Partager l'article ! La Cour des Miracles: .............................................................................. ...
Ma préférence à moi, avait été lésée et ceci, par la seule faute de sa mère. Par son inconscience et à son imprudence face à l’avenir. Et le destin, en s’en mêlant, avait statué. Sans appel !! Quant à la vente dudit appartement, certes, inclus dans la liquidation judiciaire, il était loin d’être vendu ! En attendant, Christiane, en gardait la jouissance. C’était légitime… Après la déchéance de ses parents, mon Essentiel, fut confrontée de nouveaux problèmes insolubles : ceux du compteur d’eau collectif à l’immeuble du 97, rue des Rosiers. Un soir où Christiane avait avalé une quantité considérable de nourriture, elle prit d’asseau comme d’ab, ses toilettes. Après s'être faite vomir copieusement, jusqu’à vider – autant faire ce peu – son estomac, elle tira la chasse d’eau ; toujours comme d’hab. Et quelle ne fut pas sa surprise… Pas d’eau !! Pas plus aux robinets qu’ailleurs. Consternée par ce phénomène inexplicable, elle descendit en trombe dans la cour, vérifier l’arrivée d’eau. Rien ; plus une goutte ! Mon Dieu, quelle guigne ! Qu’allait-elle devenir ? Elle, qui déversait des kilos de bouffes par jour, dans les W.C.… Comment allait-elle s’y prendre… ? Si ma mémoire est bonne, c’est à partir de ce jour là, à marquer d’une pierre blanche, que s’amorça une guerre inextricable.
Le pot de fer contre le pot de terre : Le syndic des copropriétaires, les locataires, ainsi que la Compagnie des Eaux de Saint-Ouen. Tout ce petit monde allait s’accuser mutuellement en se renvoyant les responsabilités. L’immeuble que Christiane habitait, était en si mauvais état et si insalubre, que les propriétaires ne s'y logeait surtout pas. Ils préféraient de loin louer leurs taudis à de pauvres bougres originaires du Maghreb et d’Afrique noire ; ce qui leur permettait de passer au travers des frais de copropriété. Et c’est ainsi que le cercle vicieux se mettait en place. C’était incontournable. Le Syndic, en attente de ses sous, coupait tout ce qu’il pouvait couper. En l’occurrence, l’EAU, une denrée si précieuse !
Ce qui aurait arrangé la principale plaignante, dénommée Christiane, c’est que l’on supprime le compteur collectif, contre des compteurs individuels ; ce qui était inenvisageable ! L’entrée de l’immeuble, à elle seule, aurait rebuté n’importe quel occidental. Ses boîtes aux lettres défoncées et la puanteur ambiante, barbouillaient les estomacs les plus coriaces. Mon héroïne, les soirs d’hiver, terrorisée à l’idée d’avoir à franchir l’interminable coupe-gorge, pointait un cent mètres jusqu’à la « Cour des Miracles » et, le cœur sur le point de se décrocher, elle gravissait les quelques marches menant à son refuge comme si elle avait été poursuivie par un tueur en série. C’est le souffle court et soulagée d’être intacte, qu’elle fermait sa porte à double tour. Ainsi barricadée, elle s’espérait en sécurité.
Solitaire et délaissée, la jeune fille, vécut les trois premières années à Saint-Ouen, avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête. Toutes les nuits, sur l’écran noir de ses nuits blanches, elle se voyait agressée, tuée à la machette, violée et que sais-je, encore ! Certes, le contexte où elle vivait n’était pas banal et même, rarissime ! Une française de souche, une Gauloise, qui vit parmi des africains, sans trouver ses marques et sans revendiquer son droit à l’assimilation. Ce n’était pas croyable ; non ? L’image peu favorable que sa mère lui avait donnée des Nord-Africains, lors de la guerre d’Algérie, lui revenait sans cesse en mémoire. Telle une petite fille perdue, elle ne pouvait se douter qu’elle affabulait car, en fait, ses voisins étaient des non-violents.
