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Marseille, c'est déjà le maghreb. Nice, ce n'est plus tout à fait la France...

A Vintimille, c’est encore l’Italie, à Nice, ce n’est plus tout-

à-fait la France

 

Vintimille est une petite ville italienne qui n’a rien de remarquable. Certains la disent laide. C’est exagéré. Avec ses façades ocres, sa Via Cavour, sa Via Vittore Emmanuele, ses quatre couleurs de poubelles et les Alfa Romeo blanches et bleues de ses carabiniers, c’est une ville comme beaucoup d’autres. Avec un front de mer. Tiens, le front de mer… Ce qui frappe un dimanche soir, c’est l’animation, populaire et de bon aloi. Retraités sur les bancs, amoureux idem, ados blagueurs, la température est douce, l’ambiance sereine. Dans les bars, toutes générations mêlées, on regarde la télé sur grand écran. Aux terrasses, les plus âgés feuillette les pages roses de la Gazetta dello Sport.

 

Il est vingt et une heure. Tiens, le jardin public est encore ouvert. Les enfants escaladent les échelles en plastique, glissent sur les toboggans. Peu de frime ici. On n’est pas sur la Côte d’Azur. Les restaurants ont parfois des airs de pension de famille, un peu désuets. Et soudain, on remarque une chose étrange : nulle part le moindre kebab, le moindre bar à chicha, la moindre boucherie halal ou « épicerie orientale ». Pas une seule « chance pour l’Italie » ! Et en fait, nulle part ne voit-on le moindre de ces attroupements vaguement menaçants, vaguement narquois, prompts à toiser et brailler si fréquents en nos rues françaises. Pas un foulard, pas un barbu, pas une djellaba, pas la moindre voilée à poussette, marmaille et grossesse avancée. Peut-être ailleurs en Italie. Qui sait ? Mais à Vintimille non. Le dimanche soir non. Alors que la moindre place de village provençal est encombrée toujours des mêmes bons à rien, des mêmes clandestins agglutinés autour de l’expresso, des mêmes réfugiés humanitaires et assistés à vie et que l’air y pétarade des acrobaties à scooter, à Vintimille, on vit à l’italienne, à l’heure italienne. Et manifestement on y gagne. On y gagne en douceur de vivre, une douceur de vivre indéniable, une tranquillité qui surprend.

 

Dès l’entrée dans les faubourgs de Nice, ces quartiers d’une laideur indescriptible que sont les ghettos de l’Ariane ou de Bon Voyage, tout change. Nice, c’est plus grand certes, beaucoup plus grand, n’empêche. Pendant des kilomètres, les seules rares lueurs sont celles des snacks halal, et plus près du centre, celles lugubres des bars où l’on s’attroupe avec des mines patibulaires jusqu’à pas d’heure autour des pipes à eau. Par ci, par là, un, deux, trois foulards. Aux arrêts de tram, la population est allogène à quatre-vingt pour cent. Sur les trottoirs du centre-ville, soixante pour cent des hommes jeunes sont maghrébins ou africains. Ambiance pesante. Et le lendemain, au grand soleil, le sentiment perdure, avec plus d’évidence encore : le malaise vaguement inquiétant, la tension que cause l’omniprésence de populations imposant partout et à chaque instant, avec arrogance, des costumes, des modes de vie, des habitudes étrangères à la France,

 

 

cette sensation paradoxale d’être en pays étranger.

 

 

Qu’on ne s’y trompe pas. Il est seulement question ici d’impressions, du passage d’une ville à une autre et de ce qui peut s’observer un soir, au hasard. De même, il ne peut être question de rejeter des gens qui, venus de loin, manifesteraient un désir sincère de s’intégrer et qui, dès lors, qu’ils seraient en nombre raisonnable, pourraient en effet trouver place chez nous. Le problème n’est pas là. Le problème est celui de la convivialité, du vivre ensemble, dans une harmonie suffisante. A Nice, parce qu’une faune s’y donnait rendez-vous pour trafiquer et gâcher les soirées des riverains, les squares sont désormais fermés après dix-neuf heures. Et donc l’idée d’y musarder ou d’y jouer comme à Vintimille, en toute tranquillité, à la nuit tombée est devenue incongrue. Anecdotique ? Non. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres des effets désastreux d’une immigration incontrôlée et qui témoigne d’une perte, d’une dégradation : celle d’une certaine douceur de vivre. Une perte, une dégradation dont, on ne sait pour combien de temps, une petite ville italienne semble avoir su se préserver.

 Marc Alexandre