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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 14:07

……………………………………………………………………………… 21ème épisode

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Ce samedi soir, la soirée s’essoufflait chez le Docteur Roland C., le concubin de Ginette, la sœur de mon Essentiel. Des amis - très sélects - étaient présents, dont Hans le neveu direct du propriétaire des lieux. Celui-ci avait à peu près le même âge que mon héroïne. Il n’était pas très grand. Cependant, dans l’ensemble, c’était un très joli garçon ; très bien proportionné, viril et musclé. Ginette, n’avait pas son pareil pour organiser ce genre de réunions propices aux tête-à-tête et aux rencontres, ainsi que pour décorer l’appartement – un peu vétuste – de l’avenue de Serbie. Elle excellait dans l’art de la table et cuisinait à merveille. Toutes ces années de vie commune, passées auprès de son ophtalmo, l’avaient métamorphosée. Elle s’était révélée très raffinée et adorait se faire passer aux yeux du tout Paris, pour une femme issue de la vieille bourgeoisie française. Une réflexion toute personnelle : La nuit, par un temps de brouillard, elle aurait pu faire illusion ! A son allure élancée, ses gestes choisis, son physique attirant, son langage de femme du monde et ses manières très snobes, on lui aurait donné – sans confession - le titre de Duchesse ; au moins ! Lors de cette petite sauterie, Madame, paradait, brillait et paraissait, parmi ses sujets. La soirée atteignit son summum, lorsque Christiane, se laissa persuader à  montrer ses seins. « Minou… c’est un jeu ! » lui avait chuchote sa sœur, d’un ton qui se voulait rassurant. Bientôt, hommes et femmes, se retrouvèrent dans la même posture : le buste dénudé ! L’atmosphère, le décor feutré, les lumières tamisées et la musique ambiante, incitait à gommer la réalité. Christiane, serrée tout contre son cavalier, s’enhardit à flirter. Le balbutiement d’une idylle… ? Au terme de plusieurs slows alanguis, Ginette, signifia à ses hôtes que tout avait une fin. Le jeune couple, après s’être échangé leurs coordonnées respectives, se promit de se revoir bientôt.

 

C’est la destinée qui fit les choses. Christiane reçut une invitation à un mariage. Une petite nièce de Docteur C., qui convolait en juste noces. Les festivités avaient lieu à Sète, pas loin de Montpellier, où le jeune Hans, était étudiant en médecine. A l’annonce de cette nouvelle, Juste, ne pipa pas mot. C’est en voiture, accompagnée de Ginette et de son compagnon, que Christiane s’embarqua pour le Sud-ouest. Pour passer la nuit, ils firent une halte en Lozère, dans l’immense maison de famille chargée d’histoire et, un tantinet glaciale ; là où le Dr C. avait passé son enfance. Bien que nous fûmes début septembre, l’hiver, avait déjà une longueur d’avance. Les branches des arbres dénudés se balançaient au rythme d’un vent polaire. Le ciel, d’un gris sombre, donnait au paysage une atmosphère singulière. Le lendemain, après avoir traversé toute l’Auvergne sous un froid drastique, ils arrivèrent à destination. Christiane, en recouvrant son flirt, eut le sentiment que ce dernier était lointain, peu enclin à la conversation et aussi ardent qu’un feu de camp sibérien ! Elle s’était attendu à retrouver un garçon plus souriant, plus attentif et plus amoureux… Le mariage se déroula avec l'étrange intuition de dérager et pas forcément désirée. Après une nuit d’hôtel courte et agitée, c’est le visage ravagé par les larmes, que Christiane quitta celui que néanmoins, elle considérait comme son prétendant.

 

Le retour sur Paris fut pénible. Il faisait frisquet. Frigorifiés, les passagers du véhicule, aux fins d'affronter le climat glacial propre à la Lozère et à l’Auvergne, se lovèrent dans des couvertures. D’ailleurs, chez mon Essentiel, il y avait déjà du chauffage… Au cours des semaines suivantes, déstabilisée et désespérée par le comportement du jeune Hans, Christiane, se rongeait les sangs en se demandant si elle aurait un jour de ses nouvelles et déprimait en silence. « Maladie d’Amour, maladie des amoureux… ». Jusqu’au jour où la sonnerie du téléphone raisonna dans l’appartement. C’était Hans ! Après des banalités, il en vint au fait : il lui proposait de le rejoindre à Montpellier, où il l’invitait à venir passer  une semaine. Enfin ! Elle se sentait mieux. Libérée de ce jouc perpétuel qui lui avait gâché ses jours ainsi que ses nuits ! Un petit mensonge pour Juste, juste un peu contrarié et, ce qui avait été si gentiment proposé, fut concrétisé !

