l'avait sollicité à venir le visiter. Conformément à leur conversation téléphonique, Christiane, s'était engagée pour le vendredi suivant? en soirée. Une fois sortie de la station de métro, ne sachant de quel côté se diriger, elle dut prospecter un bon moment, pour trouver la bonne direction. Au bout d’un quart d’heure de marche, elle accéda à une grande avenue sur laquelle donnait sa prochaine résidence. Indécise, quant à prendre à gauche ou à droite, elle aborda un passant qui lui indiqua une rue juste en face, qui aboutissait sur le quai.  « Une fois arrivée sur la Seine, vous tournez à gauche et ensuite, tout droit ; vous ne pouvez pas vous tromper » lui précisa, l’inconnu.

 

En effet, l’immeuble, vu de l’extérieur, n’était pas très esthétique ; par contre, les fenêtres donnaient sur le fleuve. Par cette température qui effleurait encore les trente degrés, c’était plutôt une bonne nouvelle ! Christiane, sous l’effet de l’excitation, transpirait à grosses gouttes. C’est en  prenant le minuscule ascenseur, qu’elle accédat au huitième étage. « Sortie de l’ascenseur, c’est à gauche, lui avait  indiqué Mlle….     Après un bref instant d'hésitation, la jeune femme se décida à frapper. La dame qui lui ouvrit la porte était grande, maigre et son visage émacié, accusait la soixantaine bien tassée. Elle s’appelait Mlle… Ridicule, certes ; mais, elle était toujours célibataire ! Son accueil fut des plus sympathiques. En pénétrant dans l’entrée, Christiane, posa son regard sur un téléphone orange posé sur une console. Ca, c’est du bonus ! se dit-elle, intérieurement. Le petit deux pièces de trente-huit mètres carrés était dans un piteux état ! Les murs de la cuisine étaient criblés de trous, comme s’ils avaient subi un raid aérien… les planchers de la salle à manger et de la chambre étaient maculés de traces noirâtres ! Et les toilettes et la salle de bain, sollicitaient un sérieux coup de jeune. Et quelle chaleur ! Méditait Christiane, en songeant à toutes les transformations à réaliser. « Il fait chaud, n’est-ce pas ? » Lui fit remarquer la vieille fille, comme si elle avait pu lire dans ses pensées. Tout en soupirant et s’essuyant le front, elle lui expliqua que la chaleur était la raison principale de son départ pour la banlieue ; mais également, le bruit infernal du train d’en face, qui entravait son sommeil. Toutefois, en pesant le pour et le contre, l’appartement avait un point fort non négligeable. Aux yeux de la jeune femme, c'était le super loto ! Dans chaque pièce, se trouvait un gros radiateur en fonte. Ce qui qui laissaient nécessairement penser au chauffage central ! Attirée par le balcon, Christiane pu découvrir la vue sublime de la Seine qui, sous un ciel immaculé, se laissait bercer au gré du vent. Au terme de la visite, Christiane et Mlle…, se quittèrent en se souhaitant bonne chance.

 

Mon absolu repartit satisfaite et grisée d’enthousiasme. Bien que… Le quartier, l’environnement, les gens, les boutiques… tout détonnait par rapport au quartier de son enfance. Or, ne peut pas tout avoir ; le beurre et l’argent du beurre ! L’aménagement et la signature du bail furent fixés à la mi-septembre de l’année 1977. Pour notre jeune locataire, une page essentiel de sa vie, allait se tourner.

Bouddha, le sage, ne suggérait-t-il pas,

«Le secret d’un corps et d’un esprit sains, est de ne pas pleurer sur le passé, ne pas s’inquiéter du futur, ni d’anticiper ses tourments mais, de vivre sagement et sincèrement, dans l’instant présent. »

  

Deux déménagements s’imposèrent. Celui du 18ème arrondissement et Paris et celui de la rue des Rosiers ; ce qui ne fut pas une mince affaire ! Enfin, Juste, en mec débrouillard, fit un S.O.S. à ses copains qui se plièrent en quatre, pour les aider. Ce qui fut un succès. Pendant plusieurs semaines, celui-ci s’attela à rénover l’appartement qui ne demandait que cela ! Pour commencer, les trous des murs de la cuisine, des W.C. et de la salle de bain, furent bouchés et peints. Pour dissimuler le parquet souillé, on posa de la moquette sur les sols de la salle à manger et de la chambre ; dans la cuisine, on posa du linoléum. Toute la décoration fut confiée à la spécialiste en la matière, Christiane, qui s’en chargea avec un plaisir certain. Elle souscrivit à France Télécom et, fin octobre, les radiateurs commencèrent à chauffer. L’osmose !

