Partager l'article ! Salut, les copains !: …………………………………………………………………………………… 25ème épisode ...
…………………………………………………………………………………… 25ème épisode
Christiane et Pierre se voyaient à intervalles réguliers. Il va sans dire que par la force des choses, le couple, était connu comme le Loup blanc ; que ce soit dans leur fief du 18ème arrondissement ou dans le 16ème, leur quartier officiel. Au fur-et-à mesure de leurs sorties au cours desquelles, ils s’exhibaient aux yeux de tous, ils se firent quelques amis. « Dis-moi, qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ! ». Par forcément vrai ! Dans le cas de nos deux compères, chacun, était du même tonneau. En principe, ils ne sympathisaient, qu’avec leurs clones. A proprement parler, des noctambules en mal de compagnie, des jouisseurs de la vie nocturne qui levaient facilement le coude, qui aimaient la bonne chère, danser et palabrer des heures, devant un verre d’alcool. La plupart du temps, ces mordus de la nuit, se retrouvaient après le boulot, « Chez Jean », le café en face à la Seine où au « Garigliano », au coin du boulevard Exelmans. Après coup, ils partaient dîner quelque part ; le plus souvent, à Boulogne. Dans la foulée, les vendredis et samedis soirs, ils remettaient la gomme jusqu’au petit matin, où ils s’éclataient dans un bar arabe de la Porte de Clichy, en se déhanchant sur les sons percutants de la musique orientale.
Un matin, Christiane, essuya un commentaire percutant, tout droit sorti de la bouche d'un de ses collègues, qui lui fit l’effet d’un passage à tabac. Attendu qu’elle manquait de sommeil et que son système digestif était au bout du rouleau, elle se pointait chaque matin avec des poches sous les yeux et une étrange sensation de torpeur, greffée à un état nauséeux prononcé. Mon héroïne, était pratiquement avachie sur son bureau, quand soudainement, elle sursauta. « Mademoiselle DAILLY… !! Etes-vous certaine de dormir la nuit ? ». Prise de court et ne sachant que répondre, le jeune homme, lui fit le coup de grâce. « Dans le cas contraire, on jurerait que vous vous droguez ! ». Avec un tel coup de fouet, Christiane, ulcérée, récupéra tous ses esprits en marmonnant un quelconque échappatoire. Ce fut radical car en faisant son mea-culpa, elle prit soin à l’avenir, de se corriger.
Pierre, Christiane et leurs compagnons de java, formaient un vrai clan. Un cercle qu’ils surnommaient en pouffant de rire, « La Famille ». Parmi eux, on comptait Sheriff, un algérien divorcé et à la dérive, qui vivotait de petits boulots. Nanard, un célibataire endurci qui était d’une gentillesse rare. Il dépensait à tort et à travers, bien au-delà de ses moyens, seulement pour avoir le plaisir de faire plaisir ! Victor, était un ancien d’Indochine et un alcoolique incorrigible qui vivait encore chez sa mère. Jalel, un grand et très beau garçon, était d’origine Tunisienne. C’était un homme très respectueux, un peu cabotin mais, toujours d’égale humeur. Ce dernier avait une particularité. Il savait parfaitement lire les lignes de la main. Christiane et Pierre, l’avait connu « Chez Jean » et le jour même, un lien s’était tissé entre eux. Dans « La Famille », on comptait déjà six membres qui se réunissaient régulièrement chez Christiane ou chez Victor, pour faire un bon repas, discuter, boire et danser. Toujours danser ! Pour eux tous, la musique était un des ingrédients indispensables, pour mitonner une bonne fiesta ! Vous constaterez par vous-mêmes que « La Famille », tout en n’étant pas misogyne, était essentiellement composée d’hommes ; hormis Christiane, la seule et unique femme. Ce n’était hélas, pas un hasard ! Christiane, toujours courtisée, avait de nombreux admirateurs. Un phénomène qui faisait des émules. Dont deux filles du coin, qui ne cachaient pas leur antipathie ainsi que leur hostilité, envers « la plus belle fille du quartier », comme la surnommait l'un des clients de « Chez Jean ». L’une d’elles, dont le prénom était « LOLA » et que tous appelaient « La Folle de Chaillot », n’arrêtait pas de la provoquer. Accoutrée d’espèces de chiffons en guise de longue jupe – style gitane – on la voyait toujours attablée à l’une des nombreuses terrasses que comptait la proximité du Pont Garigliano. Et ce, à n'importe qu'elle heure du jour.
