«La vraie patrie est celle où l’on rencontre
le plus de gens qui vous ressemble».
(Stendhal)
Tout est vie, rien n'est mort !
Heureux celui qui saisit et retient de tels instants de liaison pour s'élancer alors vers le haut ! Toutefois, il ne doit pas s'en tenir à des formes rigides, par contre chacun doit se développer lui-même,
à partir de son for intérieur.
Ne vous souciez pas des railleurs qui sont encore étrangers à la vie de l'esprit. Ils sont comme des êtres ivres, comme des malades devant le grande oeuvre de la création qui nous offre tant de choses. Tels des aveugles qui se glissent à tâtons tout au long de l'existence terrestre et
ne voient pas toute la splendeur autour d'eux !
Ils sont égarés, ils dorment ; car comment un être humain peut-il encore affirmer par exemple, que seul existe ce qu'il voit ? Que là où ses yeux ne peuvent rien percevoir, il n'y a pas de vie ? Qu'avec la mort de son corps, lui aussi cesse d'exister...? Uniquement parce que, dans son aveuglement, il ne pouvait jusqu'ici se convaincre du contraire par sa vue ? Ne sait-il pas déjà maintenant au sujet de nombreuses choses, combien la capacité de l'oeil est étroitement limitée ? Ne sait-il pas encore qu'elle est liée à la capacité de son cerveau assujetti à l'espace temps ? Que, pour cette raison, il ne peut reconnaître avec son oeil ce qui s'élève au-dessus de l'espace et du temps ? Aucun des ces ailleurs n'a-t-il encore saisi cette motivation intellectuelle logique ? La vie de l'esprit, nommons-la aussi l'au-delà, est pourtant seulement une chose qui se situe totalement au-dessus du classement terrestre de l'espace et du temps, qui nécessite donc une voie de même nature pour être reconnue.
Cependant, notre oeil ne voit même pas ce qui peut être classé dans l'espace et le temps. Que l'on songe à la goutte d'eau qui apparaît à l'oeil nu d'une pureté absolue et qui, observée travers un verre grossissant, renferme des millions d'organismes vivants qui s'y combattent et s'y détruisent sans merci. N'y a-t-il pas parfois dans l'eau et l'air des bacilles qui possèdent la force de détruire des corps humains et qui ne sont pas reconnaissables à l'oeil nu ? I
ls deviennent pourtant visibles à l'aide d'instruments de précision...
Or, qu'est-ce que l'au-delà ? Beaucoup sont déconcertés par le mot. L'au-delà est simplement tout ce qui ne peut être reconnu à l'aide de moyens terrestres. Cependant, les moyens terrestres sont les yeux, le cerveau et tout le reste du corps. De même que les instruments qui aident les parties à exercer leur activité encore plus précisément et de façon exacte, de l'étendre davantage.
Pour ces raison, modifiez vos conceptions. Il n'y a ni en-deça ni au-delà, mais seulement une existence unitaire ! Seul l'être humain a inventé la notion de séparation parce qu'il ne peut pas tout voir et qu'il s'imagine être le centre et le point le plus important de l'entourage qui lui est visible. Pourtant, son champ d'action est plus vaste. Mais, avec l'erreur de la séparation, il se limite seulement, violemment, entrave sa progression et donne libre cours à l'imagination effrénée qui amène de monstrueuses images.
Est-il dès lors surprenant qu'en conséquence, beaucoup n'ont qu'un sourire sceptique, d'autres une vénération malsaine qui devient servile ou dégénère en fanatisme ? Qui peut donc encore s'étonner de la peur farouche, voire de l'angoisse et de la terreur qui son cultivés chez certains ?
................................................................................... 7ème
épisode
Deux semaines après les réjouissances, Giselle, prit sa fille à part, pour lui annoncer quelque chose d’extrêmement important. Christiane, toute excitée par sa curiosité féminine, ne se fit pas prier. Elle ne fut pas déçue… Lorsqu’elle sut de quoi il s’agissait, tous ces os ce glacèrent et elle sentit des sueurs froides, courir le long de sa colonne vertébrale. Paris, étant - selon le médecin - déconseillé pour Bernard, son compagnon... avait commencé Jeanne, il était urgent qu’il quittât la capitale pour un air plu sain, comme la campagne. Aussi, avait-elle rajouté, en fuyant le regard effaré de sa fille, une Agence Immobilière de l'Aisne, lui avait proposé un bistrot qui était à vendre (le genre de bouiboui qui fait tabac, épicerie et bazar) et pour lequel elle avait posé une option. D’ailleurs, la signature entre les propriétaires et les acheteurs, était prévue le dimanche suivant. D’ici trois mois, ils devraient avoir déménagé, pour rejointdre un bourg appelé «LES MOINES». Le trou du cul du monde… «Surtout, ne te tracasse pas, ma chérie, j’ai tout prévu. Nous allons te chercher un studio… » Sur ce, elle avait attiré sa fille contre sa poitrine, en lui déclarant qu’elle l'aimait, qu’elle ne serait pas si loin et qu’elle pourrait venir quand elle le souhaiterait, etc., etc.… Mon essentielle, avait la sensation d’avoir pris un douche froide. Prise de stupeur, elle ne rajouta aucun commentaire, mais un vague sentiment de trahison, la pénétra de haut en bas. Sans doute, pour chasser ses mauvais génies, ce soir là, réprimant un irrépressible envie de pleurer, elle se repût jusqu’à l’écœurement.
C’est à Saint-Ouen, que Giselle, dégota un studio de vingt mètres carrés au 97, rue des Rosiers ; une des rues les plus célèbres des « PUCES ». L’immeuble était cradingue et vétuste. L’entrée, à elle seule, avec ses boîtes aux lettres déglinguées, ses détritus traînant à même le sol, était un vrai coupe jarret ! C’est simple, le délabrement et les odeurs, aurait fait fuir une armée de clochards. Gisèle, s’adressant à sa fille qui était devenue diaphane, s’empressa de la rassurer : « Ne te fie pas aux apparences. Tu vas voir ; ça va te plaire… » Au bout d’un long couloir, elles arrivèrent dans une cour cernée d’immeubles, aussi sales et délabrés les uns que les autres. A gauche, un escalier en fer, donnait sur l’extérieur. Christiane suivit sa mère qui montait les escaliers, tout en sortant des clefs de son sac, qui servirent à ouvrir une porte. Il est vrai que la jeune fille s’était attendue à pire. Deux petites pièces donnant sur la rue et un passage étroit qui pouvaient servir de cuisine ; cependant… ni toilettes, ni salle de bain. Christiane en fit la remarque… Sa mère, pareille à un Agent Immobilier pressé de vendre sa camelote, lui venta les bons côtés du bien tout en faisant son possible pour la tranquilliser. Et puis, enchaîna-t-elle, « Coco », un de leurs amis à elle et son compagnon, s’était proposé pour faire les travaux ; un cabinet de toilette et une petite cuisine, toute en longueur.
Apparemment, c’est déchargé d'un gros poids et, réellement plus détendue, que Gisèle referma la porte du minuscule appartement. Une corvée de faite ! A aucun moment, elle ne s’était préoccupée de la sécurité de sa fille. Et surtout, si Christiane se sentait prête à vivre dans un tel lieu, avec les risques que cela comportait, en tant que « femme » jeune et attirante.
L’appartement fut habitable plus vite que prévu. Comme convenu, Coco, installa des toilettes et un grand lavabo au bout du couloir et lui aménagea une miniscule cuisine. Sa mère, acheta des meubles de style espagnol, des stores et des voilages pour les fenêtres, un grand lit, avec un beau dessus de lit en satin jaune, pour la chambre, un poêle à gaz pour le chauffage, une télévision, un petit réfrigérateur et une cuisinière. Léon, colla du papier peint sur les murs et Coco, refit le carrelage. L’ensemble, une fois fignolé, ressemblait à une maison de poupée, accueillante et douillette.
Que demander de plus !