 

Apparemment, tout baignait. Seulement en apparence ! Car, leurs nouveaux voisins – tous blancs – s’étaient concertés pour leur bouffer les climats. A peine avaient-ils emménagé, chacune des locataires mitoyennes à leur logement, prirent Christiane en grippe, en lui cherchant des poux dans la tête. L’une, obsédée par le son de sa télévision, la criblait d’insultes en portant des coups violents sur sa porte d’entrée. Et la seconde, lui téléphonait à maintes reprises, pour lui faire des reproches. La raison : elle parlait trop fort ! Christiane, nonobstant ces démonstration d’intolérance, avait non-seulement de la répartie mais, refusait d’obtempérer. «Elles veulent m’intimider… ? Qu’à cela ne tienne ! » Ladite voisine de droite, d’origine polonaise et qui habitait un appartement deux fois plus spacieux que le sien, se mit à lui rédiger des courriers de plusieurs pages, truffés d’ignominies et de mensonges. Par exemple, elle prétendait que Pupuce, la petite chienne de mon Essentiel, avait pissée dans les escaliers ! Alors, que demeurant au huitième étage, sa maîtresse, prenait l’ascenseur ! La méchanceté et la bêtise sont sans limite… La tête de turc de l’escalier 2, avait mauvais genre, elle était vulgaire… elle possédait tous les défauts possibles et imaginables ! Christiane, finit par s’interroger : ne s’agissait-il pas, d’un canular…? Ne vivait-elle pas parmi un nid de coucous ?? Pour en revenir à Pupuce, l’animal, adorait le 16ème ; cette très chère ! Normal ; elle recouvrait les fastes et le luxe de ses origines pékinoises ; pure races ! Jamais, au grand jamais, elle ne se serait permis de faire pipi dans les escaliers ; elle avait trop d’éducation ! En tout cas, plus de savoir-vivre que ces deux mégères, bonnes pour l'asile d'aliénés ! A ce sujet, elle partit en cuisiner la gardienne en catimini qui, en prenant soin de baisser la voix, lui confia que la bonne femme de gauche, était malade des nerfs. Ma douce, lui répondit textuellement, ceci : à ce point là, elle est bonne pour la camisole de force ! Son interlocutrice se contenta de rire. Quant à l’autre, ce n’était qu’une vieille taupe frustrée et jalouses de toutes les filles jeunes ! Il est certain que mon héroïne, était très soucieuse de son aspect extérieur. Néanmoins, son élégance, ne plaidait pas en sa faveur… La preuve ! Si elle avait été laide, grosse et nippée comme une souillon, elle aurait sans doute échappé à toute cette haine ambiante. Après cette analyse, elle prit le parti de changer d’attitude ; de se fabriquer une cuirasse, afin de cesser de se rendre malade. Depuis longtemps déjà, elle avait été confrontée à la perversité humaine et ceci, à ses dépens. Elle savait qu’il était préférable de simuler les sourds et muets. Toutefois, ma Préférence à moi, devait admettre qu’aux regards des locataires, Juste, lui desservait. Son allure dégingandée, son langage de zonard, ses éventuelles ripostes face aux attaques injustifiées, ne plaidaient pour sa chaumière. D’accord, pour une fois, la destinée l’avait favorisée en lui offrant cet appartement ! Cependant, ce qu’elle lui avait tendu de la main droite, ne lui reprenait-elle pas de la main gauche ?? Qu’avait-elle fait pour mériter cela… ?

 

Cette ambiance toxique ne laissait présager rien de bon. Elle réfléchissait à cela, lorsqu’une soudaine nostalgie, la submergea.

 

Pensive, elle se surprit à regretter le 97, rue des Rosiers et ses voisins sans histoires et si discrets !

 

..................................................................................................... A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 10:57


 

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Chers Amis,

 

Les animaux, toute espèce confondue et sauvages ou pas, ne pourraient-ils pas exiger des lois adéquates qui les protègeraient des caprices et de la barbarie perpétrés par des êtres humains ?? 