Pour en revenir aux coupures d’eau, elles avaient lieu au moins quatre fois par an et durait environ deux longs mois pendant lesquels, Christiane, s’organisait comme elle pouvait. Elle se procura des seaux pour s’approvisionner chez Monsieur COUDY, le patron du restaurant, situé juste à bas de son immeuble. Le brave homme, compatissant au malheur de son prochain, branchait à une heure dite de la journée, son propre conduit d’eau sur celui de la cour. Ainsi, Christiane, soucieuse de sa personne, pouvait faire sa toilette correctement, laver son carrelage et sa vaisselle et, l’essentiel… Verser des seaux d’eau javellisée dans la cuvette des W.C. « Quelle vie de merde », se disait-elle souvent, en se démenant pour écrire à droite et à gauche : au Maire, au Préfet, à la Cie des Eaux, etc. Inutilement, puisque ceux-ci, se montraient résolument sourds et muets !
Afin de se faire entendre, elle avait frappé à toutes les portes. Elle en était à son énième courrier, quand une petite voix lui insuffla une idée géniale : Adresser un courrier à France-Soir, en dénonçant les conditions de vie scandaleuse dans lesquelles ses compagnons d’infortune et elle-même, était condamnés. Une inspiration qui donna ses fruits… Un journaliste lui répondit. Dans tel numéro, paraîtrait d’ici peu, un article objectif et concis, accompagné de son courrier et ce, afin d’accuser les pouvoirs publiques ! C’était une goutte d’eau dans la mer ; oui ! Or, dans cette jungle qui est la nôtre, on gagne à combattre et à se défendre. Car, un matin, la mairie fit installer une citerne d’eau potable, juste devant l’immeuble. L’inertie, concilier, n’était pas le genre de mon essentiel. A son âge, elle faisait déjà preuve d’un fort caractère ! Ce fut un petit pas pour Christiane la fonceuse, la battante ; et une enjambée pour les autres locataires…
"La Cour des Miracles", c’est ainsi que l’on surnommait l’immeuble dans tout le quartier. Dites-moi, pourquoi l’appelait-on ainsi ; la « Cour des Miracles » ? Une appellation qui rappelait forcément l’un des romans de Marquise des Anges. A un moment donné, Angélique, se retrouve par accident dans la cour des miracles, une population essentiellement peuplée de mendiants, de pauvres hères, d’éclopées, de voleurs, d’assassins… Tous ces personnages, vivent, copulent, mangent, boivent et dorent, dans un climat de suspicion malsain truffé de maladies et au sein duquel, malgré tout, règne l’entraide des uns envers les autres. Pour nous, les habitants, la comparaison était-elle flatteuse ? Nous étions très loin de ces interrogations. La célèbre cour du 97, rue des Rosiers, servait à tout : à jeter ses détritus par les fenêtres, à égorger des volailles, à tuer le mouton lors des fêtes religieuses et, l’été, pendant les grandes chaleurs, à se réunir entre africains, ; pour se restaurer, chanter et danser, sur les rythmes percutants et assourdissants des tam-tams.
Lors de ces festivités, il était hors de question et j’ajouterais qu’il aurait été kamikaze que Christiane proteste en se cassant la voix, pour leur crier « vos gueules là-dedans !! » Inutile. Le folklore et les rites faisaient la loi. La loi de l’Afrique noire, de ses effluves, de ses coutumes et de ses mélopées !
Pendant ce temps, or vacances, Christiane restait terrée dans ses appartements en n’osant à peine respirer et surtout, se gardant bien de déranger !
Ciao, mes chers lecteurs !
................................................................................................. A suivre

Le saviez-vous que, avant de me passionner pour l'écriture et la poésie, j'étais une groupie de la danse orientale ; que j'ai exercé d'ailleurs, en tant que
professionnelle.
Au cas où vous seriez interessées par tout ce qui concerne cet art, contactez-moi. Cela me fera plaisir... Tchao !
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