C’est avec beaucoup d’appréhension, que Christiane, songeait au prochain départ de sa mère. L’idée de se retrouver dans ce bouge et totalement seule, la terrorisait. Gisèle avait tout programmé. Pour ouvrir un compte bancaire à sa fille, elle l’avait émancipée car, à cette époque, la majorité était à vingt et un ans. Charles-Henry et Ginette, les deux ainés, furent sollicitées pour visiter le petit bijou, comme disait leur mère. Dieu sait, qu’il n’y avait pas de quoi faire des jaloux… Or, ces derniers, mesquins de nature et ayant manifestement une dent contre leur petite sœur, protestèrent en disant « et nous… ? ». Jeanne, par soucis d’équité, leur versa une somme en espèces - alors qu’elle n’était pas obligée - en compensation de « cette flagrante injustice ».
En ce qui concerne mon héroïne, Christiane, le départ définitif de ses parents est resté trouble ; un trou noir sans ombre ni faille. Aussi noir que le couloir de l’immeuble dépourvu d’électricité. Aussi noir que ses nuits de terreur devant l’écran sombre de ses illusions. Aussi noir que les rues de Saint-Ouen, si tristes et si désertes, en semaine. Aussi noir que ses idées ourlées de mélancolie, d’angoisse et de désespoir. La pauvre, était loin de se douter, qu’elle resterait des années dans cet endroit sinistre où, en fait, elle était la seule et unique française. Le reste des locataires, sans exception, étaient d’origine maghrébine et sud-africaine. Elle dut dominer ses peurs, en se persuadant du bon côté des choses. Intérieurement, elle se disait : au moins, à présent, je suis tranquille. Personne n’est là pour me sermonner ou pour me juger ; et le nec plus ultra, c’est que je dispose de toilettes personnelles !
Elle n’est pas belle la vie ??
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A suivre
A plus, les blogueurs !
................................................................................... 8ème épisode
La vie à Saint-Ouen était des plus tristounettes ; lugubre, austère… Désormais, mon Amérique à moi, se levait à six heures du matin, alors, qu’elle devait être opérationnelle sur son lieu de travail, à huit heures trente… Maso ?? Pas du tout ! Cherchez l’erreur ! Trop affamée, elle démarrait ses journées par un petit déjeuner conséquent, plus vite avalé qu’un hanneton par un canard et, qui finissait direct dans les toilettes. Ce rite accompli, elle s’habillait et partait à pieds en direction de la Porte de Clignancourt, où elle sautait dans le bus « 56 » qui la déposait au coin de la rue de Charonne, sis la Caisse de Retraites des Vétérinaires.
Au bureau, l’ambiance était plutôt cool, bon enfant… Il n’y avait pour ainsi dire que des femmes, hormis le comptable, l’aide-comptable et le Directeur que tous, surnommaient « BARBICHOU», à cause de sa ressemblance avec le capitaine NEMO. Quant à Christiane, peu loquace et toujours sur ses gardes, tout en tapant ses cartes perforées, tendait une oreille indiscrète aux conversations de ses collègues féminines. Parfois, c’était carrément harde ! En effet, ces dames, se rapportaient - sans aucune pudeur - leurs problèmes intimes ; qu’ils soient d’ordre de couples ou sexuels. Mine de rien, sans émettre le moindre commentaire, Christiane prenait à leur insu, des cours d’éducation sexuelle, gratos ! Toutefois, je pense qu’il est utile de souligner que Gisèle n’avait jamais rien caché à sa fille, en ce qui concernait les rudiments de la procréation. Sa sœur, l’avait seulement perfectionnée, en l’emmenant un soir, visionner un film porno ! Ce qui l’avait fortement perturbée !! Ledit film, interdit au moins de 21 ans (cherchez l’erreur !) fut sa première confrontation avec le sexe - si je puis dire –.
La seconde fut la suivante : elle devait être âgée de treize ans. Une nuit, elle fut réveillée par des bruits étranges. Des halètements suivis de râles étouffés, entrecoupés de petits cris, comme ceux d’un animal blessé ; et d’une ampleur déconcertante. Intriguée et alarmée, la gamine, toute chamboulée, s’était assise sur son lit en tendant l'oreille à son maximum. Sa mère serait-elle souffrante ? Son premier réflexe fut d’ouvrir la porte pour courir à son secours ; or, une petite voix, lui insuffla de ne surtout pas bouger de son lit. Un sixième sens… ? A cet âge, si l’on est trop ignorant pour éclaircir un phénomène aussi scabreux, on se tourne vers ses camarades d’école. Très vite mise au parfum, Christiane comprit enfin pourquoi sa mère l’incitait chaque dimanche après-midi, à aller au cinéma. En se remémorant ces fameux dimanches, elle déplora que cette dernière, pour satisfaire des besoins certes naturels mais basiques et qu’elle aurait pu dominer, ait pu expédier sa jeune fille - pour avoir le champ libre - et qui, because, l’embarrassait. Au lieu de s’enfermer dans une salle de cinéma, Christiane, aurait pu n'en faire qu'à sa tête ou se faire agresser, enlever, violer… Ce qui expliquerait, aujourd’hui, son aversion pour le septième art !!
Certes, le quotidien à Saint-Ouen, n’était pas folichon. Certains dimanches, ne sachant que faire de sa peau, la tête bassinée d’idées noires, elle partait se balader le long du périphérique. Du samedi au lundi, l’endroit était trop surpeuplé et bien trop bruyant… Les trottoirs, désertés une partie de la semaine, grouillaient de monde. Des gens de tout bord, de tous âges, de toutes nationalités, flânant, chinant, fouinant, marchandant sur les étales des brocanteurs et des boutiques de vêtements. Et le soir, à vingt et une heures, la douche écossaise. Plus un chat dans les rues. Que des vitrines aux rideaux fermés…
Un désert et un isolement à couper au couteau !
.............................................................................................................. A suivre
Bye, les blogueurs !
............................................................................................... 9ème épisode

Christiane, courait allègrement sur ses vingt et un ans et n’avait toujours pas de petit ami. Ses collègues de bureau, après l’avoir suffisamment «cuisinée», avaient été surprises d’apprendre qu’elle était toujours pucelle. Pu celle que vous croyez ?? Elle était peut-être d’une race en voie de disparition… ? Normalement, à protéger !! Toujours est-il que ces dames n’avaient jamais entendu une chose pareille ! Depuis, les réflexions et les quolibets à son encontre, fusaient. Etait-ce une tare, une malformation, une déficience sexuelle ou mentale ? se demandait la jeune fille, désemparée. Néanmoins - ce qui la rassénérait, c’est qu’elle ne se sentait pas du tout attirée par les femmes… C'était déjà cela !! Malgré elle, ce qui avant était loin d’être un problème, désormais, lui prenait la tête !
Un dimanche, alors qu’elle flânait dans les rues ensoleillées des Puces, un vendeur au physique aguicheur, l’ayant repérée, tenta une approche. A la fois flattée et sous le charme du jeune homme, Christiane, céda à ses bavardages en lâchant au passage, quelques confidences. Pour faire court, quelques jours après, le beau ténébreux lui proposa de l’inviter au restaurant. Pour ce faire, alors qu’il était très conscient de l’ascendant qu’il avait sur la jeune fille, il lui suggéra de venir au paravant boire un verre chez lui. Mal à l’aise et méfiante de nature, la belle protesta en lui expliquant qu’elle n’était pas le genre de fille à suivre le premier venu, etc. L’autre, l'air avenant, insista lourdement en objectant qu’elle n’avait rien à craindre, etc. En l’occurrence, manquant ce jour là de perspicacité, ma préférence à moi, abdiqua devant le Diable… Un piège savamment orchestré qui allait la marquer au fer rouge pour le reste de son existence, en l'atteignant de plein fouet, dans son honneur et son identité de femme.