 

Les pensez-vous assez "bêtes" pour ne pas ressentir de l'injustice ?  Ne pensez-vous pas qu'ils aimeraient organiser des manifs dans les rues de Paris, pour clamer leur DROIT A LA VIE ; ce qui est élémentaire !

 

Sachez, Monsieur, Madame ou Mademoiselle, que votre chat, votre chien, votre cheval, vos vaches, vos poulets, votre canarie... S'ils sont aimés et respectés, auront droit à une mort décente ; et les autres ??

 

La plupart, sont asservis par l'homme et sont considérés comme des objets, de  simples choses ! Aucune loi, présente dans le Code Civil, n'est prévue pour les défendre comme ils le mériteraient.

 

Prenez donc la peine d'ouvrir votre contrat d'habitation et vous pourrez constater,qu'ils font partie intégrante de vos biens "meubles".

 

J'ose le dire, c'est une honte pour l'Etre Humain !

 

 

Par CANNELLE - Publié dans : INTERLUDE POUR LES ANIMAUX - Communauté : Pour les Droits des Animaux
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 12:44

 

 

 

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........................................................................................................ 20ème épisode

 

Chez mon Essentiel, la vie de tous les jours se bringuebalait et tanguait, tel un radeau dans la tourmente. L’appartement avait été « rénové » à la mode « Juste» qui, il faut bien l’admettre, avait fait de son mieux. « De toute façon, on ne peut faire qu’avec ce que l’on a ! » répétait ma préférence à moi, en se désolant… Et puis, on n’allait pas chicaner sur des détails, alors que les deux foldingues d’à coté s’échinaient après sa peau, comme deux hyènes affamées ! En son absence, Christiane, était bien obligée de laisser son chien seul, dans l’appartement. La pauvre bête, se voyant abandonnée dans un endroit où elle n’avait pas ses marques, geignait derrière la porte close, pendant des heures. Le soir, si ses maîtres avaient le malheur de la laisser, elle aboyait jusqu’à leur retour et faisait pipi sur le tapis de la salle de bain. Résultat : La police, sollicitée par des voisins mécontents, s’était déjà déplacée à deux reprises. Ce qui valut à ma locataire désenchantée, une convocation au commissariat, en bonne et due forme. Rien que ça ! Elle en avait vraiment plein de dos de cet immeuble de vieux qui, épiant le moindre de ses gestes, n’hésitaient pas à lui nuire et ce, dans le seul but qu’elle s’en aille ! « Alors là ! Ils se lasseront avant moi ! » S’était-elle exclamée en prenant Juste à témoin.

 

C’est avec une boule à l’estomac qu’elle poussa la porte du Commissariat situé aux coins du boulevard. Elle fut reçut par un jeune policier qui l’invita à s’asseoir. Impatiente et l’œil interrogatif, la jeune femme, sortit le formulaire de sa poche, qu’elle présenta au jeune homme. Quelques secondes s’écoulèrent avant que ce dernier lui déclare en souriant : « Ne vous inquiétez-pas ; on a l’habitude de ce genre d’affaires… Des voisins acariâtres ! Ce n’est rien ! » - Signez-là. Rajouta-t-il. Ce qu’elle s’empressa de faire. Tout en se levant de son siège, elle lui tendit la main en le remerciant chaleureusement. Ouf. Elle sortit plus vite qu’elle n’était entrée ; cette fois, avec une grande bouffée d’oxygène et en prime, une petite pointe de triomphe. Il était exact que depuis qu’ils avaient emménagé, le couple sortait tous les soirs et ne rentrait que très tard dans la nuit. Les fins de semaines, accompagné de Pierre, Paul ou Jacques, ils prenaitent un dernière verre en écoutant de la musique en sourdine. Et l’occasion était trop belle ! Les cloisons des murs ne tardaient pas à se manifester par des coups de balais ou autre moyens plus ingénieux. 