En revenant du travail, Christiane, non-seulement ne pouvait pas lui échapper, mais devait supporter ses regards suffisants ainsi que ses sarcasmes, cassants et indélicats. Imperturbable, mon Amérique à moi, bien déterminée à l’ignorer, passait son chemin en feignant l’indifférence. Cette fille, très brune, au joli minois et qui était d'origine italienne, était célèbre pour sa fâcheuse manie à vouloir se dépareiller d'autrui en semant la zizanie partout où elle passait. Comme pour Attila, l’herbe ne repoussait pas !! Un jour, dans le même contexte, elle se surpassa en bêtise. Comme tous les soirs, Christiane, revenait du métro. Elle marchait d’un pas alerte, quand la folle lui courut après. Christiane, intriguée, se retourna promptement, planta ses yeux dans les siens. – Oui, Qu’est qu’il y a encore ! L’autre, soutenant son regard, lui balança « J’suis plus belle que toi !! ». Désarçonnée, par cette remarque futile, Christiane, ne peut s’empêcher de lui rire au nez. Vraiment, cette fille, c’était un phénomène ! Bête à manger du foin !! Du coup, en y repensant, elle repartit à rigoler. Après coup, elle ne manqua pas de rapporter l’anecdote, à ses copains.
Les gens parlaient à torts et à travers. En 1979, il était très mal vu, qu’une fille s’affiche avec des hommes ; surtout dans les cafés ! Avec un seul, aux yeux de tous, c’était son petit ami. Avec plusieurs, c’était carrément la partouse généralisée ! Christiane était encore trop naïve pour penser à mal. En ce qui la concernait, ce n’était pas compliqué. La plupart des femmes, étant trop jalouses et mesquines elle se tournait naturellement, vers les hommes ! De toute façon et ce qui était paradoxale, lorsque l’on se fiait à son physique, c’est qu’elle buvait et parlait comme un homme ! Avait-elle la mentalité d’un homme ? En tout cas, elle n’avait pas cette nature envieuse et possessive, spécifique à la gente féminine… Et, les histoires sordides de bonnes femmes, ne l’attiraient absolument pas ! Toujours est-il, que les braves gens parlaient. Et les gens qui jacassent au coin d’une rue, chez le coiffeur ou au supermarché, c’est rarement pour dire du bien de leur prochain !
Les langues de vipères bavassaient en s’engluant dans leur venin. Que ce soit au sein de la gendarmerie où Pierre disposait d’un logement de fonction ou dans tout le voisinage. Souvent, lorsque Christiane repense à cette belle époque ou tout roulait sur des rails, elle garde la certitude d’avoir été transparente, franche et honnête. Je suis incapable de vous rapporter qui lui relata le dernier potin en date. Elle en était d’ailleurs l’actrice principale… D’après le tprime émoin, la scène du crime s’était déroulée sur un passage clouté, tout près de chez la victime. Notre star traversait, quand à cet instant précis, le patron du café d’en face, l’aperçût. «Regardez-moi, celle-là ! » persifla le gros porc sirupeux devant ses clients et en employant un ton méprisant. Tous, friands de bons polards, s’étaient empressés de regarder en direction de l’inculpée. « Vous voulez qu’je vous dise ? Y’a qu’le métro qui ne lui ai pas passé dessus ». Qu’est-ce qu’il en savait ce connard ? Pouvait-il, l’espace d’une seconde, réaliser l’importance de ce qu’il venait de proférer… ? L’impact sur la réputation d’une femme… ? Non. Car il était trop con, inculte et surtout, trop méchant !
Christiane n’avait toujours pas d’amoureux. Ce qui était d’autant plus grotesque ! Mon Essentiel, n’avait jamais été aussi chaste ! Apparemment, Hans C., l’étudiant dépourvu de délicatesse et de psychologie féminine, l’avait rendue abstinente. Pour palier à la bassesse ambiante et à toutes ses frustrations affectives, Christiane, ne cessait de manger et de dégobiller, de remanger et de dégobiller. Plusieurs fois par jour. Le matin et le midi, au bureau. A plusieurs reprises, le soir. Sans que quiconque ne découvrât le pot aux roses, en notant toutefois quelque anomalie dans son comportement… Même Pierre, qui l’accompagnait partout. Au restaurant, chez sa mère, dans son propre appartement et chez lui, à la gendarmerie où elle avait déjà inauguré ses toilettes. Cette absence de lucidité, était-elle dû à de l’indifférence ou au fait qu’il était tout simplement inconcevable pour ses proches, qu’elle se fasse vomir à chaque repas ??