L’appartement se trouvait au deuxième étage d’un immeuble banal. Sa décoration était sobre et les pièces, spacieuses. Se laissant subtilement embobiner et rassurer, Christiane la timide, Christiane la prude gamine, eut assez d’audace pour se laisser entraîner, nue, dans le lit de ce garçon qu’elle connaissait à peine. Au moment crucial, la sonnerie du téléphone se déclencha. Dring ! Instantanément, en ayant soin de prendre la tête de circonstance, le jeune homme, répondit illico «C’est bon ; à tout à l’heure ! ». Ce fut machinal. Recouvrant d’un coup ses esprits, Christiane, sentit ses os se glacer. Pauvre gourde ! Elle avait servi d’appât ! Incapable de dominer sa frayeur, elle se saisit de ses fringues et, terrorisée, prit ses jambes à son cou en se précipitant tout droit sur la porte. Trop tard… Un tour de clef dans la serrure et, une armada de jeunes, dont une fille, surgirent tels un diablotin de sa boîte. Pareils à une horde de fauves affamés ; ils se jetèrent sur elle, en essayant de l’immobiliser. C’est affreux, la peur… ςa vous tétanise, on claque des dents, le cerveau ne répond plus, bref, on est plus soi-même. Christiane, obsédée par l’instinct de survie, les jambes flageolantes, hurlait comme une damnée en priant Dieu de toutes ses forces. Tentant d’esquiver l’avalanche de coups qui s’abattait sur elle, la malheureuse, se débattait comme une tigresse, à force coups de pieds et en déployant tout ce qui lui restait d’énergie, pour les mordre sauvagement. C’était un cauchemar ; elle allait bientôt se réveiller... Des mains d’inconnus aux regards lubriques, parcouraient son corps dénudé, pareil à un cocon d’asticots sur une rose. Elle était cramoisie de honte. C’est avec un ultime soubresaut, qu’elle réussit à se dégager et à franchir la porte, en dégringolant quatre à quatre les marches de l'escalier, au risque de se briser les os. Ils allaient la poursuivre, quand elle entendit un bref « Laissez-là donc partir ! ».
Ouf, merci, mon Dieu ! A moitié anesthésiée, elle se rhabilla fébrilement, dans le couloir. Elle percevait encore leurs ricanements et leurs moqueries salaces. Tremblant de tous ses membres, le cœur battant à cent quarante, elle respira une grande bouffée d’air brûlant, en savourant comme un bagnard, ces minutes de liberté. Non. Le monde ne s’était pas arrêté pour autant… Cette fille… quelle horreur ! Elle lui rappelait la rousse nymphomane, alcoolique et totalement cinglée, du film « L’INSPECTEUR HARRY » avec CLEANT HEASHOOD. La femelle, primitive et sans pitié, était l’instigatrice du viol en réunion de deux sœurs dont la plus jeune, à jamais démolie et traumatisée, avait fini dans un asile psychiatrique.
Christiane, choquée, s’assit un long moment sur le trottoir, afin de récupérer et réfléchir. Elle revenait de loin ! Que ceci lui serve de leçon… se dit-elle, en pensant à sa mère. Pourquoi l’avait-elle laissé à la merci de ce genre de loubards ? Quand elle sortait à peine de l’enfance ! Ce constat lui déclencha un chagrin insurmontable. Un flot de larmes la submergea sans qu’elle pût les contenir. Ce qu’elle éprouvait à cet instant précis, elle n’aurait pu le traduire, ni le peindre, ni le raconter ; mais elle souffrait dans ses tripes. Malgré elle, on l’avait humiliée, salie, souillée. Toutes ces larmes étaient exutoires.
Personne ne devait savoir et personne ne sut jamais.
Bisous à
tous !!
.............................................................................................................. A
suivre
....................................................................................... 10ème épisode
Tant bien que mal, la vie continuait, au 97, rue des Rosiers. Christiane, avait empaqueté ses récents déboires, dans un coin perdu de sa mémoire. La honte et la peur des humiliations, ayant pris le dessus, elle pensa qu’il serait plus sage qu’elle se fasse oublier. Chez les commerçants des Puces, les rumeurs allaient bon train ! A une telle vitesse, qu’elles se transmutaient de bouche à oreille ; et pas au bénéfice du doute ! Tout serait déformé ; évident ! Qu’il s’agisse de viols ou de simples tentatives de viol, les langues, avec un acharnement non contenu, se délient. Aux yeux de la société, c’est la fille qui a toujours tord. La source de toutes mes espérances était condamnée d’avance. Déjà, elle imaginait les commentaires. Entre-nous, pourquoi cette petite trainée, l’avait-elle suivi ? Pour faire du tricot ? Bien fait pour elle ! Et puis, elle l’avait bien mérité et s’en était sortie à trop bon compte ! Christiane ne se sentait pas la force de subir la méchanceté ambiante, les allusions, les sarcasmes et qui sait… les insultes. !
De toute façon, chaque fin de semaine, le vendredi soir, elle prenait le train Gare de l’Est, en direction de Château-Thierry. Son beau-père, Bernard, l’attendait dans sa voiture garée devant la gare, pour rejoindre le bourg ou se trouvait le café/tabac/épircerie de ses parents. Certains week-ends, son frère Charles-Henry, se joignait à elle. D’ailleurs, à l’époque, tout le monde, famille et amis, venaient passer les fins de semaine : Sa sœur Ginette et Roland, surnommé « Roro », Son frère et sa petite amie du moment, Monique, la sœur de Bernard qui, rongé par un cancer de l’intestin, venait se reposer un laps de temps. Sa copine Francesca et son mari, etc. Dans le troquet, l’alcool - gratos pour les invités - coulait à flot et la bouffe était correcte ! Alors ? Pourquoi s’en seraient-ils privés ; puisqu’ils y étaient conviés ! Son frère, avait même organisé un méchoui avec de la musique et tout le tintouin !
Le plus ennuyeux, pour Christiane, c’était de se lever dès l’aube le lundi, pour se rendre à la gare et reprendre ses activités. Depuis prés d’un an, qu’ils avaient pris le relai des anciens propriétaires, Giselle et Bernard, s’étaient vite accoutumés à leur nouvelle vie ainsi qu’à la clientèle : pour la plupart, de jeunes désœuvrés, des ouvriers et des paysans. Christiane, qu’elle se trouvât "Au Moine" ou à Saint-Ouen, continuait ses séances de grandes bouffes qui se terminaient obligatoirement au même endroit. Parfois, à deux doigts du malaise, elle se précipitait – in extrémiste – sur la cuvette des toilettes, en dégueulant ses tripes. Comme si elle devait exorciser un mal être profond et indéfinissable… Le seul inconvénient, lorsqu’elle séjournait chez ses parents, c’était l’accès auxdites toilettes. Celles-ci, étaient mitoyennes à leur chambre. Le moindre bruit résonnait. Un exemple : le lendemain du méchoui, son beau-père, fit la remarque suivante et devant tout le monde. « J’sais pas qui a dégueulé cette nuit, mais ça y allait !! » L’intéressée avait fait mine de de d'avoir rien entendu.
En fin de compte, la question était la suivante : comment Giselle s’arrangeait-elle, pour ne rien voir ? Feignait-elle de ne pas s’apercevoir que sa fille mangeait comme dix, alors qu’elle était aussi grosse qu’un fétu de paille ! A moins, qu’effectivement, elle fut aveugle… Ou bien, comme Ponce Pilate, elle s’en lavait les mains. Et en fin de compte, n’avait-elle pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour soigner et guérir sa cadette... ? Sans doute estimait-elle n’avoir rien à se reprocher… Pour Christiane, ça ne restait que des suppositions car elle ne pouvait hélas, disséquer les pensées les plus intimes de sa mère. Non seulement, elle se détruisait la santé à petit feu mais également, cette boulimie incessante, lui coûtaient les yeux de la tête. Son salaire était décent ; soit ! Or, le loyer, plus exactement les traites du crédit de l’appartement, additionnées au gaz/électricité et autres frais divers, les fins de mois s’avéraient difficiles. En vérité, elle s’acquittait chaque mois d’une certaine somme, pour un appartement dont elle ne serait jamais la propriétaire. Pour la simple raison que Giselle, n’avait pas pris la peine d’entamer la moindre procédure, pour qu’il soit à son nom ! En outre ses deux ainés,Charles-Henry et Ginette, aurait hurlé à la spoliation ! Quoique, ces deux pingres égocentriques, avaient déjà reçu de leur mère, une somme rondelette ! Leur cadette, la pauvre « MINOU », la bonne pâte, n’avait rien eu ; si, quelques meubles et ses yeux pour pleurer !
