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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 17:02

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 ...................................................................................... 13ème épisode 
 

73… L’année euphorique. Ce fut l’année du grand choc pétrolier. Résultat : une récession mondiale. C'est au cours de cette année, que ma Préférence à moi, décida de changer de boulot en démissionnant de la Caisse de Retraites des Vétérinaires. Son nouvel employeur, fut une caisse de commerçants, située rue Fortuny (Paris 17°), au sein de laquelle, elle fut embauchée au  service « contentieux ». Egalement, ce fut l’année de son premier amour qui, néanmoins, ne fut qu’une première étape dans sa vie amoureuse. Il s’appelait Juste J… et il était natif de Lyon. C’était un paumé, un réchappé de l’assistance publique, traumatisé par les familles d’accueil où il avait séjournées. En l’occurrence, des paysans - soi-disant habilités - à l’éduquer et à l’aimer. Or, Lucifer, en avait décidé autrement car, « ses nouveaux parents », en guise de tendresse et d’amour, lui infligeaient au jour le jour, des traitements indignes d’une vraie famille. Pendant des années, il n’eût d’autre choix que d’accepter les déferlements de violence, agrémentés d’insultes verbales. Tout petit, il fut dressé aux travaux des champs et aux sales besognes, telles que nettoyer l’auge des cochons, ramasser le fumier, etc. Les quelques années de ce régime intensif, avait submergé son cœur de haine et de révolte. Un jour, où il fut cogné à mort, il décida de se faire la belle, non sans avoir auparavant, mitonné des représailles : il incendia la ferme de ses parents nourricier. Son forfait accompli, erra sans aucun but à travers la France, tel un animal traqué. Sa destinée mit les pieds dans le plat car, au cours de son chemin, il un ancien de l’Indochine au passé sulfureux qui lui fit une proposition : loger, blanchi et nourri, en échange de ses bons et loyaux services. Il s’appelait Carlos F. Ce dernier, spécialisé dans la moquette, forma le jeune homme au métier de poseur de moquette.

 

C’est dans ce contexte, que Christiane, fit la connaissance de Juste, un gars en manque d’amour et de stabilité. Ce n’est pas un hasard lorsqu’une fille perturbée et profondément marquée par son enfance, est tout spécialement attirée par ce genre de garçon déphasé et traînant derrière lui un passé douloureux. Christiane, voulut présenter son amour tout neuf, à sa famille. En premier lieu, à sa sœur et à son compagnon qui, manifestement, n’osèrent exprimer le fond de leurs pensées. Cela aurait servi à quoi ? A rien ! Ensuite, elle le présenta à ses parents qui eux, le trouvèrent sympa et charmant. Giselle, attirant sa jeune fille contre sa poitrine, lui chuchota à l'oreille :

« Si tu es heureuse, c’est le principal ! ».

 

Les débuts de leur vie commune furent exaltants. Tout d’abord, tout comme au service militaire, le prince charmant fut passé au crible par les voisins de palier qui cotoyaient la promise. C'est eux qui tranchèrent. L’interrogatoire fut serré. Qui était-il, d’où venait-il, quelles étaient ses vraies intentions… ? Dans son intérêt - le menacèrent-ils – en montant le ton, il serait plus prudent qu’il se tienne à carreau ; sinon… L’ultimatum était significatif. Attention. Ici, tu seras toléré, tant que tu ne feras aucun mal à la petite. OK, mon gars… ? T’as pigé ? Lorsque Juste rapporta son «entretien " à Christiane, celle-ci, en resta bouche bée. A son insu et depuis des années, ceux qu’elle craignait tant, avaient été les gardiens de ses nuits ainsi que de ses jours. Une révélation ! Christiane, non sans une pointe d’amertume, laissa couler quelques larmes d’émotion. Enfin, le passe-droit, avait été obtenu. C’était le principal ! La belle, ayant une âme de « mère Térésa » – quelle garde encore – prit Juste sous son aile. Notre mère-poule, le rhabilla de pied en cape et lui fournit tout le nécessaire de toilette, afin qu’il puisse se garder propre et digne. Une bonne chose de faite ! Ensuite, elle entreprit de lui transmettre quelques rudiments de savoir-vivre. Et ce n'était pas du luxe !

 

De son côté, il lui avait présenté quelques connaissances du Val-D’oise (Ecouen). Franchement, mon Essentiel, était restée circonspecte quant à ce type de relations ;  peu flatteuses ! Juste, n’était pas un mauvais garçon. C’était un gosse en perdition, en carence affective et dépourvue d’éducation et de toute sorte instruction. Il était gentil, débrouillard et serviable. Ce qui gâchait ce peu de qualités, c’est qu’elle le découvrit sournois, menteur, cupide, paresseux, voleur dans l’âme et, sans aucun caractère ; le dernier parlé avait raison !

