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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /Jan /2010 19:35

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.............................................................................. 16ème épisode

 

En ce beau samedi d’Eté, les Puces étaient bondés. Christiane, seule, la tête encombrée d’idées noires, nettoyait la cuisine de fond en comble en attendant la visite de Francesca, sa meilleure amie. Elle était toute à sa tâche lorsque, soudainement, un malaise indéfinissable s’empara de son corps. Les battements de son cœur s’emballaient comme un cheval fou, ses jambes se dérobaient sous elle et ses bras, comme coupés, étaient sans ressort. Alors, qu’elle tentait de résister, un violent vertige la fit vaciller. Ses tempes, telles deux étaux qui lui comprimaient la tête, battaient à tout rompre. Au bord de l’évanouissement, elle fit appelle à toute sa volonté et tout ce qui lui restait d’énergie, pour se traîner jusqu’à sa chambre et se laisser choir sur son lit ; non sans avoir eu le réflexe d’entrebâiller la porte d’entrée… Puisque son amie devait passer !

 

  Une fois la tête posée sur l’oreiller, son cœur s’emballa d’avantage, comme s’il allait s’extirper de sa poitrine. Aux frontière de la folie, paniquée par ce phénomène inexplicable, sa vue se brouilla d’un coup, ses oreilles se mirent à siffler et ses deux mains, pareilles à deux feuilles ballottées par vent, furent prises de tremblements convulsifs. Alors qu’elle ne voyait plus rien et que sa respiration se faisait de plus courte et oppressante, elle voulut crier au secours, protester… or, ce fut le choc ; aucun son ne sortait de sa bouche. L'impression d’être enveloppée dans un linceul glacé, lui confirma ce qu’elle redoutait tant : elle allait mourir. C’est en cet instant précis et obscur qui dura quelques fractions de seconde, qu’elle vit sa courte vie défiler sur un écran invisible et, dans ses moindres détails. Un ressenti, une vision diffuse, inextricable et inaccessible aux convictions rationnelles des vivants…

 

Sans Francesca qui, la découvrant dans un état second, courut prestement chercher de l’aide auprès de sa sœur Danièle, je ne saurais présentement affirmer, si mon Amérique à moi, serait encore de ce monde aujourd’hui. Le Docteur Roland C., accompagné de sa jeune compagne, ne tarda pas à arriver au chevet de la malade. Son diagnostique fut le suivant : Crise de spasmophilie. Rien d’alarmant… Toute de même ; très spectaculaire et, peut-être… mortel ??? Non… ? Allons donc ! La rassura son presque beau-frère, en rigolant. Quelques doses de calcium en intraveineuses et, il n’y paraîtra plus ! Pas de quoi fouetter un chat ! Et, tous les deux, ayant certainement mieux à faire, repartirent comme ils étaient venus.

Christiane se retrouva à nouveau seule.

 

Dès lors de cette horrible crise, qui fut la seule à être aussi impressionnante, quarante-six années se sont écoulées. A l’heure actuelle, vous pouvez me croire, Christiane n'a pu oublier ce ressenti, ce sentiment de mort, qui avait duré un laps de temps impossible à définir. Comme si le Créateur avait tenu à lui adresser un message, à compter de ce jour, elle n’eut aucun doute en ce qui concernait l'existence de Dieu et la vie éternelle.

 

