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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 18:01

......................................................................... 5ème épisode

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Comme au temps du cinéma muet, Christiane, vécut les évènements de mai 1968 en noir et blanc, sans broncher, ni vraiment  s’intéresser. Privée d’amis, loin des préoccupations des jeunes de sa génération, elle n’était pas du genre à revendiquer tout et n’importe quoi, à se planquer derrière les barricades, à squatter les universités transformées en lupanar ou, à jeter des pavés sur les flics, en hurlant des insanités. La pauvre gamine, était bien trop occupée à gérer sa vie, qu’elle traînait derrière elle, telle un boulet. Se faire vomir en cachette n’est pas donner à tout le monde… Du reste, pour elle, s’était devenu un problème de tous les instants. L’appartement étant exigu, les toilettes étaient situées dans l’entrée ; tout à côté du poêle à mazout et de la chambre de sa mère. Le moindre bruit était perçu et, à ce sujet, je ne rentrerai pas dans les détails. Terrorisée à l’idée que sa mère la surprenne, ne sachant comme faire, elle dégueulait son dîner dans un pot de chambre, qu’elle planquait sous son lit. Le lendemain matin, ni vu ni connu, elle ouvrait la fenêtre et jetait le contenu nauséabond qui allait s’échouer sur le terre-plein de la petite cour arrière.

 

De cette révolution, Christiane gardera inscrits dans sa mémoire, le ravitaillement de vivres que faisait sa mère, qui disait craindre le pire. Les piquets de grèves forcées, sous la menace verbale et physique que son beau-père, malgré ses protestations, ne put éviter. Résultat, l’argent ne rentrait plus à la maison et les relations du couple, en patit. Les différends entre Giselle et sa cadette, était devenus journaliers. La mère, les nerfs en pelote, se déchaînait sur l'adolescente, sans pouvoir se contenir. L'animosité  qu'elle éprouvait à l'encontre de sa fille était telle, qu'elle l'empoignait  par les cheveux, en la rouant de coups. En dépit de cette violence, Christiane répliquait vertement, en faisant le maximum pour la provoquer. Ce qui ne faisait qu’accentuer l’hystérie de Gisèle qui ne se contrôlait pas. Folle à lier, elle s’acharnait sur la pauvre gosse, en ne mesurant pas sa force ni la portée de ses actes. Bernard,  pour éviter que sa compagne commette l’irréparable, était maintes fois intervenu.

 

Au regard du charivari et du désordre qui régnait dans les rues de la capitale et dans tous les établissements nationalisées, la date de son C.A.P. – chouette ! – fut repoussée au mois de septembre. La date maudite arrivée, Christiane, dut s’armer de courage pour freiner son émotivité et faire de son mieux. Hélas, elle eut beau solliciter sa mémoire, elle n’avait pas été assez assidue en cours et, bilan : elle rata de peu, l’examen. Sa mère, en lui chantant « Ramona », la traita de bonne à rien, feignante et autres insultes sorties de son répertoire habituel. Le calme revenu, elle se concerta avec son compagnon, pour trouver un remède au problème. Après un long conciliabule, ils décidèrent de l’inscrire chez I.B.M., à des cours d’informatique.

 

Visiblement, le Ricard, ne réussissait pas à  Bernard car, il tomba soudainement malade. Gisèle, décidemment fauchée comme les blés, dut notifier à sa jeune fille, qu’elle devait travailler. « C’est ça, ou tu prends la porte ! » avait-elle rajouté. C’est avec un désarroi non dissimulé, que la jeune fille de dix-huit ans, reçut le message. Tout se bousculait dans sa tête. La menace la faisait trembler d’effroi et c’est désemparée et totalement paniquée, qu’elle se présenta chez son premier employeur, établi à Saint-Ouen. Quel sale quartier… se disait-elle, en tentant de contrôler l’envie qui l’a taraudait ; s’enfuir loin, très loin… Expédiée au service « comptabilité », elle eut affaire à deux femmes qui l’installèrent devant une machine à calculer, en lui expliquant succinctement, le travail qui lui incombait. Tout au long de son mois d’essai, chaque matin, c’était comme si elle se rendait au bagne. Refusant de se confier à sa mère, elle restait hermétiquement fermée et insondable. En vérité, toutes les additions qu’on lui donnait à faire, s’avéraient fausses. Telle un animal effarouché, elle écoutait les reproches des deux comptables, qui ne plaidèrentt  pas en sa faveur.

 

Au terme de ce mois interminable, son employeur, « Les Etablissements GILBERT » lui remit son solde de tout compte, tout en lui exprimant son mécontentement. Elle sortit du bâtiment, le visage inondé de larmes et avec une irrésistible envie de se jeter du haut de la Tour Effel. Christiane, déjà fragilisée par l’intransigeance de sa mère, avait l’impression que le monde s’effondrait autour d’elle. A bout de forces et terrassée par les propos de son ex-patron, elle marchait droit devant elle, sans aucun but. S’estimant seule au monde et persécutée de toute part, ses pleurs redoublèrent d’intensité. Elle était tellement nulle, insignifiante et moche ! Sa mère avait raison. C’était une bonne à rien. Elle finira très certainement clocharde. Cette dernière lui répétait assez souvent ! Mais, qu’était-elle venue foutre sur cette terre ! Mon Dieu, je vous en prie, donnez-moi la force de mourir… Ses sombres pensées et la tourmente dans laquelle elle s’engluait, lui déclenchèrent un immense et interminable chagrin. Sans même porter attention aux gens qui la croisaient, elle déversait des torrents de détresse qui l’étranglaient comme un carcan.

 

Les passants, le regard accroché à sa silhouette chétive, se demandaient sans doute ce qui lui était arrivé, pour quelle pleure ainsi.