  

En dépit de tous ces points négatifs, Christiane, à son contact, se fit plus coquette donc plus séduisante, plus abordable et beaucoup plus loquace. "Le vilain petit canard" se métamorphosa en Cygne. Un seul pan de son moi profond restait insaisissable : ses crises de boulimie incessantes et insatiables, qui lui grignotait le cerveau. Juste, soupçonnait-il quelque chose ? Impossible à affirmer. Ce dernier était un fêtard, un bringueur qui levait bien le coude !

 

Jusqu’à présent, l’existence de Christiane, s’était limitée à un combat perpétuel, loin des turbulences et du brouhaha extérieur. Certains diraient « la vraie vie ». C’est ainsi, qu’elle se découvrit un besoin de vivre insoupçonné et intense. Chaque week-end, la belle et son compagnon, écumaient tous les cafés arabes des alentours de la Mairie du 18ème. Le jeune couple était également des habitués du « Refuge des Fondues » à Montmartre et de tous les bars louches de la Porte de Clignancourt, dont la plupart des clients, étaient des marginaux et des prostitués. Ils auront rencontré Jacques Mesrine… (Dieu merci, seulement rencontré !). Ils fréquentaient assidument un bar-restaurant turc, appelé le « Cléopatre », chez qui ils festoyaient et dansaient jusqu’au bout de la nuit, sur les chansons de Joe Dassin, de J. hallyday, de Claude François, d’Iglésias, de Dalida, etc. Nos deux amoureux se couchaient aux aurores, après avoir fait une pause à Pigalle, pour déguster chez « Fritounette », une dernière assiette de frites accompagnée de bière fraîche. Quelle vie de patachon !

Or, indubitablement, il fallait bien que jeunesse se passe !

 

A une heure avancée de la nuit, Juste, suggéra à Christiane, d’aller à boire un dernier verre sur les Champs. Dans une rue adjacente, ils trouvèrent un bar de nuit avec lumières diffuses et ambiance feutrée. Christiane, qui avait pris habitude de papillonner n’importe où et n’importe comment, en provoquant - certes, inconsciemment - le sexe mâle, accepta de danser un slow avec l’un des clients du bar. Un slow - apparemment - sans conséquence. Pas du tout ; qui s’y frotte, s’y pique ! Car, Juste l’ignorait, le patron et tous les clients présents, étaient corses. Attention, pas des faux… d’authentiques corses avec l’accent, les lois, la mentalité, etc. Après un conciliabule, Juste prit Christiane à part afin de la mettre en garde : le patron voulaient la « mettre à l’amende » et il s’agissait d’elle-même ! Et elle savait ce que cela voulait dire, la gourgandine ! Je ne saurais vous expliquer et, cela reste une énigme, comment Juste, l’avorton, réussit à se dépatouiller pour les sortir de cette embuscade. Le principal, c’est qu’ils repartirent sains et saufs. Une fois dehors, Christiane qui avait vraiment balisé, remercia Dieu, en lui promettant de ne plus jouer avec le feu.

 

Cette même nuit, Juste et Christiane, patientait au feu rouge dans leur véhicule, lorsqu’ils aperçurent un petit chien qui traversait les Champs à fond de train. La bête, réellement affolée et perdue, ne savaient pas dans quelle direction aller. Juste, aimait les animaux. Aussi, c’est avec une dextérité impressionnante, qu’il quitta son véhicule pour tenter d’attraper l’animal ; et, il y arriva ! Il revint les bras encombrés d'un petit chien au pelage crasseux et nauséabond qui, visiblement, était aussi affamé, qu’assoiffé. En l’examinant de plus près, à son faciès écrasé, ses petites oreilles tombantes et à sa queue relevée en panache, on arriva à l’identifier. C’était un Pékinois. Pas de temps à perdre : Direction Saint-Ouen. En pleine nuit, Juste s’appliqua à décrasser l’animal dans le lavabo. Le lendemain, le couple se précipita chez un vétérinaire, qui diagnostiqua une grippe. En plein mois d’août ? A part ça, c’était une chienne d’environ un an et en parfaite santé. Sur ce, Christiane, soucieuse de son bon droit, suggéra à son compagnon, d’aller déclarer l’animal au commissariat. Pourquoi pas ? On ne sait jamais ! Les policiers, après leur avoir posé les questions de routine leur avaient tenu un langage surprenant. « Vous l’aimez ? » Le couple avait acquiescé de la tête. Et en souriant, ils avaient rajouté « Et elle, on dirait bien, qu’elle vous aime ! » Alors… ? gardez-là ! ».

