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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 16:02

………………………………………………………………..................... 82ème épisode

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C’est avec soulagement que Christiane vit arriver la fin des vacances. Des vacances coûteuses imprégnées d’amertume et de félonie. Inutile d’insister sur l’empressement de Lola, pour rejoindre les bras protecteurs de son amant, le double de "simplet". De retour au foyer, Didier, pourtant peu expansif, rapporta à son épouse, les propos diffamatoires de Jo. Ce dernier, tout en calomniant Christiane en termes fleuris, lui avait vivement conseillé de la plaquer. Et puis Mireille, sa douce amie sur laquelle elle aurait tout misé ; elle avait confié à son ex-mari, que sa femme, était une emmerdeuse. Et elle avait enchaîné - Tu ne dois rigoler tous les jours !!! Quelle bonne amie, me direz vous... « Pas très bon pour le moral… ».

 

Le couple et leur fille, Roselyne, venaient à peine de poser leurs valises dans le couloir menant à leur appartement, que le téléphone retentissait dans la maison. Christiane se précipita. - Allo, oui ? C’était Tarik, le père légitime de Roselyne, qui invitait la mère et la fille, à le rejoindre à Deauville, au « Normandie », l’un des hôtels les plus somptueux de la ville.- Encore… déplora Christiane en son for intérieur. A ce moment précis, une vague de sombres souvenirs investit son mental si fragile. De tout son être, elle haïssait cette ville de « Richards » de pacotille où elle avait pleuré des rivières et erré sans but dans les rues… Tarik, la pressentant dubitative, réussit toutefois à la persuader en lui précisant qu’il avait réservé une chambre à deux lits ; pour elle-même et la petite. Et, la connaissant, il lui précisa « N’aies crainte ; y’ pas de lézard… ». La saison étant presque terminée et le temps étant morose, Christiane, pensa qu’après ces quelques semaines éprouvantes passées à Djerba, ce séjour serait un palliatif. Néanmoins, un obstacle de taille, se présentait à elle. De plus, celui-ci n’ayant pas manqué une miette de la conversation, les traits de son visage s’étaient automatiquement assombris. Levant le ton, il tenta d'émettre quelques timides objections, que la jeune femme balaya d’un revers de main. Celle-ci ne fut pas longue à influencer son mari, qui n’avait jamais su affirmer son caractère, en sachant rétorquer un « NON » franc et énergique. Son point de vue était néanmoins sensé et sage !

 

Le lendemain, Didier, affichait une mine contrariée. Il avança la voiture à sa dame qui tenait sa fille par une main et de l’autre, Cannelle, « Pif le chien ». La petite famille installée, le carrosse démarra pour Deauville. Au cours du trajet, Christiane, ne cessa de focaliser sur les propos de Tarik, qui lui avait juré par tous les Dieux « Qu’il n’y avait pas de lézards… ». Et s’il avait menti… ? Et si son but était de l’attirer dans ses filets… ? Non, décidément, elle pressentait un traquenard et des doutes de plus en plus précis, lui enserraient l’estomac.

 

Finalement, Didier se gara dans le parking du célèbre hôtel de luxe, à l’architecture typiquement normande. On emboîta les pas de Didier qui se dirigeait vers la réception. Christiane n’en menait pas large… - Monsieur ? - Bonjour, une chambre devrait avoir été réservée au nom de Mme D… Le type parcourut des yeux les quelques pages d’un registre noir et, l’air confus, releva la tête et, posant les yeux sur son interlocuteur - Non, Monsieur, je suis désolé… Didier, dissimulant sa déception, adressa un regard furax vers sa femme et, sans se démonter, enchaîna en sollicitant une chambre pour deux adultes, dont un enfant et un chien. Pendant ce laps de temps, Christiane, l’esprit torturé et mal à l’aise, s’approcha du bar au décor cossu, ainsi que de ses grands fauteuils en cuir, dans lesquels il ferait bon de s’arrêter. Des clients, leur verre posé sur une table basse, discutaient entre eux. Des éclats de voix et des rires fusaient. Dans ce salon au décor somptueux, il se dégageait une espèce de torpeur protectrice qui faisait fantasmer la jeune femme. Didier, l’a rappela à la réalité.