Un matin, surprise ! Christiane se préparait à aller travailler, quand elle sentit un liquide couler le long de ses cuisses. Du sang !! Incroyable. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, s’était-elle, dit, pendant ces cinq dernières années. Et franchement, cet état propre à toutes les femmes en âge de procréer, ne lui avait pas manqué… (Maux de ventre, nausées, vertiges, sautes d’humeur et, j’en passe !). Puisqu’elle ne pouvait rien changer à la nature, elle clama à haute voix, avec un sourire mi-figue, mi-raisin, « Bienvenue chez toi». Présentement, elle en savait suffisamment, pour connaître les risques de tomber enceinte… A ce sujet, elle n’avait aucun souci à se faire ! L’horrible mésaventure, la rappellerait à l’ordre.
Désormais, celui qui pourrait se vanter de l'avoir eu, n’était pas encore né !
...................................................................................................... A suivre
Bye, les blogueurs !
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........................................................................................ 11ème épisode
Très vite, à "LE MOINE", ce fut la déconfiture. Par le biais du Diable, qui sait… ? Le quotidien était devenu un enfer ; tout s’était désagrégé. Gisèle, pourtant comptable de son métier, s’embrouillait dans les chiffres en confondant « bénéfice et chiffres d’affaires ». Elle-même et son compagnon, étaient devenus les principaux clients de leur propre commerce. Souvent, ivres-morts, dans l’incapacité d’assumer leur travail, ils fermaient boutique pour s’offrir un roupillon comateux, duquel ils émergeaient souvent très tard. Tous les habitants du bourg, ainsi qu’aux alentours, s’interrogeaient sur ces parisiens qui préféraient faire la nouba plutôt que de se mettre sérieusement au boulot. « Ricard » et tiroir-caisse, jouaient au ping-pong,en se renvoyant la balle. Giselle, était devenue irascible et méchante. Les altercations entre elle-même et son concubin, étaient fréquentes. Ils s’engueulaient pour des broutilles et le moindre mot de travers, mettait le feu à la poudre. Monique, la sœur de Bernard, qui débarquait pour de fréquents séjours chez son frère, était devenue le bouc-émissaire de Gisèle, qui clamait volontiers en hurlant « Ta sœur, ta sœur… J’en ai marre de ta sœur ! » Un matin, levée du pied gauche, elle prit la pauvre femme pour cible qui, je le réitère, souffrait d’un grave cancer du colon. Après l’avoir affublé de tous les noms d’oiseaux et adjectifs sortis de son répertoire personnel, elle redoubla de colère en rajoutant qu’elle ne pouvait plus supporter ses jérémiades de comédienne et que la porte lui était grande ouverte. En clair, elle lui pria de faire ses bagages et de disparaître !
Pour Monique, ce fut significatif et surtout, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Sans rien dire, elle s’exécuta, fit ses valises et demanda à son frère de la conduire à la gare de Château-Thierry. En réalité, ce fut un adieu car, ils ne se revirent jamais. Atteinte au plus profond, elle ne pardonna jamais à sa belle-sœur de l’avoir virée comme une malpropre, sans le moindre égard pour ses souffrances. Ceci expliquant cela, elle fit également une croix sur son petit frère Bernard, qu’elle adorait.
Quant à Christiane, ma préférence à moi, de son univers fermé, elle contemplait tout ce gâchis ; le cœur lourd et en imaginant le pire. Les week-ends, ses parents étant trop abrutis par l’alcool, elle prenait le relais en s’installant derrière le comptoir. Si bien, que du vendredi soir au dimanche soir, le bistrot ne désemplissait pas. Tous les garçons de la région venaient pour plaisanter, se changer les idées, jouer au baby-foot et boire de la bière. Christiane, étant toute jeune - et malgré ce qu’elle pensait d’elle-même - était ravissante, attirait la clientèle. Hélas, une fois cette dernière repartie, les volets – irrémédiablement – se baissaient de nouveau.
Gisèle passait ses nerfs sur tout le monde ; même sur sa jeune fille qui, pourtant, l’aidait au maximum. Un dimanche après-midi très ensoleillé, la jeune fille était installée en terrasse en compagnie deux garçons, avec qui elle venait d’engager la conversation. Sa mère, l’ayant surprise dans un comportement - selon sa théorie - indécent, se pointa telle une furie en agressant les deux jeunes et en traitant - au passage - sa fille de putain. Au paroxysme de son délire et écumant de colère, elle lui balança deux beignes magistrales, en pleine figure. Quelle honte ! Les larmes aux yeux, Christiane, partit se réfugier dans sa chambre. Certains alcooliques, une fois pleins, se contentent de dormir. Or, en ce qui concernait Giselle, l’alcool lui montait à un tel point à la tête, qu’elle en devenait redoutable. Entre deux comas éthyliques, le couple « Lefau », fit faillite et dut obligatoirement déposer le bilan. Cette folie, ce semi-suicide, avait engendré le congé – je dirais même mieux, la débâcle - de tous les ex-noceurs.
Résultat : plus un sous en caisse, ni à la banque et des dettes pour des années. Il y eut évidemment une liquidation judiciaire. Le petit appartement de la rue des Rosiers, qui n’appartenait pas à Christiane, fit partie du lot. Les anciens propriétaires, anéantis, récupérèrent - dans un piteux état - leur petit bijou auquel il tenait tant et qu’ils avaient dû vendre, aux fins de profiter d’une retraite bien méritée. Pour eux, vieux et fragiles, le monde s’écoulait. Après avoir dû avaler et digérer les blâmes et les reproches du couple de vieillards, Giselle et Bernard, furent gentiment priés de mettre les voiles. Pour seuls biens, leurs vêtements et quelques objets personnels, indispensables. Redevenus lucides, ils durent faire face à leur désespoir, à leur chagrin, à leur solitude, et tout bonnement, à leurs regrets… Dans une misère noire, il était plus que nécessaire qu’ils se mettent à la recherche d’un logement, pour éviter de dormir à la belle étoile.
En ce début des années soixante-dix, les emplois foisonnaient. Ils ne furent pas longs à trouver un emploi d’aides cuisinier, dans un restaurant pour routiers « L’Auberge Rouge », avec comme gros lot, un logement de fonction. Ne dit-on pas que nous avons tous un Ange Gardien ? Ils disposaient d'une coquette maison d’un étage, d’une cave et d’un garage, en plein centre du village. A l’endroit même ou trônait, comme un pied de nez à leur passé, le bar du village !! Dans la vie, il n’y a pas de coïncidences. Un proverbe est à retenir : « Rien n’est jamais acquis ». C’était descendre bien bas, après avoir eu une situation assise et avoir hérité d’un capital !!
Bye, bye, mes chéris !
............................................................................. A
suivre
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Ma préférence à moi, avait été lésée et ceci, par la seule faute de sa mère. Par son inconscience et à son imprudence face à l’avenir. Et le destin, en s’en mêlant, avait statué. Sans appel !! Quant à la vente dudit appartement, certes, inclus dans la liquidation judiciaire, il était loin d’être vendu ! En attendant, Christiane, en gardait la jouissance. C’était légitime… Après la déchéance de ses parents, mon Essentiel, fut confrontée de nouveaux problèmes insolubles : ceux du compteur d’eau collectif à l’immeuble du 97, rue des Rosiers. Un soir où Christiane avait avalé une quantité considérable de nourriture, elle prit d’asseau comme d’ab, ses toilettes. Après s'être faite vomir copieusement, jusqu’à vider – autant faire ce peu – son estomac, elle tira la chasse d’eau ; toujours comme d’hab. Et quelle ne fut pas sa surprise… Pas d’eau !! Pas plus aux robinets qu’ailleurs. Consternée par ce phénomène inexplicable, elle descendit en trombe dans la cour, vérifier l’arrivée d’eau. Rien ; plus une goutte ! Mon Dieu, quelle guigne ! Qu’allait-elle devenir ? Elle, qui déversait des kilos de bouffes par jour, dans les W.C.… Comment allait-elle s’y prendre… ? Si ma mémoire est bonne, c’est à partir de ce jour là, à marquer d’une pierre blanche, que s’amorça une guerre inextricable.