 

............................................................................................ A suivre

Bonne soirée et bisous à tous.

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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Commentaires

Que de tristesse dans ce récit !

A cet âge là, moi je naviguais déjà et je préférai mon sort de "galérien" à ce que tu as vécu chère Cannelle !

La mésentante avec ses parents, je l'ai connue aussi, mais pas de cet ordre; comme je voulais "foutre le camp" et que j'ai été reçu à l'école de la marine à 16 ans, j'ai déguerpi ! Mais j'avais pourtant du bonheur à revoir ma Corrèze une fois par an, puis il m'est arrivé de passer trois ans sans y revenir...

Tes problèmes de santé + ces "prises de bec" continuelles auraient pu t'amener au pire !

J'attends la suite...

Commentaire n°1 posté par Sanchez le 08/11/2011 à 00h59

Oui, on ne choisit pas sa famille... Il y a des destinées plus drastiques que d'autres et ça dépend de la fragilité et de la sensibilité de l'individu... Même aujourd'hui, je n'ai pas de quoi irradier de bonheur. Mon seul espoir, mon enfant d'amour, c'est ma petite Fériel...

Réponse de CANNELLE le 08/11/2011 à 10h35

Elle est bien lucide cette petite grand'mère, dommage que ses propos ne reçoivent aucun écho, ni même n'atteignent nos dirigeants. La crise va peut-être, un jour, les obliger à tenir compte des critiques que des gens comme cette dame, font circuler sur le net.
Tout le monde râle, mais personne ne bouge! Il est regrettable que ce texte soit anonyme et si je le fais suivre c'est que rien qui y est dit ne me choque.
Si les grands mères s' y mettent ???

Elles doivent être veuves en plus!!

Je suis fatiguée . J'ai 70 ans. J'ai travaillé, à l'école ; réussi ma carrière sans l'aide de mes parents, fille d'ouvriers j'en n'ai pas honte, mais je m'aperçois que tout va de travers de plus en plus chaque jour. Les semaines de travail étaient longues sans 35 heures ni RTT. C'était comme ça, on s'en plaignait pas vraiment. Je n'ai pas hérité de biens substantiels, ma position professionnelle et sociale ne m'a pas été donnée non plus, j'ai travaillé pour ça.
Au soir de ma vie, je suis fatiguée.

Je suis fatiguée de m'entendre dire que je dois partager ce que j'ai avec des gens qui n'ont pas mon honnêteté. Fatiguée de constater qu'en permanence nos gouvernements,de quelque bord qu'ils soient, me prennent de l'argent pour donner à des gens trop paresseux pour travailler. Bien sûr je veux bien aider ceux que le sort a brutalement frappés : chômage, maladie grave. .
Mais ce n'est pas le cas de la majorité des personnes concernées.
Je suis fatiguée de m'entendre rappeler combien la France va mal, par la faute bien sûr de la droite, et aussi des socialistes (ou apparentés) millionnaires comme Mrs Fabius, Strauss-Kahn (avant la chute), Noah, Berger, Mmes Bouquet, Balasko etc.., fatiguée de recevoir des leçons des mêmes, qui appellent de leurs voix une
France ouverte à tous alors que tant d'entre eux résident à l'étranger pour ne pas payer leurs impôts en France.
Dans 20 ans ou 30 ans, si on continue à les suivre comme on le fait déjà, nous aurons l'économie d'un pays sous développé,
La liberté de la presse de la Chine, la violence du Mexique, et la même intolérance que l'Iran.
Je suis fatiguée du comportement hégémonique des syndicats qui ne représentent pas grand monde mais n'hésitent pas à paralyser tout le pays pour satisfaire des intérêts purement corporatistes, pour beaucoup hors du temps, sans strictement aucun souci du bien de la collectivité.
Je suis fatiguée que notre tolérance vis à vis des autres cultures nous amène à considérer comme normal que l'Arabie Saoudite finance chez nous des mosquées, où l'on prêche la haine de l'Occident, avec les subsides qu'elle tire du pétrole, alors qu'elle proscrit sur son sol la construction d'églises et synagogues.
Je suis fatiguée d'entendre à longueur de temps que je dois diminuer mes émissions de CO2 parce que c'est «bon pour la planète», alors que la Chine inaugure deux à trois centrales thermiques par semaine.
Je suis fatiguée de m'entendre dire que notre tradition d'asile nous oblige à accepter tous les miséreux de la planète et à payer pour eux, même quand ils sont clandestins ou n'ont jamais travaillé ni cotisé un centime chez nous.
Et je suis encore plus fatiguée de constater que nos personnages
politiques, de droite comme de gauche, trouvent apparemment ça très bien puisqu'ils ne font rien pour y remédier quand ils sont au pouvoir, ou approuvent quand ils sont dans l'opposition.
Je suis fatiguée des Français je crois prétentieux, donneurs de leçons, égoïstes, assez lâches et finalement pas sérieux.
Fatiguée de devoir payer des impôts fonciers largement augmentés alors qu'on s'est privé pour payer notre maison et maintenant on paye un loyer pour l 'état !
Je suis heureuse d'avoir 70 ans. Je ne verrai pas le Monde que nous préparons consciencieusement par veulerie, mais je plains sincèrement mes descendants.
Et si vous pensez comme moi alors envoyez ce texte à tous ceux qui pensent comme nous.

Commentaire n°2 posté par Sanchez le 24/11/2011 à 13h03

christiane

  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
  • CANNELLE

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  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
  • Petite autobiographie en famille
  • : LITTERATURE ENVIRONNEMENT CREATION BLOG Vie perso / Journal intime
  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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