 

C’est ainsi que Christiane, récupéra « Pupuce », qu’elle garda et aima comme son enfant, pendant dix ans. C’était une bête incroyable. Intelligente, aimante et reconnaissante. Par contre, elle détestait la solitude et c’est pourquoi, elle était toujours de sorties ; et nul besoin de laisse, car mademoiselle, marchait aux pieds de sa maîtresse, tout comme un Berger allemand. Dans le quartier des Puces, Juste et Christiane, étaient surnommés « Les Amoureux de Pénée». A cette époque, tout baignait… Evidemment, à vingt-trois ans, on s’imagine avoir le monde à ses pieds et on est persuadés de détenir la science infuse ; que l’on peut tout envisager et planifier sa  vie à sa guise. Naïvement, on croit manœuvrer et dominer le destin, conformément aux buts fixés. Petite fille… Attention ! Et comme tu te goures !! Entre nos deux tourtereaux, leur amour si pur, commença à s’altérer lorsque Christiane, lasse de ce garçon trop faible, feignant, et hypocrite, se surpris à le tromper ouvertement.

 

Son dernier forfait - une trahison - avait fait déborder le vase. Alors qu’il était sans travail, Christiane, lui avait trouvé un emploi de poseur de moquettes, chez un commerçant qui avait pignon sur rue. Après un rapide entretien, Juste fut engagé sur champ par le propriétaire des lieux qui, après un mois d’essai, le recruta définitivement. Au fil de leur relation d’ouvrier/patron, une amitié croissante vit le jour. L’employeur n’avait qu’à se louer du travail de son unique salarié ; et, pour lui prouver sa confiance, il lui confia les clefs de sa boutique. L’homme aimait beaucoup le jeune homme. Un week-end, il invita le jeune couple, dans sa maison de campagne. C’était une grande maison bourgeoise très cossue, entourée de plusieurs hectares de forêt. Pendant trois jours, leur hôte et son épouse, les reçurent comme des rois. Ce fut génial ! Tous les plaisirs ont une fin. Un mois passa où Juste, comme chaque matin, se levait pour aller au boulot. Crédule et trop confiante, Christiane, ne pouvait se douter qu’il avait été licencié pour faute grave et que, craignant de lui annoncer, feignait d’aller travailler. En réalité, il passait ses journées à glander et à vadrouiller. La cerise sur gâteau, c’est qu’en plus de cela, il avait dépensé l’intégralité de son salaire. Non content de ne pas subvenir aux besoins du ménage, il avait vidé la tirelire de Christiane, qui débordait de pièces de dix francs. C’est le visage inondé de larmes et en l’injuriant, qu’elle avait harponné le voleur. Le salopard, décidemment de mauvaise foi, jura sur la tête de je ne sais qui, qu’il n'y était pour rien ! Innoçent ?? Les prisons en étaient pleines ! Plus déterminé qu’une armée de bretons, il s’en tint à cette version. Fallait-il qu’il soit obtus et idiot ! Bien sûr, elle n’avait pas de preuves… C’était qui alors ? De mauvais esprits ?

 

La pilule eut du mal à passer. Après tout, ce n’était que de l’argent ! Lorsqu’on aime on ne compte pas ! Revenons à nos moutons. Le licenciement inavoué de Juste. Le fin mot de l’histoire, était le motif pour lequel il avait été viré. Disposant des clefs du magasin, il n’avait rien trouvé de mieux, que de dépouiller son bienfaiteur. Il faut vraiment être pourri jusqu’à la moelle pour faire une chose pareille ! Etre dépourvu de tout scrupule, de toute moralité, pour trahir la confiance d’un ami ; un ami, au cœur aussi gros que le mépris qu’affichait Christiane, à l’encontre de son concubin. C’est scandaleux, dégueulasse ; c’est une honte ! Déplora Christiane, en sanglotant.

 

Permettez-moi de vous signaler en passant, que l’amour est aussi fragile que du cristal de Bohème ; très fragile ! S’il n’est pas basé sur la confiance, l’honneur et le respect de l’un comme de l’autre, il est destiné à s’étioler pour mourir à jamais. En ce qui concernait Christiane et Juste, il était déjà trop tard. Leur amour, rongé à la racine, était moribond. Des sentiments bien présents, que mon Essentil, était incapable d'exprimer verbalement.  Le charme était rompu. Son prince n’était qu’un voyou, un délinquant, dépourvu d’éthique et de gratitude.

 

Ce mec, qui avait pratiquement vécu à ses crochets et à qui elle avait offert une famille, un toit, un foyer, l’avait manifestement  pressée comme un citron et, manipulée telle une marionnette !

  

Et bien, à nous-deux, se dit-elle, en essuyant une dernière larme.

 

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....................................................................................................... A suivre

A bientôt, les blogueurs !

 

 

 

        

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
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  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
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  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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