Partager l'article ! Vive la vie !: .................................................................................. 17 ème épisode ...
.................................................................................. 17 ème épisode
Malgré elle, (??) mon absolu était devenue la maîtresse de Didier D. Tout le monde sait que les murs ont des oreilles et des antennes. Ceci expliquant cela, le marchand de tapis et moquettes qui avaient pignon sur rue, juste en bas de chez elle, se chargea de vendre la mèche à Juste. Comment l’avait-il appris ? Dieu seul le savait ! Le téléphone arabe… ? Très certainement. Les mauvaises langues sont toujours friandes d’histoires croustillantes ! Juste, l’unique fautif qui avait tout provoqué, rentra un soir furieux et vociférant sur sa compagne. Il ne manquait pas d’air !! Qui sème le vent, récolte la tempête !! Qu’est-ce qu’il lui avait pris à cet imbécile heureux ! Est-ce que l’on pousse celle que l’on prétend aimer dans les bras du premier venu ? Après quelques empoignades intempestives et autres propos scabreux, le jeune couple se résolut à trancher en faisant la paix et en mettant Didier au placard. Juste, finit par admettre qu’il avait joué avec le feu et se persuada que cette légère incartade, était due à un égarement passager. Christiane, en guise de consolation se souvint de l’adage suivant :
« Dès qu’un homme s’imagine être intéressant, il cesse de l’être… ».
D’autant plus, qu’une bonne nouvelle venait de sortir de la boîte aux lettres : Giselle et Bernard étaient de passage à Paris. Christiane n’en croyait pas ses yeux. Sa mère, après des mois et des mois de silence, manifestait ses regrets et son chagrin, à sa fille. Ce qui était plus efficace que n’importe quel traitement de tous les psys du monde !! Un élixir magique ! Cela faisait un bail qu’elle n’avait pas ressenti une telle délivrance et un tel bonheur. Elle était transformée, métamorphosée… et ça se fête ! affirma-t-elle à son compagnon en lui adressant un large sourire. Du coup, mon Essentiel, parfaitement requinquée, en émergeant d'un coma profond, se sentit pousser des ailes. Tout d’abord, elle concrétisa une idée qui lui trottinait dans la tête, depuis pas mal de temps. Elle présenta sa démission à son employeur, la Caisse de Retraites des Agents Immobiliers, rue Fortuny, où elle travaillait depuis trois ans. Après mûre réflexion, elle avait postulé pour un poste de secrétaire, au sein d’une grande société Holding, dont le siège se trouvait à la Défense.
Comme les bonnes résolutions n’arrivent jamais seules, Gisèle rouge d’émotion et en larmes, serra sa cadette contre sa poitrine en sollicitant son pardon. Au cours de l’apéritif, elle lui annonça avec une mine catastrophée, que l’appartement de la rue des Rosiers, devrait se libérer avant la fin de l’année car, la liquidation judiciaire était en route. Aucune importance ! Répondit Christiane, absolument pas contrariée. De toute façon, les arrivées de gaz étant raplapla depuis le fameux incendie, il n’était pas envisageable que Juste et elle-même, passe l’hiver sans chauffage ! Ils déjeunèrent en famille chez Monsieur Coudy. Jeanne, tout en étreignant sa cadette, lui confia que pendant des mois, elle avait été sujette à des crises similaires appelées « spasmophilie » et qu’elle avait dû être hospitalisée. Une telle similitude, n’était pas croyable ! Logique : les retrouvailles furent arrosées au-delà du raisonnable et chacun s’embrassa en se promettant de se revoir au plus vite.
Dès le mois d’avril de cette année là, le temps fut anormalement chaud. Dans l’appartement minuscule, situé sous les toits composés de plaques en tôle, la chaleur était suffocante. Le couple mangeait et dormait avec un atomiseur d’eau fraîche à portée de la main. Christiane, reçut enfin une réponse à sa lettre de candidature, dans laquelle il lui était proposé un entretien d’embauche. Paris/La Défense, avait été construite aux abords de Puteaux. Une multitude de tours disparates qui rappelaient celles de New-York, surgissaient de toutes parts en semblant mordre le ciel. D’immenses espaces verts, enjolivés de parterres de fleurs multicolores et une architecture d’avant-garde, donnait le sentiment d’avoir été propulsé dans un film de science fiction. Tout l’ensemble, avec ses statuts loufoques et ses tours en construction, avait immédiatement impressionné et enjoué la jeune femme. Le siège de la société, « La Saga » - dont le PDG portait un nom prestigieux « Eric de R. » - s’était établie Tour Atlantique, pas très loin du R.E.R. et du « CNIT. » Après avoir traversé l’esplanade, Christiane, franchit un portique qui s’ouvrit automatiquement. A la fois épatée et subjuguée par le décor somptueux et moderne, elle se dirigea directement vers l’hôtesse d’accueil qui lui indiqua les ascenseurs. L’entretien et les tests auxquels elle fut soumise, se déroulèrent sans problèmes. Le salaire et la date d’embauche furent discutés et conclus. Mon premier, dépassait largement les précédents et mon second, fut fixé au seize août 1976.
