Partager l'article ! Gueule d'amour: ............................................................................................... 9ème épisode ...
............................................................................................... 9ème épisode

Christiane, courait allègrement sur ses vingt et un ans et n’avait toujours pas de petit ami. Ses collègues de bureau, après l’avoir suffisamment «cuisinée», avaient été surprises d’apprendre qu’elle était pucelle. Pu celle que vous croyez ?? Elle était peut-être issue d’une race en voie de disparition… ? Normalement, à protéger !! Toujours est-il que ces dames n’avaient jamais entendu une chose pareille ! Depuis, les réflexions et les quolibets fusaient à tout propos. Etait-ce une tare, une malformation, une déficience sexuelle ou mentale ? Se demandait la jeune fille, désemparée. Néanmoins - ce qui la rassénérait, c’est qu’elle ne se sentait pas du tout attirée par les femmes… C'était déjà ça!! Malgré elle, ce qui avant était loin d’être un problème, désormais, lui prenait la tête !
C'était un dimanche. Christiane flânait dans les rues ensoleillées des Puces, en s'arrêtant de stand en stand. Elle n'avait pas remarqué qu'un vendeur au physique aguicheur, l’ayant repérée parmi la foule, tentait une approche. C'est au moment où toute son attention était rivée sur un bougeoir, que l'individu choisit de l'aborder. A la fois flattée et sous le charme du jeune homme, Christiane, se laissa séduire par son charisme et ses paroles enjôleuses. Ils échangèrent des banalités tout en continuant à marcher. Le beau ténébreux attendit quelques jour pour l’inviter au restaurant. Tout a fait naturellement, le jour dit, il lui suggéra de venir boire un verre chez lui, avant d'aller dîner. Très méfiante, la belle, protesta en lui lançant qu’elle n’était pas le genre de fille à suivre le premier venu, etc. Le garçon, se faisant très persuasif, insista en objectant qu’elle n’avait rien à craindre ! En l’occurrence, manquant ce jour là de perspicacité, ma préférence à moi, abdiqua devant le Diable… Un piège savamment orchestré qui allait la marquer au fer rouge pour le reste de son existence et en l'atteignant de plein fouet dans son honneur et puis, dans son identité de femme.
L’appartement se trouvait au deuxième étage d’un immeuble banal. Sa décoration était sobre et les pièces, spacieuses. Se laissant subtilement embobiner, Christiane la timide, Christiane la prude gamine, eût assez d’audace pour se laisser entraîner, nue, dans le lit de ce garçon, qu’elle connaissait à peine. Au moment crucial, la sonnerie du téléphone se déclencha. Dring ! Instantanément, prenant la tête de circonstance, le jeune homme, répondit illico «Oui, c’est bon ; à tout à l’heure ! ». Ce fut foudroyant. Recouvrant d’un coup ses esprits, Christiane, sentit son sang se figer dans ses veines et n'eut qu'un réflexe, fuire !! Pauvre gourde ! Elle avait servi d’appât ! Incapable de dominer sa frayeur, elle se saisit de ses fringues et, terrorisée, prit ses jambes à son cou en se ruant sur la porte d'entrée. Trop tard… Un tour de clef dans la serrure et, une armada de jeunes dont une fille, surgirent tels des diablotins de leur boîte. Pareils à une horde de fauves affamés, ils se jetèrent sur la jeune fille, en essayant de la plaquer au sol. C’est affreux, la peur… ςa vous tétanise, on claque des dents, le cerveau ne répond plus. Bref, on est plus soi-même. Christiane, obsédée par l’instinct de survie, les jambes coupées, s'époumonnait à hurler en priant Dieu de toutes ses forces. Tentant d’esquiver l’avalanche de coups qui s’abattait sur elle, la malheureuse, déployant tout ce qui lui restait d'énergie, se débattait à force coups de pieds et de dents. C’était un cauchemar ; elle allait bientôt se réveiller... Des mains inconnues parcouraient son corps nu ainsi que son intimité exposée à tous les regards. Elle était cramoisie de honte. C’est avec un ultime soubresaut, qu’elle réussit à se dégager, à franchir la porte et à dégringoler quatre à quatre les marches de l'escalier, au risque de se briser les os. Ils allaient la poursuivre, quand elle entendit un bref « Laissez-là donc partir, cette conne ! ».
Ouf, merci, mon Dieu ! A moitié anesthésiée, elle se rhabilla fébrilement, dans le couloir. Elle percevait encore leurs ricanements et leurs moqueries salaces. Tremblant de tous ses membres, le cœur battant à cent quarante, elle respira une grande bouffée d’air brûlant, en savourant comme un bagnard, ces minutes de liberté. Non. Le monde ne s’était pas arrêté pour autant… Cette fille… quelle horreur ! Elle lui rappelait la rousse nymphomane, alcoolique et totalement cinglée, du film « L’INSPECTEUR HARRY » avec CLEANT HEASHOOD. La femelle, primitive et sans pitié, était l’instigatrice du viol en réunion de deux sœurs dont la plus jeune, à jamais démolie et traumatisée, avait fini dans un asile psychiatrique.
Christiane, choquée, resta assise un long moment sur le trottoir, afin de récupérer et réfléchir. Elle revenait de loin ! Que ceci te serve de leçon… se dit-elle, en pensant à sa mère. Pourquoi l’avait-elle laissée à la merci de ce genre de loubards ? Quand elle sortait à peine de l’enfance ! Ce constat lui déclencha un chagrin insurmontable. Un flot de larmes la submergea sans qu’elle ne pût les contenir. Ce qu’elle éprouvait à cet instant précis, elle n’aurait pu le traduire, ni le peindre, ni le raconter ; mais elle souffrait dans ses tripes. Malgré elle, on l’avait humiliée, salie, souillée. Toutes ces larmes étaient exutoires.
Personne ne devait savoir et personne ne sut jamais.
Bisous à
tous !!
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suivre