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Armée française : kapout !!!

Armée : des équipements obsolètes ou hors d’usage

outil-casse

 

Le 30 octobre 2013   (BOULEVARD VOLTAIRE)       

Yves-Marie
Laulan

Ancien président du Comité économique de l’OTAN chargé d’évaluer les ressources consacrées à la sécurité et à la défense des différents pays de l’Alliance Atlantique, il dirige aujourd’hui l’Institut de géopolitique des populations
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Pour donner de l’air au budget des équipements conventionnels de notre armée, faudrait-il mettre à contribution, comme certains le préconisent, les crédits consacrés à la dissuasion nucléaire, voire même y renoncer complètement ?

 

Ceux-là font valoir que ces équipements, hérités de la période gaulliste et de la guerre froide, sont devenus une « vache sacrée » parfaitement superflue sur le plan de la défense. Car il est vrai que l’entretien de nos capacités nucléaires absorbe environ 20 % du budget de nos armées. Cet argent pourrait être mieux utilisé ailleurs. Ainsi, à volume égal, les forces allemandes sont bien plus riches que leurs homologues français dans la mesure où elles ne subissent pas cette ponction budgétaire. Mais quel gouvernement, même de gauche, accepterait le risque politique d’adopter une décision aussi lourde de conséquences, car chargée de symboles, dont celui de la grandeur passée ?

 

Ainsi, c’est faire bon marché de l’élément de prestige et du rayonnement diplomatique attaché, à tort ou à raison, à la possession de l’arme nucléaire dans un monde où des puissances de second rang, comme le Pakistan ou la Corée du Nord, s’en réclament. La France ne dispose pas de tant d’atouts dans son jeu international pour se permettre de se défaire des quelques cartes qui lui restent en main. Car ce n’est certes pas par ses performances économiques qu’elle peut prétendre s’imposer comme partenaire à respecter dans le concert des grandes nations. Autant alors conserver les éléments de prestige que l’on possède.

 

Dans le même temps, les équipements, dont la livraison a été programmée longtemps à l’avance, arrivent la plupart du temps en retard et au compte-gouttes : quinze Airbus A400 au lieu des cinquante prévus, deux avions ravitailleurs au lieu de douze. À ce propos, la capacité de transport d’un appareil M400 est d’environ une compagnie, soit une petite centaine d’hommes, mais sans leur équipement. La mise en service de nos quinze appareils permettrait donc de transporter, au mieux, 1.500 soldats sur un terrain d’opération lointain, mais toujours sans leur équipement. C’est peu. L’opération au Mali a mobilisé trois fois plus d’hommes.

 

De plus, nos forces accusent des lacunes évidentes : aucune arme de destruction des défenses anti-aériennes (SEAD) ; peu de drones pourtant devenus arme de surveillance indispensable. Et encore nos appareils, l’Harfang, au nombre de quatre, sont-ils déjà obsolètes. D’ailleurs, l’histoire de la mise au point de nos drones « made in France » est révélatrice des dysfonctionnements chroniques de nos systèmes politico-militaires, les uns défaisant ce que faisaient leurs prédécesseurs, sans être capables de faire mieux et plus vite. C’est un mal français bien connu. Il faudra, une fois de plus, acheter américain. Ces appareils nous ont fait défaut au Mali pour l’opération Serval. Il manque aussi des avions ravitailleurs en vol, des avions de transport de fret et de troupes, des appareils à hélices anti-guérilla ou de surveillance susceptibles de capter les télécommunications de forces hostiles, etc.

 

Il faudra, une fois de plus, faire appel en cas de besoin aux Américains. Rappelons à ce propos que, sans leur aide, notre intervention en Libye aurait été pratiquement impossible car elle aurait entraîné de trop lourdes pertes chez nous.

 

En conséquence, nous avons une armée dégradée sur le plan des équipements. On peut estimer qu’une forte proportion de nos équipements est en mauvais état, obsolète ou même hors d’usage. La plaie des livraisons aux armées est toujours la même : délais de livraison trop longs et sans cesse retardés, d’où des dépassements de coûts quasi inévitables.

 

Dans ce contexte, nos armées sont encore capables de mener à bien des opérations de courte durée et de faible envergure comme cela a été le cas pour la toute dernière opération Serval au Mali, au demeurant pleinement couronnée de succès. Mais même cette intervention a quand même exigé l’engagement de 3.500 soldats dont 3.000 sont encore sur le terrain pour des actions de sécurisation avec du matériel ancien et en quantité insuffisante. Pour des interventions plus lourdes et plus longues (et plus coûteuses), il faudra de nouveau faire appel à nos alliés américains. Si ces derniers y consentent. Cela devient une habitude.

robert 01/11/2013 16:46


site consacré à l ancienne armée du contingent avec comparatif avec l armée pro actuelle http://soldatducontingent8308.wordpress.com/

CANNELLE 02/11/2013 11:52



Merci. Bonne journée.