Son petit chien pékinois ne la quittait pas. Juste, respectait ses engagements. Il passait voir son ex, comme il disait, de temps à autre. Jusqu’à présent, il lui avait présenté deux ou trois copines. L’une d’elles, l’aura particulièrement marquée. Elle portait le prénom de « Linette». Mon Essentiel, par rapport à cette femme, se posera toujours la question suivante : Comment Juste, loin d’être « B.C.B.G » et si peu enclin aux bonnes manières, pouvait-il se pavaner avec cette femme qui, entre-nous soit dit, était d’une rare vulgarité… ? Surtout dans le quartier de son ex ! Cette désinvolture dont il témoignait ne redorait pas le blason de Christiane ! Cette Linette, avait déjà mis au monde une dizaine de loupiots - tous conçus avec des amants de passage - dont plus de la moitié végétait à l’Assistance Publique ou chez des familles d’accueil. Ses traits ingrats et son visage couperosé en lame de couteau, accusait l’image type de la femme usée par les grossesses successives et les excès en tout genre. Avec sa bouche totalement édentée, ses jupes trop courtes, on aurait pu la croire sortie des bas-fonds de Paris, du temps des « Misérables ». Christiane la voit encore se pavaner avec Juste, dans les rues du 16ème. Enceinte jusqu'aux dents, plantée sur des jambes maigres et arquées, striées de varices boursoufflées de bleu, en exposant fièrement son gros bidon. Quand on lui demandait le pourquoi de ces grossesses à répétitions… ? Madame, répondait avec gloriole, qu’elle était contre l’avortement ! Quitte à enfanter des assistés, comme elle ! En fin de compte, Christiane, après avoir gratté un peu le vernis, découvrit la véritable raison de cette hécatombe : l’appât du gain. En plus clair, pour les allocations ! Plus particulièrement pour l’allocation de naissance, qu’elle dilapidait en écumant les bars, au bras de son dernier julot. En tout cas, ne travaillant pas, elle était connue des services sociaux ! Elle clamait à qui voulait l’entendre, qu’elle adorait ses enfants. Curieuse façon de leur prouver ! Cette femme n’avait aucun état d’âme. Elle était en-deçà de l’animal. A quelques exceptions près, qu’une femelle se préoccupe de sa portée, qu’elle éduque et protège des prédateurs…
Du côté du Quai Louis Blériot, dans l'H.L.M., ce n’était pas l’exaltation ; loin de là !! Christiane, selon les propos de ses voisins, perturbait tout le voisinage. Elle ne pouvait se gratter une oreille, sans déstabiliser les soubassements de l’immeuble. La source de toutes mes joies, était un péril jeune, un chancre maudit qui était apparu un jour de septembre 1977 et dont il fallait se prémunir. Honnêtes gens… gare à la contagion ! Et le pire était à venir. Figurez-vous que des hommes défilaient chez elle, à longueur de journée ! Où ?? A La Défense ? Sans que l’accusée eût la moindre chance de se justifier, une pétition dûment remplie et signée par les habitants, fit le tour de l’immeuble et alla directement aux H.L.M. de Paris ; dans le seul objectif d’expulser "la fautive", comme une mal propre.
Elle en eut la confirmation. Alors, qu’elle était concentrée sur la frappe de documents, son poste téléphonique se déclencha. Machinalement, elle répondit. – Allo, Christiane, bonjour ! Ah, bon ! Le Chef du Personnel… Tout de suite ? Soudainement submergée par la peur, elle prit d’asseau le premier ascenseur disponible, appuya sur le dernier étage et se dirigea en courant vers le bureau de M. R.... Mon dieu ! Qu’allait-il, lui annoncer… ? Taraudée par l’angoisse, elle se décida à frapper. – Entrez ! Elle avait l’impression de marcher sur des œufs. Tandis qu'elle lui serrait la main, il lui fit signe de s’asseoir sur l’un des sièges posés devant lui. Ce qu’elle fit. Concentré sur un dossier, il la laissa mariner un bon moment, avant d’aborder le problème. Christiane, trépidait en s’arrachant les ongles, un par un. Enfin, il releva la tête et, la dévisageant, esquissa un sourire contenu. « Alors… on fait du bruit !! Mademoiselle, empêche ses voisins de dormir ?? » Ouf, ce n’était que cela ! Il lui enlevait une sacrée épine du pied ! Afin de se décharger, elle entreprit de tout lui expliquer. Absolument tout ! Au fil de son récit, le sourire de Monsieur R... s’élargit, jusqu’à se transformer en un rire sonore. Soulagée d’un grand poids, Christiane, se joignit à son interlocuteur, pour rire à son tour. Avant de se quitter, Monsieur R..., tout en la rassurant quant aux conséquences, lui conseilla de faire son possible, pour calmer son entourage.
Elle se remit à sa tâche en ébauchant un petit sourire satisfait.
En réalité, elle jubilait.
……………………………………………………………… A suivre
Bye, les blogueurs !

Le saviez-vous que, avant de me passionner pour l'écriture et la poésie, j'étais une groupie de la danse orientale ; que j'ai exercé d'ailleurs, en tant que
professionnelle.
Au cas où vous seriez interessées par tout ce qui concerne cet art, contactez-moi. Cela me fera plaisir... Tchao !
Derniers Commentaires