Le pot de fer contre le pot de terre : Le syndic des copropriétaires, les locataires, ainsi que la Compagnie des Eaux de Saint-Ouen. Tout ce petit monde allait s’accuser mutuellement en se renvoyant les responsabilités. L’immeuble que Christiane habitait, était en si mauvais état et si insalubre, que les propriétaires ne s'y logeait surtout pas. Ils préféraient de loin louer leurs taudis à de pauvres bougres originaires du Maghreb et d’Afrique noire ; ce qui leur permettait de passer au travers des frais de copropriété. Et c’est ainsi que le cercle vicieux se mettait en place. C’était incontournable. Le Syndic, en attente de ses sous, coupait tout ce qu’il pouvait couper. En l’occurrence, l’EAU, une denrée si précieuse !
Ce qui aurait arrangé la principale plaignante, dénommée Christiane, c’est que l’on supprime le compteur collectif, contre des compteurs individuels ; ce qui était inenvisageable ! L’entrée de l’immeuble, à elle seule, aurait rebuté n’importe quel occidental. Ses boîtes aux lettres défoncées et la puanteur ambiante, barbouillaient les estomacs les plus coriaces. Mon héroïne, les soirs d’hiver, terrorisée à l’idée d’avoir à franchir l’interminable coupe-gorge, pointait un cent mètres jusqu’à la « Cour des Miracles » et, le cœur sur le point de se décrocher, elle gravissait les quelques marches menant à son refuge comme si elle avait été poursuivie par un tueur en série. C’est le souffle court et soulagée d’être intacte, qu’elle fermait sa porte à double tour. Ainsi barricadée, elle s’espérait en sécurité.
Solitaire et délaissée, la jeune fille, vécut les trois premières années à Saint-Ouen, avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête. Toutes les nuits, sur l’écran noir de ses nuits blanches, elle se voyait agressée, tuée à la machette, violée et que sais-je, encore ! Certes, le contexte où elle vivait n’était pas banal et même, rarissime ! Une française de souche, une Gauloise, qui vit parmi des africains, sans trouver ses marques et sans revendiquer son droit à l’assimilation. Ce n’était pas croyable ; non ? L’image peu favorable que sa mère lui avait donnée des Nord-Africains, lors de la guerre d’Algérie, lui revenait sans cesse en mémoire. Telle une petite fille perdue, elle ne pouvait se douter qu’elle affabulait car, en fait, ses voisins étaient des non-violents.
Pour en revenir aux coupures d’eau, elles avaient lieu au moins quatre fois par an et durait environ deux longs mois pendant lesquels, Christiane, s’organisait comme elle pouvait. Elle se procura des seaux pour s’approvisionner chez Monsieur COUDY, le patron du restaurant, situé juste à bas de son immeuble. Le brave homme, compatissant au malheur de son prochain, branchait à une heure dite de la journée, son propre conduit d’eau sur celui de la cour. Ainsi, Christiane, soucieuse de sa personne, pouvait faire sa toilette correctement, laver son carrelage et sa vaisselle et, l’essentiel… Verser des seaux d’eau javellisée dans la cuvette des W.C. « Quelle vie de merde », se disait-elle souvent, en se démenant pour écrire à droite et à gauche : au Maire, au Préfet, à la Cie des Eaux, etc. Inutilement, puisque ceux-ci, se montraient résolument sourds et muets !
Afin de se faire entendre, elle avait frappé à toutes les portes. Elle en était à son énième courrier, quand une petite voix lui insuffla une idée géniale : Adresser un courrier à France-Soir, en dénonçant les conditions de vie scandaleuse dans lesquelles ses compagnons d’infortune et elle-même, était condamnés. Une inspiration qui donna ses fruits… Un journaliste lui répondit. Dans tel numéro, paraîtrait d’ici peu, un article objectif et concis, accompagné de son courrier et ce, afin d’accuser les pouvoirs publiques ! C’était une goutte d’eau dans la mer ; oui ! Or, dans cette jungle qui est la nôtre, on gagne à combattre et à se défendre. Car, un matin, la mairie fit installer une citerne d’eau potable, juste devant l’immeuble. L’inertie, concilier, n’était pas le genre de mon essentiel. A son âge, elle faisait déjà preuve d’un fort caractère ! Ce fut un petit pas pour Christiane la fonceuse, la battante ; et une enjambée pour les autres locataires…
"La Cour des Miracles", c’est ainsi que l’on surnommait l’immeuble dans tout le quartier. Dites-moi, pourquoi l’appelait-on ainsi ; la « Cour des Miracles » ? Une appellation qui rappelait forcément l’un des romans de Marquise des Anges. A un moment donné, Angélique, se retrouve par accident dans la cour des miracles, une population essentiellement peuplée de mendiants, de pauvres hères, d’éclopées, de voleurs, d’assassins… Tous ces personnages, vivent, copulent, mangent, boivent et dorent, dans un climat de suspicion malsain truffé de maladies et au sein duquel, malgré tout, règne l’entraide des uns envers les autres. Pour nous, les habitants, la comparaison était-elle flatteuse ? Nous étions très loin de ces interrogations. La célèbre cour du 97, rue des Rosiers, servait à tout : à jeter ses détritus par les fenêtres, à égorger des volailles, à tuer le mouton lors des fêtes religieuses et, l’été, pendant les grandes chaleurs, à se réunir entre africains, ; pour se restaurer, chanter et danser, sur les rythmes percutants et assourdissants des tam-tams.
Lors de ces festivités, il était hors de question et j’ajouterais qu’il aurait été kamikaze que Christiane proteste en se cassant la voix, pour leur crier « vos gueules là-dedans !! » Inutile. Le folklore et les rites faisaient la loi. La loi de l’Afrique noire, de ses effluves, de ses coutumes et de ses mélopées !
Pendant ce temps, or vacances, Christiane restait terrée dans ses appartements en n’osant à peine respirer et surtout, se gardant bien de déranger !
Ciao, mes chers lecteurs !
................................................................................................. A suivre
...................................................................................... 13ème épisode
73… L’année euphorique. Ce fut l’année du grand choc pétrolier. Résultat : une récession mondiale. C'est au cours de cette année, que ma Préférence à moi, décida de changer de boulot en démissionnant de la Caisse de Retraites des Vétérinaires. Son nouvel employeur, fut une caisse de commerçants, située rue Fortuny (Paris 17°), au sein de laquelle, elle fut embauchée au service « contentieux ». Egalement, ce fut l’année de son premier amour qui, néanmoins, ne fut qu’une première étape dans sa vie amoureuse. Il s’appelait Juste J… et il était natif de Lyon. C’était un paumé, un réchappé de l’assistance publique, traumatisé par les familles d’accueil où il avait séjournées. En l’occurrence, des paysans - soi-disant habilités - à l’éduquer et à l’aimer. Or, Lucifer, en avait décidé autrement car, « ses nouveaux parents », en guise de tendresse et d’amour, lui infligeaient au jour le jour, des traitements indignes d’une vraie famille. Pendant des années, il n’eût d’autre choix que d’accepter les déferlements de violence, agrémentés d’insultes verbales. Tout petit, il fut dressé aux travaux des champs et aux sales besognes, telles que nettoyer l’auge des cochons, ramasser le fumier, etc. Les quelques années de ce régime intensif, avait submergé son cœur de haine et de révolte. Un jour, où il fut cogné à mort, il décida de se faire la belle, non sans avoir auparavant, mitonné des représailles : il incendia la ferme de ses parents nourricier. Son forfait accompli, erra sans aucun but à travers la France, tel un animal traqué. Sa destinée mit les pieds dans le plat car, au cours de son chemin, il un ancien de l’Indochine au passé sulfureux qui lui fit une proposition : loger, blanchi et nourri, en échange de ses bons et loyaux services. Il s’appelait Carlos F. Ce dernier, spécialisé dans la moquette, forma le jeune homme au métier de poseur de moquette.