 

La chambre au papier peint avait le confort d’un quatre étoiles. Des miniatures de « Eau de Roche » avaient été déposées dans un petit panier, près de la baignoire. Dehors, il pleuvait des cordes. On se serait cru en novembre. Christiane, n’avait jamais connu cette ville autrement que balayée par les vents et plombée par un ciel de traine, qui faisait dégringoler le moral à moins zéro. Le soleil, la chaleur et les joies de la baignade, s’étaient ingéniées à la bouder. Pourtant, lors de périodes caniculaires, Deauville, n’avait pas fait exception à la règle… Une question de malchance… C’était diabolique ! Il était 19 heures, lorsqu'elle elle entendit frapper à la porte. C’était Tarik… Le couple échangea un regard où la surprise se mêlait au scepticisme. Le père de Roselyne, d’un naturel désarmant, se tenait debout et bien dans ses chaussures. Rien dans son aspect ne dénotait un quelconque malaise. Il tendit la main à Didier, comme s’il l’avait quitté la veille, embrassa Christiane, prit sa fille dans ses bras et se baissa pour me faire une rapide caresse.- bon, tout va bien ? Vous prenez un verre… ? Je vous attends dans le hall… Didier, se contenta d’acquiescer d’un signe de la tête. Intérieurement, il bouillait mais, le courage lui manquait pour exiger des explications, quant à une attitude aussi désinvolte qui frisait la forfaiture.

 

L’homme, détenait l’art et la manière, de manipuler les gens. Sa bonhomie, son apparente souplesse arrangeante, son bagout, son savoir-faire de l’arnaque qu’il avait appris sur les champs de courses, le rendait redoutable. Il était très persuasif et n’était pas avare en promesses de toutes sortes. D’une nature chaleureuse, il souriait volontiers et savait s’accommoder de toutes les situations. Evidemment, Didier, face à un tel individu, ne faisait pas le poids !

 

Christiane, calée dans son fauteuil et perdue dans ses réflexions, savourait son kir au Champagne. Une seule pensée l’obsédait ; comment allait-elle se dépatouiller de cette situation… ? Serge et Tarik, échangeaient des banalités tournées sur la vie, la petite ou, le « bizness ». Sur ce sujet, il était intarissable et très imaginatif. Tout en étant attentionné et à l’écoute, il paraissait ailleurs. Parfois, il esquissait un sourire malicieux dont on se demandait si c’était « Du lard ou du cochon ». Soudain, il se leva de son siège et proposa d’aller dîner au Casino.

 

Arrivés sur place, Tarik poussa le portique sans hésiter. C’était un habitué des lieux ; ça sautait aux yeux ! Le personnel, pourtant révérencieux, le tutoyait. C’est d’une voix ferme qu’il fit la commande. Toute de suite, il orienta la conversation sur son vice : le jeu. Ses exploits, ses duperie, ses gains, tel ami qui était restaurateur, les saoudiens, etc. Rien de très passionnant ! Ca meublait ; c'est tout ! D’autant plus que Didier ne pensait qu’à une chose : Qui allait payer la note ?? Un moment, Tarik quitta la table pour aller discuter avec un « pote », comme il disait. Il s’éloignait déjà, quand Didier, remonté contre sa femme, la fusilla du regard. – Tu ne vois pas qu’il a qu’une seule idée en tête ! T’attirer dans son lit ! A ton avis, pourquoi n’a-t-il pas réservé de chambre ? Hein ?? Christiane, le regard étrangement vide, ne répondit pas. Cependant, elle savait que son mari avait raison. Tarik était un être calculateur et vindicatif. Jamais il ne lâcherait l’affaire ; jamais ! Jamais, il n’admettrait qu’une « truffe » de français, ait pu lui voler son bien : sa femme et sa fille ! Alors que, comme beaucoup d’hommes, il avait fait en sorte de la perdre… A présent, s’agissait-il, d’honneur, de possession ou d’amour ?

