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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 19:18

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.............................................................................................................. 18ème épisode

 

Fin août, Ginette, proposa à sa petite sœur, de l’héberger dans un studio meublé qu’elle possédait dans le 18ème arrondissement. Ceci, dans l'attente d'un nouveau toit… Le petit appartement de Saint-Ouen devant être vendu incessamment sous peu et, l’automne et l’hiver, faisant partie des hôtes qui s’imposent et s’installent du jour au lendemain, Christiane et Juste, durent se résoudre à déménager au plus vite. Le destin y était pour quelque chose : Leur poêle fonctionnant au gaz, il était désormais impossible pour eux de se chauffer car, je le rappelle, les pompiers avaient écrasé les conduites de gaz. C’est avec joie et reconnaissance, qu’elle avait accepté l’offre de sa sœur. Après avoir retiré le nécessaire - hormis les meubles - du 97, rue des Rosiers, ils emménagèrent dans ledit studio qui était « trop sympa ». Rien à voir avec St-Ouen !! Christiane se réjouit de retrouver le quartier de son enfance. La rue du Poteau où se trouvait le marché, qu'elle écumait chaque dimanche matin, pour approvisionner toute la famille. La rue du Ruisseau où elle était pour ainsi dire, née. L’Eglise Sainte-Hélène, rue Championnet, où elle avait été baptisée et avait fait toutes ses communions, la rue Ordener, la rue Bergot où demeurait jadis, sa grand-mère… Et la rue des Poissonniers, tout près de la But Montmartre, là où elle avait appris son métier de secrétaire. Un quartier dit populaire, aux alentours duquel grouillaient toutes sortes de gens aux valeurs simples et, atypiques. Les odeurs, particulièrement riches et variées, lui remontaient aux narines. Les cris et les pleurs des mômes, si réceptifs le soir, les petits bars arabes qu’elle affectionnait tant et puis, cette chaleur humaine que l’on ne trouvait nulle part ailleurs ; et qui lui avait tant fait défaut ! Comment avait-elle pu vivre éloignée de tout cela !

 

En ce début de septembre 1977, l’Eté était plus que jamais présent et presque aussi chaud que lors des mois de juillet et août. En quittant St-Ouen, Christiane, s’était promis de tirer un trait définitif sur une partie de son passé : Patrick, Didier et Francesca. Surtout avec cette dernière - qui lui en voulait à mort - au point de l’avoir incriminée, comme si elle avait été la seule fautive ; La seule à être responsable de son courroux ! « L’homme propose » elle aurait dû s’en rappeler ! Son ex meilleure amie, avait un tel degré de haine à son encontre, qu’elle la dénigrait ouvertement et, s’il lui arrivait de la croiser dans rue, elle faisait mine de ne pas la connaître. Faut pas pousser, pensait Christiane. Je n’ai ni tué ni volé… Et puis, Didier, est en grande partie coupable ; et, entre-nous soit dit, quel homme est assez vertueux, pour que l’on se brouille avec sa meilleure amie… ? Dites-moi pourquoi les femmes doivent toujours porter le chapeau !! Hélas, Francesca, d’origine sicilienne du côté de son père, avait pris le partie d’honorer les coutumes de là-bas : la vengeance !! Qui est d’ailleurs mauvaise conseillère ! Il était donc nécessaire qu'elle tournât la page.

 

Curieusement, de venir habiter dans le 18ème, avait rapproché Christiane de sa sœur. Gigi venait fréquemment les voir ; surtout en fins de semaines. Juste,avait plus ou moins accepté d’héberger – avec l’accord de Christiane - un de ses copains, appelé « Gaby » - un garçon adorable, respectueux et poli que sa soeur, avait pris en sympathie. Tous les quatre, bras dessus et bras dessous, allaient dîner dans un des nombreux restaurants de la rue Caulaincourt et ensuite, ils prenaient le taco en direction du « BALAJO », rue de Lape. Entre chaque spectacles de travestis, ils se déchaînaient sur la piste, jusqu’à l’heure de la fermeture. Bien sûr, c’est Ginette qui régalait… Christiane, bien que continuant à se faire vomir autant qu’elle le pouvait, semblait plus épanouie. Elle resplendissait.