L’année de la terrible canicule. Une canicule infernale où chaque jour qui se levait, était conforme au jour d’avant et, chaque lendemain qui s’annonçait, était semblable au jour suivant. Le ciel, d’un bleu intense, dépourvu de nuages, ne laissait présager aucun signe d’un hypothétique orage ou averse. Partout en France, l’eau était rationnée et les agriculteurs, les premiers concernés, déploraient cette mesure drastique, en se lamentant sur le manque de pluie et en dénonçant à l’avance, le marasme économique qui allait suivre. Les soirées s’étendaient jusque tard dans la nuit. Tous les vendredis, Christiane et Juste s’empressaient de préparer leur « baise en ville » et de prendre la bagnole, pour rejoindre Giselle et Bernard. Cela leur faisait prendre un bon bol d’air « frais », affirmait Giselle. Dans le patelin, l’ambiance était festive. Tout le monde se connaissait. Le soir du 14 juillet, ce fut la totale, sur le plan des débordements de tout genre. Toutes les occasions étaient valables pour Gisèle et Bernard, ainsi que pour le jeune couple, de rejoindre le bar du village accolé à leur domicile (Facile, pour retourner chez soi, à pieds…). La majorité des clients, ayant obligatoirement – on le comprendra aisément - le gosier sec et en pente, prenaient d’asseau la petite terrasse, afin d’étancher leur soif au plus vite. On trinquait, chacun en payant sa tournée ; et puis on trinquait à nouveau ; à ce superbe Eté, à l’amour et à la vie qui nous paraissait sereine, imperturbable, merveilleuse et prometteuse en rebondissements.
En ces années soixante-dix, toutes les folies et tous les délires, étaient permis. La tiédeur des nuits échauffaient les esprits et déliaient les langues. Les mois se succédant au rythme des pays chauds, les français, tout en scrutant le firmament, s’interrogeaient. Non sans une pointe d’inquiétude, les gens se demandaient si le ciel d’un bleu inconditionnel, redeviendrait un jour ce qu’il avait toujours été : lunatique, capricieux et imprévisible. De tout temps, les êtres humains, infiniment petits, n’ont-ils pas levé les yeux vers le firmament en implorant les Dieux de leur accorder telle ou telle chose ou, en les conjurant de bien vouloir les épargner. (De quoi ? de la fin du monde… ?) Les peurs viscérales de l’Homme, confronté à l’inconnu, au mystérieux et, à tout ce qu’ils n’arrivent pas à contrôler…
Le matin du seize août – un lundi – Christiane et Juste, durent se lever à cinq heures du matin, pour remonter sur Paris. Pour Christiane, il n'était pas envisageable qu'elle arrive en retard à la Défense, pour sa première journée de travail. Le moins que je puis dire, c’est que son arrivée dans les bureaux, ne passa pas inaperçue. Les hommes la suivirent du regard et les femmes, la dévisagèrent en s’échangeant des petits sourires complices. Christiane fut présentée à ses collègues du service comptabilité. Le travail n’était pas compliqué ; plutôt cool. Ravie, pétillante et remplie de bonne disposition, elle se sentait tel un poisson dans l’eau. Le lieu, la clim, tous ces bureaux ouverts à l’américaine, l’atmosphère, ses collègues… ; il n’y avait rien à jeter ! Les regards des employés ne la perturbaient pas. Elle adorait s’afficher et être regardée. Les œillades parfois impudiques de certains collègues mâles, la flattaient et du reste, elle prenait un malin plaisir à aiguiser la jalousie de ces autres collègues féminines.
Comme le répétait souvent Bernard, son beau-père,
« Au diable les varices ! Que le docteur les soigne ! ».
............................................................................................. A suivre

Le saviez-vous que, avant de me passionner pour l'écriture et la poésie, j'étais une groupie de la danse orientale ; que j'ai exercé d'ailleurs, en tant que
professionnelle.
Au cas où vous seriez interessées par tout ce qui concerne cet art, contactez-moi. Cela me fera plaisir... Tchao !
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