 

Le jeune homme occupait un petit studio situé au centre de Montpellier, pas très loin de la gare où devait arriver Christiane, qu’il accueillit avec des braises dans les yeux. Après un cours trajet en voiture, mon essentiel, eut le plaisir de découvrir le nid où vivait l’élu de son cœur. Petit et spartiate, comme un studio d’étudiant. Tout en lui commentant les lieux et lui parlant de choses et d’autres, Hans, l’attira sans tarder vers le grand lit qui trônait dans un coin de la pièce. D'un geste fébrile, il entreprit de déboutonner son corsage et de dégrafer son soutien gorge. Lorsqu’il saisit entre ses mains la chair laiteuse de ses seins, une onde d’excitation s’empara de la jeune femme, qui se laissa emporter par ses sens. Scotchés l’un contre l’autre, ils roulèrent sur le dessus de lit, tandis que leurs deux bouches s’entremêlait dans un baiser torride. Effleurant sa peau de subtiles caresses, Hans, de plus en plus échauffé, se fit plus téméraire. Il renversa sa compagne sur le dos et, lui attrapant les lèvres, s’introduisit entre ses cuisses. Et ce fut l’acte exquis ; là ou l’homme pénètre la femme, qui s'abandonne et se soumet sans concession, au plaisir. Au moment crucial où la météorite magique et ourlée d’osmose s'apprêtait à exploser, Christiane perçut la voix embrumée de son partenaire, qui répétait  «Une femme… Comme c’est bon, une femme !! ». Prise de stupeur et d’indignation, la jeune femme, se dégagea immédiatement. « Finalement, n’importe laquelle aurait fait l’affaire ! ». A mille lieux de sa maladresse, Hans, étonné, lui demanda ce qu’elle avait. « Rien. » lui répondit-elle. Un long moment, elle resta à côté de son amant, réfugiée dans ses pensées. « N’était-elle qu’une femme, à ses yeux ? Un simple corps de femme, bon à soulager ses bas instincts de mâle ; des besoins primaires ? ». Christiane eut alors un doute sur la véritable raison de sa présence à Montpellier. Cette question obsédante s’immisçait dans son esprit : L’aimait-il, ou bien... l’utilisait-il ??

 

Ce déplorable épisode passé et ses doutes estompés, la confiance revint. Hans était un garçon gentil. Il lui fit visiter la ville de long en large. Elle découvrit la Méditerranée, les Flamants Roses, les vastes étendues spécifiques à la Camargue où galopent des troupeaux de chevaux sauvages. Elle prit des tas de photos, en occultant toutes ses incertitudes. Ils s’étaient aimés des nuits entières. La semaine était passée telle un éclair. Pour fêter son départ prévu le lendemain matin, Hans, l’invita à dîner dans un bon restaurant.

 

Confortablement installés prés d’un feu de cheminée, Christiane et Hans, dégustaient leur apéritif, sans qu’aucun des protagonistes décrochât un seul mot. Le jeune homme, se contentait de dévisager sa compagne, en avalant quelques gorgées de son jus de fruits. C’est manifestement embarrassé, qu'il ébaucha un léger sourire et  qu’il finit par se décider à ouvrir la bouche. Et là, il lui déversa le contenu de sa besace (en guise d’amuse-gueule…) « Tu sais, il va de soi que je t’aime beaucoup ; comme une sœur… ». Commença-t-il. Christiane, figée,  faillit s’étrangler en avalant de travers. «Nous avons fait un petit bout de chemin, ensemble… A présent, il est temps que l’on se quitte ». La tête lui tourna. « C’est comme ça la vie ! Enchaîna-t-il, en lui coupant la parole. « Elle est constituée de rencontres, de hasards et d’expériences… » Consternée par les propos du jeune homme, inconcevables quelques minutes auparavant, Christiane, se retrouva sans voix. Trop sonnée pour répliquer, comme estropiée, elle était vraiment à cours d’arguments. Elle acquiesçait en dodinant de la tête, sans  lui exprimer son indignation quant à cette façon extrêment cavalière, de la larguer. Profondément indignée, elle s’efforçait de résister à l’envie impérieuse de le gifler et de s’enfuir à toutes jambes, vers la sortie. Stoïque et se gardant bien de la regarder en face, Hans, continuait son topo. Elle sursauta. « Sur le plan du physique », continua-t-il, « tu ne me corresponds absolument pas » Le temps de s’éclaircir la gorge, il reprit son autocritique. « Tes jambes sont beaucoup trop longues par rapport à ton buste !». Il ne manquait plus que ça ! Le mufle… Les yeux écarquillés, elle le dévisagea. Comment osait-il ? Mise à part le fait de la déprécier telle une tranche de romsteak, il en rajoutait en l'humiliant sciemment. C'était de la provocation ! D’ailleurs… lui répliqua-t-elle, entre deux vannes, "Dis-moi, Hans, l’Amour, le vrai… t’y connais quelque chose ? Rien !! Toi…Tu baises ; point ! En plus, qu’est-ce que le physique à voir avec les sentiments ? Cette fois, le garçon retomba dans son mutisme. - Quelle enflure, quel salopard ! Fulminait la belle, en son for intérieur.