 

A vingt-sept ans, elle n’était pas franchement belle ; je dirais qu’elle était plutôt jolie et attirante. En dépit de sa petite taille, elle était admirablement proportionnée et, comme on aime à le dire communément, « elle avait ce qu’il fallait où il fallait ! ». Sa plastique était parfaite et, son grain de peau, était satiné et lumineux. Ses jambes, très effilées, la faisaient paraître plus grande aux yeux des gens. Son visage aux traits enfantins, était rehaussé d’une chevelure auburn, lâchée sur ses épaules ou relevée en chignon ; ce qui laissait entrevoir un cou gracile et une peau de pèche. Mon absolu, savait se contenter de ce que Dieu lui avait donné. Elle avait l’art et la manière de se mettre en valeur, suivant sa morphologie. On la complimentait fréquemment sur sa silhouette et son joli visage immature. Une anecdote assez cocasse : dans la station de métro « Simplon » qu’elle prenait chaque matin pour aller travailler, un jeune homme la croisant, se laissa distraire pas ses traits. Apparemment subjugé, il continua son chemin  en se retournant sur sa silhoute. C'est ainsi, que décidément trop absent,  il se prit un mur en pleine poire… C’est la guichetière qui, tout en rigolant de bon cœur, lui avait rapporté la scène. Pour tous ceux qui fréquentait Christiane, cette dernière respirait la joie de vivre et la santé. Tous, hommes et femmes, ne pouvaient imaginer ses drames familiaux et quels étaient ses maux. La boulimie qui la forçait à vomir plusieurs fois par jour, avec tout ce que cela comportait d’astreintes, pour masquer cette « tare ».

 

Beaucoup l'affirmait. Christiane, était un mannequin en miniature ; une sorte de poupée Barbie un peu moins surfaite et moins apprêtée. Elle ne provoquait pas les aventures amoureuses. Sans s'en rendre compte, elle charmait et captivait certains et en ensorcelait d’autres, sans pour autant le vouloir. De son apparence, il transperçait une belle aura. En outre, sa grâce naturelle et sa spontanéité, enjôlaient les jeunes comme les vieux. Toutefois, à cet époque, il n’était pas concevable qu’une fille fasse des avances à un garçon ; ce qui était très mal vu. Une femme devait se laisser conquérir et désirer, en s’abstenant d’allumer ou d’aborder. Un comportement qui était réservée aux prostituées !! Par ailleurs, elle refusait de se considérer comme responsable de son succès qui le plus souvent, la conduisait vers des situations embrouillées. A la SAGA, elle avait forcément été confrontée à la jalousie féminines ; tout comme chez ses deux employeurs précédents.

 

Dieu merci, elle s’était liée d’amitié avec d’autres collègues, telles qu’une dénommée «Mona». Une fana de Marylin Monroe, dont elle se glorifiait de ressembler. Mona, dont le physique faisait jaser à tous les étages, était une blonde platine très maquillée, qui jouait de ses lèvres pulpeuses ainsi que de sa poitrine généreuse toujours moulée dans des pulls style années cinquante. Ses jupes droites, étroites et fendues, épousaient à merveille ses fesses rebondies, qu’elle dandinait en marchant d’un pas incertain puisqu'elle était toujours perchée sur de très hauts talons. Une des règles de la physique qu’elle ne maîtrisa pas.. Harnachée de tout son cliquant, elle s’amusait follement du regard des autres. Elle adorait jouer les ingénues, en battant des cils et en se déhanchant au maximum. Dans l’ensemble, elle était plutôt attirante et extrêmement sexy. Ce qui attisait les mauvaises langues ; surtout celles des femmes ! Vulgaires, mauvais genre, inconvenante… et je tiens à rester poli ! Tous les adjectifs les plus viles du dictionnaire, ne cessaient de la dépeindre comme une fille facile. Et ce, sans se poser la question essentielle : qui se cache sous cette Marilyn de pacotille ?? Toujours cette fameuse étiquette indélibile… Pourtant, – je peux en témoigner - comme collègue, elle était sincère, serviable et si attachante ! Christiane l’aimait comme une sœur.