C’est dans ce contexte, que Christiane, fit la connaissance de Juste, un gars en manque d’amour et de stabilité. Ce n’est pas un hasard lorsqu’une fille perturbée et profondément marquée par son enfance, est tout spécialement attirée par ce genre de garçon déphasé et traînant derrière lui un passé douloureux. Christiane, voulut présenter son amour tout neuf, à sa famille. En premier lieu, à sa sœur et à son compagnon qui, manifestement, n’osèrent exprimer le fond de leurs pensées. Cela aurait servi à quoi ? A rien ! Ensuite, elle le présenta à ses parents qui eux, le trouvèrent sympa et charmant. Giselle, attirant sa jeune fille contre sa poitrine, lui chuchota à l'oreille :
« Si tu es heureuse, c’est le principal ! ».
Les débuts de leur vie commune furent exaltants. Tout d’abord, tout comme au service militaire, le prince charmant fut passé au crible par les voisins de palier qui cotoyaient la promise. C'est eux qui tranchèrent. L’interrogatoire fut serré. Qui était-il, d’où venait-il, quelles étaient ses vraies intentions… ? Dans son intérêt - le menacèrent-ils – en montant le ton, il serait plus prudent qu’il se tienne à carreau ; sinon… L’ultimatum était significatif. Attention. Ici, tu seras toléré, tant que tu ne feras aucun mal à la petite. OK, mon gars… ? T’as pigé ? Lorsque Juste rapporta son «entretien " à Christiane, celle-ci, en resta bouche bée. A son insu et depuis des années, ceux qu’elle craignait tant, avaient été les gardiens de ses nuits ainsi que de ses jours. Une révélation ! Christiane, non sans une pointe d’amertume, laissa couler quelques larmes d’émotion. Enfin, le passe-droit, avait été obtenu. C’était le principal ! La belle, ayant une âme de « mère Térésa » – quelle garde encore – prit Juste sous son aile. Notre mère-poule, le rhabilla de pied en cape et lui fournit tout le nécessaire de toilette, afin qu’il puisse se garder propre et digne. Une bonne chose de faite ! Ensuite, elle entreprit de lui transmettre quelques rudiments de savoir-vivre. Et ce n'était pas du luxe !
De son côté, il lui avait présenté quelques connaissances du Val-D’oise (Ecouen). Franchement, mon Essentiel, était restée circonspecte quant à ce type de relations ; peu flatteuses ! Juste, n’était pas un mauvais garçon. C’était un gosse en perdition, en carence affective et dépourvue d’éducation et de toute sorte instruction. Il était gentil, débrouillard et serviable. Ce qui gâchait ce peu de qualités, c’est qu’elle le découvrit sournois, menteur, cupide, paresseux, voleur dans l’âme et, sans aucun caractère ; le dernier parlé avait raison !
En dépit de tous ces points négatifs, Christiane, à son contact, se fit plus coquette donc plus séduisante, plus abordable et beaucoup plus loquace. "Le vilain petit canard" se métamorphosa en Cygne. Un seul pan de son moi profond restait insaisissable : ses crises de boulimie incessantes et insatiables, qui lui grignotait le cerveau. Juste, soupçonnait-il quelque chose ? Impossible à affirmer. Ce dernier était un fêtard, un bringueur qui levait bien le coude !
Jusqu’à présent, l’existence de Christiane, s’était limitée à un combat perpétuel, loin des turbulences et du brouhaha extérieur. Certains diraient « la vraie vie ». C’est ainsi, qu’elle se découvrit un besoin de vivre insoupçonné et intense. Chaque week-end, la belle et son compagnon, écumaient tous les cafés arabes des alentours de la Mairie du 18ème. Le jeune couple était également des habitués du « Refuge des Fondues » à Montmartre et de tous les bars louches de la Porte de Clignancourt, dont la plupart des clients, étaient des marginaux et des prostitués. Ils auront rencontré Jacques Mesrine… (Dieu merci, seulement rencontré !). Ils fréquentaient assidument un bar-restaurant turc, appelé le « Cléopatre », chez qui ils festoyaient et dansaient jusqu’au bout de la nuit, sur les chansons de Joe Dassin, de J. hallyday, de Claude François, d’Iglésias, de Dalida, etc. Nos deux amoureux se couchaient aux aurores, après avoir fait une pause à Pigalle, pour déguster chez « Fritounette », une dernière assiette de frites accompagnée de bière fraîche. Quelle vie de patachon !
Or, indubitablement, il fallait bien que jeunesse se passe !
A une heure avancée de la nuit, Juste, suggéra à Christiane, d’aller à boire un dernier verre sur les Champs. Dans une rue adjacente, ils trouvèrent un bar de nuit avec lumières diffuses et ambiance feutrée. Christiane, qui avait pris habitude de papillonner n’importe où et n’importe comment, en provoquant - certes, inconsciemment - le sexe mâle, accepta de danser un slow avec l’un des clients du bar. Un slow - apparemment - sans conséquence. Pas du tout ; qui s’y frotte, s’y pique ! Car, Juste l’ignorait, le patron et tous les clients présents, étaient corses. Attention, pas des faux… d’authentiques corses avec l’accent, les lois, la mentalité, etc. Après un conciliabule, Juste prit Christiane à part afin de la mettre en garde : le patron voulaient la « mettre à l’amende » et il s’agissait d’elle-même ! Et elle savait ce que cela voulait dire, la gourgandine ! Je ne saurais vous expliquer et, cela reste une énigme, comment Juste, l’avorton, réussit à se dépatouiller pour les sortir de cette embuscade. Le principal, c’est qu’ils repartirent sains et saufs. Une fois dehors, Christiane qui avait vraiment balisé, remercia Dieu, en lui promettant de ne plus jouer avec le feu.
Cette même nuit, Juste et Christiane, patientait au feu rouge dans leur véhicule, lorsqu’ils aperçurent un petit chien qui traversait les Champs à fond de train. La bête, réellement affolée et perdue, ne savaient pas dans quelle direction aller. Juste, aimait les animaux. Aussi, c’est avec une dextérité impressionnante, qu’il quitta son véhicule pour tenter d’attraper l’animal ; et, il y arriva ! Il revint les bras encombrés d'un petit chien au pelage crasseux et nauséabond qui, visiblement, était aussi affamé, qu’assoiffé. En l’examinant de plus près, à son faciès écrasé, ses petites oreilles tombantes et à sa queue relevée en panache, on arriva à l’identifier. C’était un Pékinois. Pas de temps à perdre : Direction Saint-Ouen. En pleine nuit, Juste s’appliqua à décrasser l’animal dans le lavabo. Le lendemain, le couple se précipita chez un vétérinaire, qui diagnostiqua une grippe. En plein mois d’août ? A part ça, c’était une chienne d’environ un an et en parfaite santé. Sur ce, Christiane, soucieuse de son bon droit, suggéra à son compagnon, d’aller déclarer l’animal au commissariat. Pourquoi pas ? On ne sait jamais ! Les policiers, après leur avoir posé les questions de routine leur avaient tenu un langage surprenant. « Vous l’aimez ? » Le couple avait acquiescé de la tête. Et en souriant, ils avaient rajouté « Et elle, on dirait bien, qu’elle vous aime ! » Alors… ? gardez-là ! ».
