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Livre "Et la France se réveilla"

Livre / Et la France se réveilla, de Raphaël Stainville et Vincent Trémolet de Villers

BOULEVARD VOLTAIRE 

elfsr

 

Le 3 octobre 2013        

Aristide
Leucate
Docteur en droit, journaliste et essayiste.
I
l intervient régulièrement dans la presse d'informations et d'opinions.

La France s’est-elle rendormie ? Mais s’est-elle préalablement réveillée ? Oui, à en croire Vincent Trémolet de Villers et Raphaël Stainville, journalistes au Figaro Magazine, qui viennent de faire paraître sous le titre Et la France se réveilla, une « histoire secrète de la Manif pour tous ». Une chronique passionnante et enlevée, débutée en mars 2011 et (provisoirement) terminée en juin 2013, retraçant l’histoire d’un mouvement qui traduit, selon les auteurs, un regain manifeste des valeurs chrétiennes (leur ouvrage est d’ailleurs sous-titré « Enquête sur la révolution des valeurs »).

 

Nulle hagiographie mais admirative lucidité, quand ils reconnaissent que les opposants à la loi Taubira « ont quand même beaucoup perdu ». Émouvant hommage, nonobstant, rendu à ces anonymes, notamment à cette jeunesse fougueuse, avide d’absolu, qui, il est vrai, fit ses premières armes militantes au nom d’une foi catholique sublimée par l’espérance et qui force le respect. Peut-être est-ce là le marqueur singulier d’un « phénomène » dont les auteurs s’accordent à dire qu’« il reste inclassable » au sein des taxinomies classiques de la sociologie ou de la science politique.

 

Livre-hommage, donc, qui dans une certaine mesure prend date des combats à venir (GPA, PMA, etc.) en citant ces mots de Péguy : « J’ai vu tant de défaites qui arrivaient après des victoires, et j’ai tant vu, aussi, de victoires qui arrivaient après des défaites, que je ne crois plus jamais que c’est fini. » Pourtant, on ne peut s’empêcher de ne pas y croire.

 

Dans un article paru le 28 mai dernier sur ce site, Robert Ménard estimait, certes, que malgré la défaite des manifestants à faire reculer le gouvernement, une « génération de militants » était apparue et, dès lors, également, les conditions « pour se lancer et gagner cette bataille d’idées, indispensable préalable à tout vrai bouleversement, ce “Mai 68 à l’envers” ». Si l’on considère qu’un pessimiste est un optimiste qui a de l’expérience, alors il faut espérer envers et contre tout. Mais qu’il soit permis de douter raisonnablement d’une telle hypothèse. Le « Printemps français », improprement appelé ainsi, n’ayant jamais eu le moindre commencement d’existence, a manqué une chance historique de renverser le système. Si une nouvelle conscience politique s’est fait jour, elle n’a pas suffisamment porté jusqu’à l’incandescence qui fait jaillir les révolutions, TOUTES les revendications d’une société manifestement malade et dont le « mariage pour tous » n’est, in fine, qu’un symptôme supplémentaire mais insignifiant. La corde de l’insurrection était-elle trop courte ou le puits des audaces trop profond ?

Et la France se reveilla Enquête sur la révolution des valeurs