Partager l'article ! 1968: ......................................................................... 5ème épisode Comme a ...
......................................................................... 5ème
épisode
Comme au temps du cinéma muet, Christiane, vécut les évènements de mai 1968 en noir et blanc, sans broncher, ni vraiment s’intéresser. Privée d’amis, loin des préoccupations des jeunes de sa génération, elle n’était pas du genre à revendiquer tout et n’importe quoi, à se planquer derrière les barricades, à squatter les universités transformées en lupanar ou, à jeter des pavés sur les flics, en hurlant des insanités. La pauvre gamine, était bien trop occupée à gérer sa vie, qu’elle traînait derrière elle, telle un boulet. Se faire vomir en cachette n’est pas donner à tout le monde… Du reste, pour elle, s’était devenu un problème de tous les instants. L’appartement étant exigu, les toilettes étaient situées dans l’entrée ; tout à côté du poêle à mazout et de la chambre de sa mère. Le moindre bruit était perçu et, à ce sujet, je ne rentrerai pas dans les détails. Terrorisée à l’idée que sa mère la surprenne, ne sachant comme faire, elle dégueulait son dîner dans un pot de chambre, qu’elle planquait sous son lit. Le lendemain matin, ni vu ni connu, elle ouvrait la fenêtre et jetait le contenu nauséabond qui allait s’échouer sur le terre-plein de la petite cour arrière.
De cette révolution, Christiane gardera inscrits dans sa mémoire, le ravitaillement de vivres que faisait sa mère, qui disait craindre le pire. Les piquets de grèves forcées, sous la menace verbale et physique que son beau-père, malgré ses protestations, ne put éviter. Résultat, l’argent ne rentrait plus à la maison et les relations du couple, en patit. Les différends entre Giselle et sa cadette, était devenus journaliers. La mère, les nerfs en pelote, se déchaînait sur l'adolescente, sans pouvoir se contenir. L'animosité qu'elle éprouvait à l'encontre de sa fille était telle, qu'elle l'empoignait par les cheveux, en la rouant de coups. En dépit de cette violence, Christiane répliquait vertement, en faisant le maximum pour la provoquer. Ce qui ne faisait qu’accentuer l’hystérie de Gisèle qui ne se contrôlait pas. Folle à lier, elle s’acharnait sur la pauvre gosse, en ne mesurant pas sa force ni la portée de ses actes. Bernard, pour éviter que sa compagne commette l’irréparable, était maintes fois intervenu.
Au regard du charivari et du désordre qui régnait dans les rues de la capitale et dans tous les établissements nationalisées, la date de son C.A.P. – chouette ! – fut repoussée au mois de septembre. La date maudite arrivée, Christiane, dut s’armer de courage pour freiner son émotivité et faire de son mieux. Hélas, elle eut beau solliciter sa mémoire, elle n’avait pas été assez assidue en cours et, bilan : elle rata de peu, l’examen. Sa mère, en lui chantant « Ramona », la traita de bonne à rien, feignante et autres insultes sorties de son répertoire habituel. Le calme revenu, elle se concerta avec son compagnon, pour trouver un remède au problème. Après un long conciliabule, ils décidèrent de l’inscrire chez I.B.M., à des cours d’informatique.
Visiblement, le Ricard, ne réussissait pas à Bernard car, il tomba soudainement malade. Gisèle, décidemment fauchée comme les blés, dut notifier à sa jeune fille, qu’elle devait travailler. « C’est ça, ou tu prends la porte ! » avait-elle rajouté. C’est avec un désarroi non dissimulé, que la jeune fille de dix-huit ans, reçut le message. Tout se bousculait dans sa tête. La menace la faisait trembler d’effroi et c’est désemparée et totalement paniquée, qu’elle se présenta chez son premier employeur, établi à Saint-Ouen. Quel sale quartier… se disait-elle, en tentant de contrôler l’envie qui l’a taraudait ; s’enfuir loin, très loin… Expédiée au service « comptabilité », elle eut affaire à deux femmes qui l’installèrent devant une machine à calculer, en lui expliquant succinctement, le travail qui lui incombait. Tout au long de son mois d’essai, chaque matin, c’était comme si elle se rendait au bagne. Refusant de se confier à sa mère, elle restait hermétiquement fermée et insondable. En vérité, toutes les additions qu’on lui donnait à faire, s’avéraient fausses. Telle un animal effarouché, elle écoutait les reproches des deux comptables, qui ne plaidèrentt pas en sa faveur.
Au terme de ce mois interminable, son employeur, « Les Etablissements GILBERT » lui remit son solde de tout compte, tout en lui exprimant son mécontentement. Elle sortit du bâtiment, le visage inondé de larmes et avec une irrésistible envie de se jeter du haut de la Tour Effel. Christiane, déjà fragilisée par l’intransigeance de sa mère, avait l’impression que le monde s’effondrait autour d’elle. A bout de forces et terrassée par les propos de son ex-patron, elle marchait droit devant elle, sans aucun but. S’estimant seule au monde et persécutée de toute part, ses pleurs redoublèrent d’intensité. Elle était tellement nulle, insignifiante et moche ! Sa mère avait raison. C’était une bonne à rien. Elle finira très certainement clocharde. Cette dernière lui répétait assez souvent ! Mais, qu’était-elle venue foutre sur cette terre ! Mon Dieu, je vous en prie, donnez-moi la force de mourir… Ses sombres pensées et la tourmente dans laquelle elle s’engluait, lui déclenchèrent un immense et interminable chagrin. Sans même porter attention aux gens qui la croisaient, elle déversait des torrents de détresse qui l’étranglaient comme un carcan.
Les passants, le regard accroché à sa silhouette chétive, se demandaient sans doute ce qui lui
était arrivé, pour quelle pleure ainsi.
............................................................................................ A
suivre
Bonne soirée et bisous à tous.

Le saviez-vous que, avant de me passionner pour l'écriture et la poésie, j'étais une groupie de la danse orientale ; que j'ai exercé d'ailleurs, en tant que
professionnelle.
Au cas où vous seriez interessées par tout ce qui concerne cet art, contactez-moi. Cela me fera plaisir... Tchao !
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