C’est ainsi que Christiane, récupéra « Pupuce », qu’elle garda et aima comme son enfant, pendant dix ans. C’était une bête incroyable. Intelligente, aimante et reconnaissante. Par contre, elle détestait la solitude et c’est pourquoi, elle était toujours de sorties ; et nul besoin de laisse, car mademoiselle, marchait aux pieds de sa maîtresse, tout comme un Berger allemand. Dans le quartier des Puces, Juste et Christiane, étaient surnommés « Les Amoureux de Pénée». A cette époque, tout baignait… Evidemment, à vingt-trois ans, on s’imagine avoir le monde à ses pieds et on est persuadés de détenir la science infuse ; que l’on peut tout envisager et planifier sa vie à sa guise. Naïvement, on croit manœuvrer et dominer le destin, conformément aux buts fixés. Petite fille… Attention ! Et comme tu te goures !! Entre nos deux tourtereaux, leur amour si pur, commença à s’altérer lorsque Christiane, lasse de ce garçon trop faible, feignant, et hypocrite, se surpris à le tromper ouvertement.
Son dernier forfait - une trahison - avait fait déborder le vase. Alors qu’il était sans travail, Christiane, lui avait trouvé un emploi de poseur de moquettes, chez un commerçant qui avait pignon sur rue. Après un rapide entretien, Juste fut engagé sur champ par le propriétaire des lieux qui, après un mois d’essai, le recruta définitivement. Au fil de leur relation d’ouvrier/patron, une amitié croissante vit le jour. L’employeur n’avait qu’à se louer du travail de son unique salarié ; et, pour lui prouver sa confiance, il lui confia les clefs de sa boutique. L’homme aimait beaucoup le jeune homme. Un week-end, il invita le jeune couple, dans sa maison de campagne. C’était une grande maison bourgeoise très cossue, entourée de plusieurs hectares de forêt. Pendant trois jours, leur hôte et son épouse, les reçurent comme des rois. Ce fut génial ! Tous les plaisirs ont une fin. Un mois passa où Juste, comme chaque matin, se levait pour aller au boulot. Crédule et trop confiante, Christiane, ne pouvait se douter qu’il avait été licencié pour faute grave et que, craignant de lui annoncer, feignait d’aller travailler. En réalité, il passait ses journées à glander et à vadrouiller. La cerise sur gâteau, c’est qu’en plus de cela, il avait dépensé l’intégralité de son salaire. Non content de ne pas subvenir aux besoins du ménage, il avait vidé la tirelire de Christiane, qui débordait de pièces de dix francs. C’est le visage inondé de larmes et en l’injuriant, qu’elle avait harponné le voleur. Le salopard, décidemment de mauvaise foi, jura sur la tête de je ne sais qui, qu’il n'y était pour rien ! Innoçent ?? Les prisons en étaient pleines ! Plus déterminé qu’une armée de bretons, il s’en tint à cette version. Fallait-il qu’il soit obtus et idiot ! Bien sûr, elle n’avait pas de preuves… C’était qui alors ? De mauvais esprits ?
La pilule eut du mal à passer. Après tout, ce n’était que de l’argent ! Lorsqu’on aime on ne compte pas ! Revenons à nos moutons. Le licenciement inavoué de Juste. Le fin mot de l’histoire, était le motif pour lequel il avait été viré. Disposant des clefs du magasin, il n’avait rien trouvé de mieux, que de dépouiller son bienfaiteur. Il faut vraiment être pourri jusqu’à la moelle pour faire une chose pareille ! Etre dépourvu de tout scrupule, de toute moralité, pour trahir la confiance d’un ami ; un ami, au cœur aussi gros que le mépris qu’affichait Christiane, à l’encontre de son concubin. C’est scandaleux, dégueulasse ; c’est une honte ! Déplora Christiane, en sanglotant.
Permettez-moi de vous signaler en passant, que l’amour est aussi fragile que du cristal de Bohème ; très fragile ! S’il n’est pas basé sur la confiance, l’honneur et le respect de l’un comme de l’autre, il est destiné à s’étioler pour mourir à jamais. En ce qui concernait Christiane et Juste, il était déjà trop tard. Leur amour, rongé à la racine, était moribond. Des sentiments bien présents, que mon Essentil, était incapable d'exprimer verbalement. Le charme était rompu. Son prince n’était qu’un voyou, un délinquant, dépourvu d’éthique et de gratitude.
Ce mec, qui avait pratiquement vécu à ses crochets et à qui elle avait offert une famille, un toit, un foyer, l’avait manifestement pressée comme un citron et, manipulée telle une marionnette !
Et bien, à nous-deux, se dit-elle, en essuyant une dernière larme.

....................................................................................................... A
suivre
A bientôt, les blogueurs !
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....................................................................................................14ème épisode
Mon Amérique à moi, étaient devenue une très jolie poupée. Si l’on se fiait à son apparence et à son comportement, on pouvait la qualifier de volage et de superficielle. Petite de taille, cependant élancée, elle était toujours juchée sur des talons hauts et aimait porter de jolies robes aux décolletés plongeants qui lui allaient à ravir, ainsi que des pantalons qui mettaient sa silhouette en valeur. Ce physique attirant, émoustillait les garçons qui tournaient autour de la jeune fille, comme des abeilles autour d’un pot de miel. Or, les faux-semblants, sont souvent trompeurs… Que ce soit sur le plan négatif ou positif…. Au sein de notre société, les critiques, les vilénies, procurent un certain bien-être à des hommes et à des femmes de tout acabit et de tout horizon. Ces derniers, très mal dans leurs baskets, envieux et frustrés (surtout les femmes ; qu’elles soient jeunes ou vieilles) éprouvent un besoin pervers de juger et de condamner, en propageant rumeurs et propos humiliants qui sont d’autres parts, toujours rapportés déformés et plus avilissants, encore… Pris dans la masse, les êtres humains sont, à quelques détails près, identiques. (Il existe des exceptions ; heureusement !) Beaucoup, pour des raisons obscures, ne supportent ni la beauté et ni la jeunesse, qui les importunent. Gorgés de rancœur et d’aigreur pour ce qu’ils n’ont pu être ou pu faire, ils se gâchent la vie à petit feu en se complaisant dans leur solitude et leur médiocrité.
Christiane, née sous le signe de la Vierge, avait deux visages. Un pour les étrangers et l’autre, seulement pour les intimes. (Les vrais) On aurait pu l’appeler « Le Miroir à deux faces » car, il aurait suffi de racler le dessus de sa carapace, pour découvrir une hypersensible éternellement en souffrance, une jeune fille spontanée, généreuse, bienveillante avec son prochain et, d’une crédulité à faire pleurer. « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » déclarait le regretté Jean Yann, dans un de ces films. Ceci, afin que vous sachiez qu’il ne faut jamais propager des ragots sur qui que ce soit, sans le connaître personnellement ; et même… c’est laid et indigne de l'être humain !
Christiane, Juste et Pupuce le chien, faisaient toujours autant la java. « Java, qu’est-ce que tu fais là… ». Souvent, les retours à la maison étaient houleux et féroces, sur le plan verbal. Juste, d’une nature possessive – comme beaucoup d’hommes -, ne supportait pas de voir sa copine danser, causer ou flirter ouvertement, avec un autre garçon. « T’inquiète ; cela n’ira pas plus loin… », Rétorquait-elle, pour le calmer. De temps à autres, ils prenaient "la tire" qui fonçait tout droit vers l’Auberge du Chaperon Rouge, pour rendre visite à Giselle et Bernard, qui exerçaient toujours les métiers d’aide-cuisinier et de femme de ménage. Christiane, afin de les aider, arrivait les bras chargés de provisions. Ceux-ci, en dépit de leurs revenus plus que modestes, étaient souvent attablés en terrasse, à l’heure de l’apéritif. D’autant plus, qu’ils s’étaient faits de nouveaux amis, à la fois bringueurs et buveurs : Jean et son frère, alcooliques invétérés et, Françoise, plus sobre, qui était veuve. Les mois de juillet et août de cette année là, furent très secs et étouffants. Et, sans une goutte d’eau aux robinets, c’est mille fois plus pénible ! Comme lors de toute coupure d’eau, le couple s’en accommodait, en espérant des jours meilleurs. Avaient-ils d’autre choix ? Non. Malgré cette pénurie incontournable, la maison restait accueillante et conviviale. Juste, avait des tas d’amis qui étaient devenus les amis de Christiane. Les amis de tes amis, ne sont-ils pas tes amis ? Bien sûr ! On comptait, entre autres, Didier D.., le fils et petit neveu de la famille F., qui possédait deux magasins de tapis et moquettes, rue des Rosiers, Francesca, l’amie d’enfance de Christiane, qui venait souvent accompagnée de son mari Jean-Pierre, jusqu’à ce qu’elle divorce et se mette en ménage avec qui ?? Devinez… ? Le beau Didier de la rue des Rosiers ; et ceci, avec l’aide d’une entremetteuse... Madame Christiane !!
