Il est dit que le soulèvement breton menace de s'étendre au reste du pays. Le peuple vient de prouver, que s’il le veut, il a le pouvoir de se faire écouter et surtout de ne pas accepter des lois qui le soumettent à des contrôles abusifs et à des taxes du fait du prince. Le peuple ne peut plus attendre les promesses et passe à l'action en détruisant par le feu quatre portiques écotaxes et des radars de circulation.

 

La mise en place de nouvelles taxes sur les transports sur le dos de l'écologie révèle un problème structurel lié à l'Union Européenne et qui débouche sur de la corruption. Les citoyens, eux, voient leur qualité de vie se détériorer depuis 30 ans et réalisent que les gouvernements successifs, PS ou UMP, ou que Bruxelles, n’agissent pas en leur faveur. Stéphane le Foll, trois jours après la déclaration de suspension de l'écotaxe, vient pourtant d'exprimer ce dimanche lors du « Grand rendez-vous » organisé par iTélé, Europe 1 et Le Monde, la volonté du gouvernement de remettre en route l'écotaxe, risquant de mettre de l'huile sur le feu.

 

Preuve du danger du diktat européen. Dès 1995, de simples citoyens d'outre Rhin avait regardé avec émerveillement le mot d'ordre général de grève qui avait bloqué la France entière durant plusieurs jours, jaloux de voir les Français pouvoir s'exprimer dans la rue. En Allemagne, pays pris constamment en modèle par nos élites françaises et dans nos médias officiels, pays qui dicte la bonne conduite à la zone euro, la grève est indirectement interdite dans le privé et surtout directement dans l'administration. « Des blocages comme en France ne sont pas envisageables ici. Une entreprise qui bloque va être traînée devant les tribunaux et met sa survie en jeu », explique Adolf Zobel, un des dirigeants de la fédération des transporteurs routiers BGL dans l'Opinion. Les Français seraient-ils donc disposés à ne pas obéir aux lois européennes et à cette Europe qui détruit leur nation ? Car la tarification de l'usage des infrastructures routières est un principe défini à l'échelle européenne et consacré par le Grenelle de l'environnement. C'est en 2005, sous l'initiative du gouvernement SPD et Vert, que les portiques de l'écotaxe ont été mis en place en Allemagne, toujours sans l'avis des citoyens. L’État allemand, lui, a pu instituer cette nouvelle taxe sans se heurter à une révolte de son peuple et sans la destruction d'un seul portique. Le Président allemand du Parlement européen, Martin Schulz, SPD, va-t-il mesurer la colère française ?

 

Écotaxe élargie et contrôle des déplacements. Aujourd'hui, cette écotaxe en Allemagne, après avoir touché les camions, menace de toucher aussi les voitures. Des discussions au niveau politique ont lieu actuellement dans le cadre de la grande coalition pour taxer les voitures des pays voisins qui traversent le pays, ce qui serait un premier pas pour rendre les autoroutes allemandes payantes. Les portiques sont de nouveaux péages qui pourront toucher tous les véhicules mais qui permettent aussi d'enregistrer tous les déplacements des personnes privées. C'est bien plus que les transporteurs qui sont concernés. Depuis la mise en service des portiques portant le nom d'écotaxe en Allemagne, toutes les plaques d'immatriculation et tous les véhicules sont enregistrés. Officiellement, les photos des véhicules qui ne sont pas sujet à l'écotaxe seraient effacées. A plusieurs reprises, les pouvoirs publics d'outre-Rhin ont évoqué les cas de soupçons terroristes ou le cas d'automobilistes touchés par des procédures pénales pour pouvoir traiter les données issues des portiques.

 

Corruption et opération juteuse sur le dos des citoyens. Nous avons actuellement l'instauration d'un marché très juteux pour la société Ecomouv', filiale d'Autostrade per Italia, qui a pour partenaires Autostrade (liée à l’entreprise suisse Rapp Trans AG qui est arrivé dans le marché de la zone EU en 1992 par l'achat de la société Regionalplan GmbH à Lörrach, en Allemagne), SFR, la SNCF, STERIA et THALES (pour les marchés de la défense et de la sécurité, de l'aérospatial et du transport). Selon le rapport du député Fabrice Verdier, enregistré le 27 mars 2013 par l'Assemblée nationale, « le contrat de partenariat avec Ecomouv’ conclu le 20 octobre 2011 a une durée de 159 mois, soit 13 ans et 3 mois, dont 21 mois de déploiement et 11,5 années d’exploitation. Au terme du contrat, l’ensemble du dispositif est remis à l’État ». Le même rapport explique que 280 millions d’euros annuels sont versés comme loyer au prestataire Ecomouv’et souligne des critiques dénonçant que 20 % du produit global de la taxe iront à une société commerciale dont l'objet, d'un point de vue strictement juridique, est de faire du bénéfice et de le redistribuer entre ses actionnaires. Des soupçons de corruption viennent aussi entourer la signature de ce contrat en raison des liens commerciaux entre Autostrade et Rapp Trans AG, qui conseillait l’État français sur le dossier de l'écotaxe. Et Le Parisien cite en plus une anomalie lors de la procédure d'attribution de l'appel d'offres. A la découverte des ces informations, l'élan de révolte de la population ne peut qu'être conforté. N