Les mois qui suivirent furent une longue descente en enfer. Christiane fut mise en longue maladie. La hantise des crises l'obsédait. Elle n’avait jamais été aussi mal-en-point. Des maux de tête lancinants tambourinaient dans sa tête, des diarrhées pouvant s’assimiler à la dysenterie, la vidaient jusqu’à l’épuisement. Minée physiquement et psychologiquement, elle se laissait couler dans une lente léthargie ourlée de souffrances non exprimées, de révolte contenue et d’une extrême solitude affective. Finalement, son organisme reflétait tout ce qui la grignotait de l’intérieur. Son âme, se découvrant malheureuse et incomprise, encourageait son corps à se révolter. Ce que Christiane ignorait, c’est qu’elle incitait ce corps à s’indigner, sitôt qu’elle repensait à sa mère. Elle avait commis l’impardonnable, l’irréparable. Un sacrilège. Elle avait plus que levé la main  ; elle l’avait frappée ! Elle n’avait de cesse de se repasser le cout-métrage de la terrible altercation, en passant en revue tout ce qu’elle aurait dû faire ou, ne pas faire. Elle ne vivait plus. Elle survivait dans la crainte que la fameuse crise refasse surface aux quarantièmes rugissant, pareille à un tsunami dévastateur.

 

Un soir d’hiver, alors qu'elle marchait dans la rue, elle tomba raide et inerte sur le trottoir,  devant le restaurant de Monsieur Coudy. Ce brave homme, bon et charitable qui avait tant fait pour elle et ses voisins… Quelques passants se précipitèrent pour la ramasser et la relever. Or, son damné corps se pensait obligé de lutter, en se cabrant et en retombant sur le bitume ; et comme lors de chaque crise, cela se finissait par de tels martellement dans le crâne, qu’elle avait envie de se taper la tête contre les murs !

 

Un samedi, la crainte obsédante de souffrir d’un cancer du colon, se faisant plus obstinée, elle se présenta aux urgences d’un hôpital du dix-huitième arrondissement de Paris. Elle eut affaire à un spécialiste des intestins qui l’ausculta sur toutes les coutures et qui l’interrogea sur sa vie présente et passée, sa famille, ses antécédents, etc. Ce que l’homme diagnostiqua, parut inacceptable aux yeux de sa patiente mais, sans discussions possibles. Le médecin fut catégorique. Son mal, imaginaire, était d’origine nerveuse et psychique ! Les yeux ronds comme des billes, elle allait insister, quand celui-ci l’arrêta d’un revers de mains. « Assez, Mademoiselle ! Vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! » Et sur ce, il la reconduisit vers la porte de sortie. Alors… que faire, quand on est une cérébrale ??

 

 Juste, pleinement occulté par sa compagne et peut-être, soucieux de son état alarmant, entreprit une démarche peu commune. Par bêtise ou par altruisme, il proposa à Didier D., le petit ami de Francesca, de prendre soin de sa femme malade. En clair, il lui demandait de meubler ses après-midis, en la sortant ou l’emmenant déjeuner au restaurant ; et pourquoi pas à l’hôtel, pendant qu’il y était ! Ce qui fut préconisé, fut non-seulement avalisé, mais aussi, concrétisé. Didier, arriva d’ailleurs en conquérant près à se dévouer et à s’investir, jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Celui-ci, prenant sa nouvelle fonction au sérieux et par souci de perfectionnisme, s’octroya et je dirais même, s’empara de la belle…

 

 Juste, le simple d’esprit, sans se douter le moins du monde de ce qui se tramait à sa barbe, avait cédé sa bien-aimée au plus offrant. A Didier, qui avait les moyens de la faire parler, mais aussi de l’éblouir, en lui jetant de la poudre aux yeux. Quelle femme ne craquerait pas devant des cadeaux et des déjeuners dans des restaurants prestigieux…? Bonne stratégie, car le beau Didier, arriva à ses fins. En réalité, il distribuait du vent, en simulant l’écoute et la compréhension. Il s’efforçait de conseiller, de rassurer et de réconcilier Christiane avec la vie. Mon essentiel, pensant avoir trouvé l’oiseau rare, habilité à la choyer et à la comprendre, se laissa dériver sur des flots veloutés emprunts de délicatesse et d’élégance.

 

Progressivement, le méchant loup manipula le petit chaperon rouge qui se laissa piéger et dévorer, sans même protester !

 

 Bye, bye, les blogueurs !!

................................................................................. A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
  • CANNELLE

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  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
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  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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