Un soir, Juste, rentra à la maison le visage rayonnant, accompagné d’un inconnu, dénommé Patrick. « Je te présente un ami » déclara-t-il… « Christiane, ma femme… ». Il était toujours fier de l’exhiber au regard de ses amis. Le loup dans la bergerie ? Pas impossible. Car, aussitôt que Christiane eût touché la main du jeune homme, elle ressentit comme une décharge électrique vibrer dans tout son être. Et ce fut réciproque ; ça se voyait comme le nez au milieu de la figure ! Ce soir là, sur des petits nuages, elle mit les petits plats dans les grands. Au terme du dîner, Juste, prit l’initiative de mettre de la musique.
Mon Essentiel, dansait collée/serrée contre Patrick, lorsqu’à cet instant précis, des voisins se mirent à hurler « Au feu ! Au feu ! Soudain, ce fut l’affolement général et le branle-bas de combat ! Bien sûr, les pompiers furent appelés en urgence. C’est à grande force de matériel, qu’ils arrivèrent sur les lieux, peu de temps après. Pimpon, Pimpon… Avec un savoir-faire indéniable et une rapidité surprenante, ils déroulèrent le gros tuyau d’arrosage qui fut traîné jusqu’au robinet de la cour ; et, comme dans « surprise, surprise… » Ils en restèrent suffoqués ; sur le cul ! : Aucune goutte d’eau ne sortait de ce satané robinet ! Dans toute leur carrière, ils n’avaient jamais vu une chose pareille !! Perdant un temps précieux à trouver une solution, une fumée épaisse avait déjà envahi les escaliers et commençait à s’étendre dans toute la cour.
Comme tout être humain dont l'instinct de conservation s'exprime, dans ces moments de catastrophe, on pense d’abord à sauver sa peau et celles de ceux qu’on aime ; et, seulement après, on rassemble dare-dare, toute ce que l’on peut sauver. Christiane, terrorisée par les flammes, fit le vide dans son armoire, en un rien de temps. Ce qui fut expéditif car, elle ne trouva rien de mieux - pour aller plus vite - que de balancer ses précieuses toilettes et autres babioles, par la fenêtre qui était grande ouverte. Les vêtements ainsi jetés, tournoyaient tels des cerfs-volants, avant d’atteindre l’asphalte du trottoir. Ceci fait, elle se saisit de son chien, qu’elle garda serré contre son cœur. Sur le trottoir d’en face, des badauds, un tantinet voyeurs, n’avaient rien perdu de la scène. La tête à l’envers, le cœur battant la chamade, mon Essentiel, préparait frénétiquement ses objets de toilette, lorsqu’en Henri fit retentir un « ils se sont branchés sur le robinet du père Coudy !! Dieu Merci, nous sommes sauvés, pensa Christiane, en poussant un profond soupir de soulagement. De la fenêtre de la cuisine, on pouvait observer les pompiers qui s’attaquaient aux arrivées de gaz. Armés de massues, ils les écrasaient l’une après l’autre, afin de parer l'immeuble contre une éventuelle explosion.
L’histoire se termina avec brio. Nos vaillants pompiers finirent par dompter l’incendie et tout revint dans l’ordre ; ou presque. Ouf ! On revenait de loin. Juste, légèrement amer et le visage sombre, n’eut qu’à déplorer une façon de faire, à son avis, révoltante : ses vêtements personnels n’avaient pas bougé d’un pouce ! « Alors, qu’est-ce que t’attends ??? lui hurla Christiane. « Coure chercher mes affaires avant qu’on me les pique !!
Juste, s’octroya quelques secondes, avant de s’exécuter.
A plus, mes chéris
!
....................................................................................................... A
suivre
J'ADORE VISUALISER DES BALLETS DE DANSE CLASSIQUE TELS QUE
"LA MORT DU CYGNE" OU "CASSE NOISETTE"
C'EST UN ART A PART ENTIERE QUI EXIGE TANT DE DISCIPLINE ET DE TRAVAIL POUR ARRIVER A L'EXCELLENCE.
IL NE SUFFIT PAS D'ETRE DOUE POUR ACQUERIR TOUTE LA GRACE SPECIFIQUE A UNE ETOILE D'OPERA.
CELLE-CI DOIT MAITRISER SES ATTITUDES, SES POSITIONS,
SES MOUVEMENTS, SES EXPRESSIONS ET
FAIRE TRANSPERCER SES EMOTIONS
QUI SONT INDISPENSABLES POUR VIVRE PLEINEMENT
L'HISTOIRE QU'ELLE INTERPRETE SUR SCENE.
L'aboutissement d'une carrière
Avez-vous déjà eu l'occasion d'assister à un spectacle de danse orientale ? Ne trouvez-vous pas que c'est un art à part entière...? Et que cette danse est envoutante, sensuelle, lascive et extrêmement gracieuse...? Pouvez-vous l'espace d'un instant, vous imaginer au fin fond du désert, dans le palais d'un Maharadja, qui n'a jamais eu le privilège de vous voir danser. Vous scintillez, vous ondulez, vous ensorcelez. Vous vous confondez et vous ne faites plus qu'un avec la musique. Vous n'êtes plus qu'une seule entité. Vous êtes admirée, avationnée telle une muse, une déesse...
Comme passion, je n'ai pas que la danse orientale et ses costumes féériques... Je suis passionnée d'ésotérisme et de voyance (je possède à peu près tout ce qui existe comme jeux de cartes divinatoires). Mais, aujourd'hui, je pense que la lanterne qui éclaire mon chemin assez chaotique, a clignoté à un moment donné. Sans doute en 2004, où l'envie m'est venue d'écrire un roman, inspiré par ma petite chienne Cannelle, morte la même année, après une longue maladie. Désormais, son âme évolue dans l'au-delà. Pendant quelques années, j'ai cru la sentir marcher sur mon lit, la nuit où à l'aube. Même mon mari, qui dort dans la mezzaline de l'autre chambre, a senti sa présence à maintes reprises. Comme monter les marches de l'escalier ou se frotter contre lui. Pourtant ce dernier a toujours nié non-seulement l'existence de l'âme, mais aussi ce genre de phénomène ! J'ai adoré cette bête, au comportement si humain. Comme on dit bêtement, il ne lui manquait que le langage ; or, ses yeux, ainsi que ses expressions, en disaient très long !
Comme tous les animaux apprivoisé par l'homme, elle nous vouait une véritable dévotion.
Depuis l'édition de mon roman, je crois savoir, de plus en plus, qui je suis vraiment.
Je suis née pour donner, comprendre et aimer.
J'aime tous les animaux et j'ai du mal à comprendre qu'il y ait des êtres assez cruels et barbares, pour les faire souffrir gratuitement, afin d'assouvir leurs bas instincts
C'est un faible échantillon de mes senblables... Tous, sans exception, on le droit de revendiquer - comme tout être vivant sur cette planète, le droit à la VIE, le droit à la LIBERTE, le droit à l'AMOUR et le droit au RESPECT.
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