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Quel le sens de notre combat...?

Ecrit le 6 jan 2014 à 15:14 par Jean-Louis de Morcourt dans Article

 NOUVELLES DE FRANCE

Quel est le sens de notre combat ?

Quel est le sens de notre combat ?

 

Cela fait maintenant un an et demi qu’a eu lieu l’élection de François Hollande à la présidence de la république, et un an qu’a débuté le mouvement en réaction à la loi instaurant le mariage entre couples de même sexe. À ce stade, il est nécessaire de préciser les raisons profondes pour lesquelles nous nous battons, et la traduction politique qu’elles doivent avoir.

De quoi François Hollande est-il le nom ?

« On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », rappelait Paul de Gondi, cardinal de Retz. Comme le montrent notamment les analyses de la Fondation de Service politique, de l’institut Ichtus et du professeur Jacques Rougeot, sous une apparence brouillonne et inefficace, la politique que mène le président est parfaitement cohérente. François Hollande incarne ce que l’on pourrait appeler l’idéologie du vide. Sa politique est analogue à celle menée par un Barack Obama éprouvant un même masochisme identitaire, ainsi que l’a montré l’essayiste Evelyne Joslain dans son livre Tea party : L’Amérique à la reconquête de ses libertés. Comme celle de son alter égo américain, elle vise à mettre en place une société délivrée du fardeau d’avoir à assumer son héritage moral, culturel et spirituel. Exprimant la béatitude de celui à qui « rien ne semble meilleur que n’être rien » (Louis Pauwels), François Hollande incarne parfaitement cette catégorie d’individus ayant délibérément choisi de sacrifier toute identité, donc toute fierté, sur l’autel du sourire au premier mammifère humain venu.

 

Doté par ailleurs d’une intelligence que confirme son passage par HEC et l’ENA, celui-ci a également parfaitement compris l’intérêt de se faire passer pour un benêt afin de duper une France bien élevée aveuglée par ses instincts charitables. Absence de scrupules, indifférence à la critique, foi absolue en son dogme idéologique : François Hollande représente le pire ennemi qui soit pour une France « trop bonne, trop c… »

De la liberté d’Agir à la liberté d’Être

Selon la définition établie par René Rémond dans son livre Les droites en France, il est communément admis que la gauche défend l’égalité et que la droite défend la liberté. Encore faut-il s’entendre sur ces termes. Pris au sens anglo-saxon (c’est à dire protestant), la liberté est le droit de Faire ce que l’on veut. Pris au sens latin (c’est-à-dire catholique), elle est le droit d’Être ce que l’on est, en d’autres termes d’assumer son identité. La liberté de l’Américain, ayant « tué la mère Angleterre » selon la philosophe Chantal Delsol, est la liberté de l’adolescent émancipé de la tutelle de ses parents et libre d’agir comme il l’entend. Cette liberté est une liberté d’Action, donc essentiellement professionnelle, comme l’a montré le philosophe Max Weber dans son livre L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Elle est parfaitement incarnée par un Nicolas Sarkozy surnommé « l’Américain ». A contrario, la liberté du catholique est la liberté pour l’Homme de s’inscrire dans l’héritage spirituel de ses ancêtres, dans leur histoire, dans leur culture, dans leur identité. Le ré-enracinement prôné par certains courants politiques n’est pas tant un concept géographique qu’une démarche spirituelle.

Une telle évolution de conception de la liberté est parfaitement incarnée par le premier ministre hongrois Viktor Orban, arrivé au pouvoir initialement en 1998 sur une ligne libérale-européiste, réélu en 2010 sur une ligne nationale-conservatrice. Son principal apport est la nouvelle constitution hongroise, votée en 2011 et comportant des références à Dieu, à la famille naturelle et au christianisme.

La droite au pied du mur

Le passage « d’une stratégie de classe à une stratégie de valeurs », théorisé par le think tank socialiste Terra Nova, montre que la gauche a parfaitement acté son évolution de la recherche de l’égalité d’Avoir à celle de l’égalité d’Être. Pour faire face, la droite doit poursuivre sa mutation doctrinale vers la défense de la liberté d’Être, impulsée notamment par le politologue Patrick Buisson. Elle doit cesser de se retrancher derrière ce pharisianisme entrepreneurial présenté comme l’alpha et l’oméga, ayant abouti à ces indéniables succès commerciaux que sont les Quick halal ou les sites de rencontres adultérines Gleeden. En cela, la politique économique désastreuse de François Hollande représente une opportunité pour nos idées. Terrorisés par le désastre économique, les ventres-mous spirituels qui ne jurent que par le sacro-saint entrepreneuriat seront prêts à accepter n’importe quelle alternative pourvu qu’elle préserve les bilans comptables.

Par ailleurs, la droite ne pourra pas faire l’économie d’un important travail de déniaisement. Confrontée à un ennemi exploitant à fond son caractère « impolitique » (Julien Freund), elle ne peut plus se contenter de parer les coups en se cachant derrière ce paternalisme « de bon aloi » promu par un Denis Tillinac à l’aversion assumée pour les concepts « ratiocineurs ». Pour espérer remporter le combat culturel, la droite doit en finir avec cette fausse bienveillance confinant à l’idiotie qu’incarne un Henri Guaino fustigeant « l’orgueil de ne pas avoir la main qui tremble », ou encore un François Fillon déclarant « reprocher simplement à François Hollande de ne pas être à la hauteur de l’enjeu ».

Conclusion : le devoir d’Être ce que nous sommes

Comme l’a montré le blogueur Athanase Ducayla, ce qui se livre actuellement est la lutte de l’identité contre l’idéologie du vide, de l’Être incarné contre le non-être idéologique, de la Force contre la violence.

« Vous êtes dans le monde, mais non du monde », déclare le Christ cité par Saint Jean (17,11-19), nous rappelant qu’il est la seule source de substance spirituelle à l’exclusion du monde qui nous entoure. Comme le montre René Girard dans son livre Je vois Satan tomber comme l’éclair, la stratégie de l’Antéchrist actuellement à l’œuvre repose sur le principe de la concurrence victimaire. A savoir, la culpabilisation d’assumer d’Être ce que nous sommes au nom d’une charité dévoyée édictant que cela risque de « heurter la sensibilité de l’Autre ». Face à cela, c’est dans la communion avec le Christ que nous puiserons la Force de faire abstraction de l’Autre et de nous assumer pleinement, au nom des sacrifices consentis par nos parents et de l’épanouissement de nos enfants. Le Christ n’est pas un simple élément de notre culture, il est la condition de notre victoire.

Quel est le sens de notre combat ?

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