 

Le lendemain, de bon matin, Didier repartit sur la Capitale. Il avait fait quelques approches vers sa femme, qui était restée volontairement sourde à ses appels de détresse sexuelles. D’où, un vif sentiment de jalousie, qui l’avait laissé éveillé tout la nuit. La douloureuse du restaurant de la veille, avait été pour sa pomme. Comme d’habitude ! Il l’avait d’ailleurs, en travers de la gorge… Christiane, enfin seule avec sa fille et moi-même, qui m’était arrogé les deux oreillers de ma maîtresse, regardait la pluie fouetter les vitres des fenêtres. Depuis les vacances, son intestin la faisait souffrir ; à un tel point, qu’elle ne gardait rien dans l’estomac et qu’elle se vidait jour et nuit. j'observais la tristesse de son regard, lorsqu’elle s’avança avec un coton imbibé d’un produit rouge. Doucement, elle me retourna sur le dos et s’attela à soigner les croutes purrulentes que j’avais sur tout le corps. Une tâche qu’elle renouvelait plus fois par jour. En fait, suite au séjour de trois semaines passées chez la « mamie gaga » à laquelle elle m’avait confiée, elle avait retrouvé une bête bouffée par les puces et les allergies. Je posai sur mon Amérique à Moi, un regard alangui, ourlé de reconnaissance. Je me laissais faire car, je savais, que c’était pour mon bien… Etrangement engourdie par cette démonstration irréfutable de tendresse et d’amour, je sombrai à nouveau dans un sommeil de plomb.

 

Les deux jours suivants, Christiane, affaiblie par des diarrhée récurrentes, dût faire appel à un médecin. Ce dernier, mandaté par le réceptionniste de l’hôtel, ne tarda pas à frapper à la porte de la chambre. Après l’avoir examinée et lui avoir posé quelques questions, il prit une ordonnance sur laquelle il griffonna un traitement efficace qui devrait, lui affirma-t-il, la remettre rapidement sur pied. Christiane lui rendit un timide sourire. Sur ces mots, elle remercia le médecin et ce dernier partit, s’enveloppa frileusement dans ses draps.

 

Au cours de ses deux jours, Tarik, les avaient laissées pratiquement seules. Le soir, mon Essentiel, dînait à l’hôtel avec sa fille ; et moi, je restais dans la chambre où le maître d’hôtel me montait une gamelle royale, composée de riz et beefsteak haché. Tarik, tout en se faisant rare, avait déployé toute sa stratégie. Cependant, Christiane, bien que malade, savait ce qu’elle ne voulait pas. Malin comme un singe, il l’avait attirée dans sa chambre et ainsi mise au pied du mur, elle s’était échappée. Indéniablement, une seule pensée l’obsédait : la reconquérir et sa fille, avec !!! Christiane tenait bon !     L'homme, apparemment résigné, ne montrait rien de son ressenti. En carence d’affection et d’une épaule virile sur laquelle s’épancher, Christiane, avait tendance à s’épancher sur le sort de celui qu’elle avait tant aimé. Or, elle n’avait pas le droit ! Elle ne pouvait jouer avec le destin de sa fille, comme lui-même misait des fortunes à la roulette, aux courses ou au cercle. Pourtant naïve, elle savait que Tarik était conforme à celui de jadis et qu’il ne cherchait – inconsciemment peut-être – qu’à se venger de Didier et plus tard, d’elle-même, qui avait eu l’outrecuidance de lui être infidèle et l'apothéose, le partir avec un autre !

 

La nuit suivante, Didier, revint inopinément. Il fit irruption dans la chambre en vociférant et, comme fou (fou d’amour) immisça ses mains sous la chemise de sa femme qui, la voix tremblante d’émotion, l’éconduit en se débattant désespérément ; car, objecta-t-elle, la petite dormait ! Il resta un instant sans rien dire, comme surpris. Un court silence où Christiane se lova contre ses oreillers en ayant la ferme intention de dormir. Une attitude qui fit sortir Didier de ses gongs. Stop ! Il en avait assez de passer pour un pigeon. C’était simple, il allait demander le divorce ! Encore ?? C’était une manie chez lui ! Un gag ! Ceci dit, il repartir en claquant la porte ! Christiane, trop lasse, se sentant submergée par le désespoir, ne fit rien pour le retenir. La tête enfuit dans ses oreilles, elle se contenta de sangloter, jusqu’à ce qu’elle s’endorme.

 

Le lendemain, la pluie avait cessé. Vers midi, Didier, réapparut sans faire allusion à ses menaces de la nuit passée. Sans aucun commentaires, il se chargea de nos bagages, paya la note « salée » de l’hôtel et, en route pour Paname !

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Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
  • CANNELLE

PRESENTATION

  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
  • Petite autobiographie en famille
  • : LITTERATURE ENVIRONNEMENT CREATION BLOG Vie perso / Journal intime
  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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