 

En fin de compte, elle avait eu raison sur toute la ligne. Son intuition, toute féminine, ne l’avait pas trompée !! Il s’était servi d’elle, comme il se serait servi d’une prostituée !! A peu de chose près, que mon héroïne – question tarif - n’avait pas été exigeante. Un silence gêné, propice à la méditation, s’était installé entre les deux antagonistes. Ils quittèrent l’établissement sans prendre de dessert ; chacun, prisonnier des ses propres pensées. Cette dernière nuit, Christiane, enfouie contre le papier peint du mur, déversa toutes les larmes de son corps.

 

Le lendemain matin, à l’aube, Hans la raccompagna à la gare, visiblement soulagé de se débarrasser de cet objet trop encombrant. Le cœur lacéré, les traits tirés par une nuit blanche, Christiane rejoignit son compartiment. Ce garçon, dont elle s’était entichée lors d’un soir de faiblesse, l’avait jetée tel un kleenex. Une fois installée sur la banquette, elle resta prostrée des heures, anéantie par la cruauté du destin.

 

Longtemps, elle en resta meurtrie et ébranlée dans son honneur.

 

Il lui arrive parfois de se remémorer ce court épisode de sa vie, noyé dans les méandres d'un chemin parsemé de déconvenues, d’embuches et de chagrins. Elle se redessine les traits de ce Hans, dépourvu de tact et de diplomatie. Elle se le représente en notable de province respecté de tous, marié à une femme aux jambes courtes et avec une multitude de bambins turbulents qui se chamaillent et courent dans les couloirs immenses d’une maison bourgeoise.

 

De retour à Paris, Christiane se révéla irascible, mortifiée et le cœur saccagé. Ne supportant plus grand monde, elle se dit qu’elle en avait ras la casquette, des remontrances de son concubin : Juste "la ventouse, le Piranhas…" En fin de compte, de prises de bec en prises de bec, elle songea sérieusement à le quitter. « Monsieur », prenait des airs de maître de maison qui l’agaçait au plus au point ; et, inexorablement, au cours de ces derniers mois, leurs rapports s’étaient dégradés plus vite que le T.G.V. ! Ce dernier, mandaté pour une pose de moquette dans un hôtel de luxe situé à Beyrouth, au Liban (en guerre) devait s’absenter quinze jours. Ma gni fi que !! Une aubaine… Se dit Christiane. C’était maintenant ou jamais ! A son retour, les bras chargés de présents, il arriva la bouche enfarinée. Le rite des retrouvailles terminées, il prit sa compagne à rebrousse poils, ce qui généra une mise au point orageuse. La belle, très perturbée par la fin tragique de sa dernière aventure, exigea qu’il parte sur le champ. S’estimant chez lui et dans son bon droit, Juste, repoussa l’invitation.

 

C’est en le menaçant d’appeler les flics que mon Essentiel chassa son concubin hors de chez elle, avec tous ses effets personnels, qu’elle balança sur le palier.

 

Ceci fait, elle lui claqua la porte au nez, en déplorant d’avoir gâché cinq années de sa vie.

 

Bon débarras !

 

………………………………………………………………………….. A suivre

 

A plus, les blogueurs !

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
  • CANNELLE

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  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
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  • : LITTERATURE ENVIRONNEMENT CREATION BLOG Vie perso / Journal intime
  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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