 

C’est elle, qui lui présenta Confusius, un type qui travaillait dans une société partenaire de la Holding Ma préférence à moi, en tomba follement amoureuse. Un cœur d’artichaut ? Probablement. Ses neurones s’emmêlaient les crayons, entre l’amour vrai et l’attirance physique. Or, pour apprendre les rudiments de la vie et connaître les hommes, ne faut-il pas auparavant, se faire les dents ? Bien sûr… parfois à ses dépens ! Confusisus, un homme de quinze ans son ainé, était divorcé et ne manquait pas d’expérience, sur le plan des conquêtes féminines. Christiane, aveuglée par l’intensité de ses sentiments et, infiniment crédule, se laissa piétiner le cœur. Le caractère de l’homme, était celui d’un être cruel et sadique, qui se délectait de la souffrance féminines. Celui-ci, pourvu d’un pouvoir de séduction redoutable, prenait plaisir à la torturer et à l’humilier. Ses victimes n’avait pour seule défense, que leurs larmes et leurs crises de désespoir. « Ne fais pas à autrui ce tu ne voudrais pas qu’on te fît » ; explicite ! Le vendredi soir, particulièrement, elle rentrait très tard au studio ; souvent, au petit matin. Un jour, sans oser prévenir Juste, elle découcha. Ce dernier, traumatisé rien qu’à l’idée qu’elle en aime un autre, remua ciel et terre. Jusqu’à Ginette et son docteur, qui arrivèrent à la rescousse. Penaude et repentante, la coupable n’eut pas le courage d’avouer la vérité son compagnon, qui goba sans sourcilier ce qu’elle voulut bien lui inventer. Après quelques mois de cette vie de « débauche », elle se contraignit à couper les ponts avec cette passion dévastatrice qui la rendait irascible et plus dépressive que jamais !

 

C’est en ravalant son chagrin, qu’elle apprit que la S..., souscrivait au « un pour cent patronale ». Renseignements pris, elle sollicita un rendez-vous auprès l’Assistante Sociale de l’Entreprise, qui la reçut avec beaucoup de compréhension. Christiane, conformément à sa demande, lui soumis de A à Z et dans tous ses détails, les déboires subis à Saint-Ouen. L’entrée délabrée, la vétusté de l’immeuble, les privations d’eau, l’incendie, les pompiers, etc. Son histoire terminée, elle ravala sa salive et se racla la gorge. Après s'êre accordé un moment de concentratio, la femme, Mme… lui proposa qu'elles se déplacent ensemble jusqu’à St-Ouen, afin de confirmer sur papier, les dires de la jeune femme. Arrivées sur place, ce que pu constater l’assistance sociale, la laissa sans voix. C’est en s’indignant, qu’elle prit acte de l’état des lieux - appartement compris- et que hors d’elle, elle rajouta : qu’il était scandaleux et dégradant de laisser vivre un être humain, dans une telle porcherie ! Une fois dehors, elle promit à la jeune femme de bouger ciel et terre, afin de lui trouver en priorité, un appartement décent !! Car, insista-t-elle, en continuant à vitupérer – ma pauvre petite – je dois vous sortir de là !

 

Au bout de quelques mois, Christiane, fut convoquée dans le bureau de Madame… qui lui annonça avec un large sourire, qu’un appartement allait se libérer. Il était situé dans le 16ème arrondissement. Entre la Porte Saint-Cloud et la Porte d'Auteuil. La station de métro la plus proche, se trouvait au niveau du boulevard Exelamns. Les mots sont insuffisants pour vous décrire la joie et l’enthousiasme que mo Essentiel éprouva en ces instants. Elle se jeta spontanément au cou de sa bienfaitrice pour l’embrasser et lui fit envoyer une gerbe de fleurs. C’était la moindre des choses… Le scoop fit la « une » dans toute la boîte. A compter de ce jour, elle dut supporter les regards furibonds de celles qui convoitaient le même appartement. Pensaient-elles que ma douce avait été pistonnée ; ou pire ! Qu’elle avait soudoyé l’assistance sociale en lui glissant un bakchich sous table... ? Toujours est-il, que leurs regards révolver étaient près à dégainer, d’un instant à l’autre. Une sensation très inconfortable… Bien que Christiane refusât de leur souhaiter de vivre la même galère,  elle ne pouvait que déplorer le fait d’être jalousée et calomniée ; voire, haïe, sans aucune légitimité !!

 

Sa destinée, une fois n'était pas coutume, l’avait privilégiée.

Et c'était l’essentiel !

 

A bientôt, mes chers blogueurs !
........................................................................................................ A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
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  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
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  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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