Partager l'article ! Après... La ruine: ........................................................................................ 11ème épisode ...
........................................................................................ 11ème épisode
Très vite, à "LE MOINE", ce fut la déconfiture. Par le biais du Diable, qui sait… ? Le quotidien était devenu un enfer ; tout s’était désagrégé. Gisèle, pourtant comptable de son métier, s’embrouillait dans les chiffres en confondant « bénéfice et chiffres d’affaires ». Elle-même et son compagnon, étaient devenus les principaux clients de leur propre commerce. Souvent, ivres-morts, dans l’incapacité d’assumer leur travail, ils fermaient boutique pour s’offrir un roupillon comateux, duquel ils émergeaient souvent très tard. Tous les habitants du bourg, ainsi qu’aux alentours, s’interrogeaient sur ces parisiens qui préféraient faire la nouba plutôt que de se mettre sérieusement au boulot. « Ricard » et tiroir-caisse, jouaient au ping-pong,en se renvoyant la balle. Giselle, était devenue irascible et méchante. Les altercations entre elle-même et son concubin, étaient fréquentes. Ils s’engueulaient pour des broutilles et le moindre mot de travers, mettait le feu à la poudre. Monique, la sœur de Bernard, qui débarquait pour de fréquents séjours chez son frère, était devenue le bouc-émissaire de Gisèle, qui clamait volontiers en hurlant « Ta sœur, ta sœur… J’en ai marre de ta sœur ! » Un matin, levée du pied gauche, elle prit la pauvre femme pour cible qui, je le réitère, souffrait d’un grave cancer du colon. Après l’avoir affublé de tous les noms d’oiseaux et adjectifs sortis de son répertoire personnel, elle redoubla de colère en rajoutant qu’elle ne pouvait plus supporter ses jérémiades de comédienne et que la porte lui était grande ouverte. En clair, elle lui pria de faire ses bagages et de disparaître !
Pour Monique, ce fut significatif et surtout, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Sans rien dire, elle s’exécuta, fit ses valises et demanda à son frère de la conduire à la gare de Château-Thierry. En réalité, ce fut un adieu car, ils ne se revirent jamais. Atteinte au plus profond, elle ne pardonna jamais à sa belle-sœur de l’avoir virée comme une malpropre, sans le moindre égard pour ses souffrances. Ceci expliquant cela, elle fit également une croix sur son petit frère Bernard, qu’elle adorait.
Quant à Christiane, ma préférence à moi, de son univers fermé, elle contemplait tout ce gâchis ; le cœur lourd et en imaginant le pire. Les week-ends, ses parents étant trop abrutis par l’alcool, elle prenait le relais en s’installant derrière le comptoir. Si bien, que du vendredi soir au dimanche soir, le bistrot ne désemplissait pas. Tous les garçons de la région venaient pour plaisanter, se changer les idées, jouer au baby-foot et boire de la bière. Christiane, étant toute jeune - et malgré ce qu’elle pensait d’elle-même - était ravissante, attirait la clientèle. Hélas, une fois cette dernière repartie, les volets – irrémédiablement – se baissaient de nouveau.
Gisèle passait ses nerfs sur tout le monde ; même sur sa jeune fille qui, pourtant, l’aidait au maximum. Un dimanche après-midi très ensoleillé, la jeune fille était installée en terrasse en compagnie deux garçons, avec qui elle venait d’engager la conversation. Sa mère, l’ayant surprise dans un comportement - selon sa théorie - indécent, se pointa telle une furie en agressant les deux jeunes et en traitant - au passage - sa fille de putain. Au paroxysme de son délire et écumant de colère, elle lui balança deux beignes magistrales, en pleine figure. Quelle honte ! Les larmes aux yeux, Christiane, partit se réfugier dans sa chambre. Certains alcooliques, une fois pleins, se contentent de dormir. Or, en ce qui concernait Giselle, l’alcool lui montait à un tel point à la tête, qu’elle en devenait redoutable. Entre deux comas éthyliques, le couple « Lefau », fit faillite et dut obligatoirement déposer le bilan. Cette folie, ce semi-suicide, avait engendré le congé – je dirais même mieux, la débâcle - de tous les ex-noceurs.
Résultat : plus un sous en caisse, ni à la banque et des dettes pour des années. Il y eut évidemment une liquidation judiciaire. Le petit appartement de la rue des Rosiers, qui n’appartenait pas à Christiane, fit partie du lot. Les anciens propriétaires, anéantis, récupérèrent - dans un piteux état - leur petit bijou auquel il tenait tant et qu’ils avaient dû vendre, aux fins de profiter d’une retraite bien méritée. Pour eux, vieux et fragiles, le monde s’écoulait. Après avoir dû avaler et digérer les blâmes et les reproches du couple de vieillards, Giselle et Bernard, furent gentiment priés de mettre les voiles. Pour seuls biens, leurs vêtements et quelques objets personnels, indispensables. Redevenus lucides, ils durent faire face à leur désespoir, à leur chagrin, à leur solitude, et tout bonnement, à leurs regrets… Dans une misère noire, il était plus que nécessaire qu’ils se mettent à la recherche d’un logement, pour éviter de dormir à la belle étoile.
En ce début des années soixante-dix, les emplois foisonnaient. Ils ne furent pas longs à trouver un emploi d’aides cuisinier, dans un restaurant pour routiers « L’Auberge Rouge », avec comme gros lot, un logement de fonction. Ne dit-on pas que nous avons tous un Ange Gardien ? Ils disposaient d'une coquette maison d’un étage, d’une cave et d’un garage, en plein centre du village. A l’endroit même ou trônait, comme un pied de nez à leur passé, le bar du village !! Dans la vie, il n’y a pas de coïncidences. Un proverbe est à retenir : « Rien n’est jamais acquis ». C’était descendre bien bas, après avoir eu une situation assise et avoir hérité d’un capital !!
Bye, bye, mes chéris !
............................................................................. A
suivre

Le saviez-vous que, avant de me passionner pour l'écriture et la poésie, j'étais une groupie de la danse orientale ; que j'ai exercé d'ailleurs, en tant que
professionnelle.
Au cas où vous seriez interessées par tout ce qui concerne cet art, contactez-moi. Cela me fera plaisir... Tchao !
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