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Gendarmerie : le harcèlement sexuel...

« C’est quand qu’on baise ?… fais moi une pipe … » , ou le calvaire ordinaire de gendarmes féminins victimes de harcèlement

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Justice | Le : 31-01-2014

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Le 30 janvier 2014 par Michel Munier

Le 30 janvier 2014 par Michel Munier

 

NDLCA : le titre original de l’article a été conservé. //RO

 

« Les antillaises sont chaudes du cul, elles aiment le cul » … « Ca te dit, un plan à trois » … « C’est quand qu’on baise » … « J’ai envie de te niquer »… « Fais moi une pipe » …, « on s’embrasse sur la bouche ou on se pète les maxillaires ?» … etc … Ce sont ce genre de remarques, sollicitations, menaces et autres pressions que subissent certains personnels féminins dans la gendarmerie, victimes des  avances de harceleurs en képis.

 

.Harcelement

 

L’ADEFDROMIL, dans un dossier en trois volets publie sur son site des témoignages sur le calvaire ordinaire que subissent des gendarmes féminins, saisit de ce problème Madame Najat Vallaud Belkacem, ministre des Droits des femmes, afin que l’interdiction du harcèlement soit enfin inscrite dans le statut des militaires, qu’une politique de prévention soit mise en place et que les auteurs identifiés soient sévèrement sanctionnés et donne des pistes aux victimespour qu’elles puissent prendre des mesures en vue de se défendre contre les harceleurs.

Tous les matins avant d’aller travailler, j’avais une boule au ventre et je me demandais ce qui allait m’arriver aujourd’hui, car tous les jours j’avais le droit à des remarques sur mon physique, des avances, ou encore des blagues à caractère sexuel. Z a formé un petit « clan » à la brigade avec certains personnels. Ils se voient à l’extérieur. Quand Z ne travaille pas, ces personnes me parlent bien et quand il est là, ces personnes vont se mettre de son côté et vont rire de la situation. Je m’entends bien avec d’autres personnes de la brigade qui voient ce qui se passe, mais qui ne font pas attention à cette situation. Ils me remontent le moral quand ils voient que je ne vais pas bien. A plusieurs reprises, quand je demandais à une personne ou à Z s’il avait besoin de moi pour une procédure, l’adjudant prenait la parole et répondait « oui, tiens fais moi une pipe ». Il disait cela en mimant le geste d’enlever son pantalon. Les personnes présentes rigolaient. J’ai toujours eu peur de Z, car il me disait «  tu sais moi je connais du monde et j’ai le colon dans la poche, tu as vu moi je n’ai pas été puni ». Quand il me disait qu’il connaissait bien le colonel du groupement, il rigolait et était content. Il voulait me faire comprendre que je ne pouvais rien faire, car il connaissait le colonel.En même temps que je subissais tout ça, le maréchal des logis chef X me faisait également des avances sexuelles. Lui aussi a commencé à vouloir être gentil avec des grands sourires. Il a commencé par me parler de mon physique en me demandant mes mensurations et en me disant «  tu es bien foutue toi ». Il me parlait beaucoup de mes seins. Il appelait ça «  les rustines ». Il faisait une fixation sur moi. Il me disait  « c’est quand qu’on baise ? ». Tous les jours, il avait une parole déplacée à mon encontre même devant les collègues, il ne se cachait pas. Parfois je m’énervais et je lui disais «  c’est bon ça suffit maintenant ». Mais il ne prenait pas en compte mes paroles. Il me disait «  allez montre moi tes rustines, je suis sûr qu’ils sont bien gros ». En même temps qu’il disait ça, il se mordait les lèvres. Il me demandait mes mensurations. Quand il me parlait de mon corps, il serrait les dents et me disait « j’ai envie de te niquer ». Il ne se cachait pas pour le dire devant les autres collègues …

 

Lire : Harceleurs sexuels dans la Gendarmerie : Un métier d’homme, des satisfactions, des risques limités !

 

Les gendarmes et les autres militaires forment la seule catégorie socioprofessionnelle en France à ne pas être protégée par son statut, contre le harcèlement moral et le harcèlement sexuel, contrairement aux fonctionnaires et aux salariés du secteur privé.

L’Adefdromil a donc décidé de saisir de ce problème Madame Najat Vallaud Belkacem, ministre des Droits des femmes, afin que l’interdiction du harcèlement soit enfin inscrite dans le statut des militaires, qu’une politique de prévention soit mise en place et que les auteurs identifiés soient sévèrement sanctionnés

 

Lire le COMMUNIQUE DE PRESSE : Harcèlements sexuels dans la Gendarmerie

 

Harcèlement sexuel, Les dégâts psychologiques subis sont toujours graves.

Certaines ne parviennent pas à s’en remettre et doivent quitter l’institution. D’autres surmontent momentanément le traumatisme, mais, à terme leur manière de servir s’en ressent, car elles n’ont plus confiance dans la hiérarchie et dans le système qui s’est avéré peu protecteur.

 

Il y a manifestement nombre de dépressions de jeunes femmes militaires provoquées par ces agissements. Mais, personne ne veut livrer les statistiques sur les congés de longue durée pour maladie, position statutaire prévue pour les arrêts de maladie dépassant une durée de 180 jours et résultant de troubles psychiques.

Le président du HCECM (Haut Comité d’Evaluation de la Condition Militaire) a même déclaré le 14 janvier dernier devant la commission de la défense nationale qu’il n’a jamais entendu parler de harcèlement « spécifique à la fonction  militaire ».

 

Vous êtes victime de harcèlement, lire les conseils de l’ADEFDROMIL pour que vous puissiez vous défendre contre les harceleurs : Harcèlement sexuel dans la gendarmerie : que faire ?

 

Michel Munier

Source : armée média