  

Ma préférence à moi, ne se lassait pas de faire la fête. C’était un besoin qui en exigeait toujours plus ; comme une drogue… Elle se shootait. En apparence, elle était la joie de vivre incarnée. Des heures durant, elle s’étourdissait sur des airs à la mode et buvait jusqu’à saturation. Or, elle pouvait, lorsqu’elle se retrouvait entre ses quatre murs, tomber dans les plus noirs des désespoirs et verser des torrents de larmes salvatrices et nécessaires à ses démons. Lors de ces multiples soirées de java, Christiane, eut un bon nombre d’aventures amoureuses qui étaient passagères. Les bringues terminées, de retour à la maison, Juste, très possessif, lui faisaient des scènes en pleine nuit qui se finissaient le plus souvent, en bagarre. Les voisins – non sans raisons valables – appelaient la police, pour «tapage nocturne». Ce qui n’améliorait en rien la réputation de mon héroïne. Les langues continuaient à aller bon train. Pourtant, tous… que savaient-ils de son passé et de son présent ? Absolument rien ! Christiane, pas très loquace et renfermée, ne se confiait à personne. Elle partait tôt le matin pour ne revenir que tard le soir. Toujours tirée à quatre épingles, à la pointe de la mode, elle s’appliquait à se montrer méprisante et inacessible.

 

Ses bourreaux, sans doute frustrés dans leur curiosité malsaine, lui inventait une vie peu reluisante.

 

Cela portait un nom : la diffamation !

………………………………………………………………….............. A suivre


A plus, les blogueurs !

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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CHRISTIANE

  • Petite autobiographie en famille
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  • PARIS
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
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  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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La danse classique

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J'ADORE VISUALISER DES BALLETS DE DANSE CLASSIQUE TELS QUE

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C'EST UN ART A PART ENTIERE QUI EXIGE TANT DE DISCIPLINE ET DE TRAVAIL POUR ARRIVER A L'EXCELLENCE.

 

IL NE SUFFIT PAS D'ETRE DOUE POUR ACQUERIR TOUTE LA GRACE SPECIFIQUE A UNE ETOILE D'OPERA.

    CELLE-CI DOIT MAITRISER SES ATTITUDES, SES POSITIONS, 

SES MOUVEMENTS, SES EXPRESSIONS ET

FAIRE TRANSPERCER SES EMOTIONS

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MON LIVRE D'OR

Avez-vous déjà eu l'occasion d'assister à un spectacle de danse orientale ? Ne trouvez-vous pas que c'est un art à part entière...? Et que cette danse est envoutante, sensuelle, lascive et extrêmement gracieuse...? Pouvez-vous l'espace d'un instant, vous imaginer au fin fond du désert, dans le palais d'un Maharadja, qui n'a jamais eu le privilège de vous voir danser. Vous scintillez, vous ondulez, vous ensorcelez.  Vous vous confondez et vous ne faites plus qu'un avec la musique. Vous n'êtes plus qu'une seule entité. Vous êtes admirée, avationnée telle une muse, une déesse...

 

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Comme passion, je n'ai pas que la danse orientale et ses costumes féériques... Je suis passionnée d'ésotérisme et de voyance (je possède à peu près tout ce qui existe comme jeux de cartes divinatoires). Mais, aujourd'hui, je pense que la lanterne qui éclaire mon chemin assez chaotique, a clignoté à un moment donné. Sans doute en 2004, où l'envie m'est venue d'écrire un roman, inspiré par ma petite chienne Cannelle, morte la même année, après une longue maladie. Désormais, son âme évolue dans l'au-delà. Pendant quelques années, j'ai cru la sentir marcher sur mon lit, la nuit où à l'aube. Même mon mari, qui dort dans la mezzaline de l'autre chambre, a senti sa présence à maintes reprises. Comme monter les marches de l'escalier ou se frotter contre lui. Pourtant ce dernier a toujours nié non-seulement l'existence de l'âme, mais aussi ce genre de phénomène !  J'ai adoré cette bête, au comportement si humain. Comme on dit bêtement, il ne lui manquait que le langage ; or, ses yeux, ainsi que ses expressions, en disaient très long !

 

Comme tous les animaux apprivoisé par l'homme, elle nous vouait une véritable dévotion.

 

Depuis l'édition de mon roman, je crois savoir, de plus en plus, qui je suis vraiment.

 

Je suis née pour donner, comprendre et aimer.

 

J'aime tous les animaux et j'ai du mal à comprendre qu'il y ait des êtres assez cruels et barbares, pour les faire souffrir gratuitement, afin d'assouvir leurs bas instincts

 

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C'est un faible échantillon de mes senblables... Tous, sans exception, on le droit de revendiquer - comme tout être vivant sur cette planète, le droit à la VIE, le droit à la LIBERTE, le droit à l'AMOUR et le droit au RESPECT.

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 Moi, Cannelle, je hurle avec les loups ; les animaux les plus méprisés de la planète.

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