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Seine-St-Denis : impossible d'enseigner...

En Seine-Saint-Denis, enseigner est impossible, mais personne ne veut le dire

Premier jour de l’année scolaire 2013-2014 : Lise, jeune professeur qui officie dans un collège en Seine-Saint-Denis (1), découvre ses élèves, et s’aperçoit d’entrée de jeu qu’il est plus que difficile d’obtenir le silence, car ils bavardent sans cesse et contestent systématiquement l’autorité du professeur, même si ce dernier demande au plus insupportable de sortir de la classe. Résultat : l’élève ne sort pas, prétextant que l’enseignant n’a pas le droit de l’exclure, ou déclarant carrément qu’il se moque de ce que l’enseignant peut lui dire ! L’ambiance est donc électrique, et l’enseignant ressemble à ce funambule qui traverserait tous les jours les chutes du Niagara sur un fil, pour gagner sa vie.

Si le calme revient, c’est toujours de courte durée : un regard, un sourire, un geste émanant aussi bien du professeur que de tel ou tel élève peuvent être pris à contresens et déclencher le désordre.

Lise réussit néanmoins à obtenir de sa classe qu’elle se mette en rang dans le couloir.

Peine perdue cependant, car un énergumène appartenant à une autre classe passe par là et frappe du plat de la main l’arrière du crâne d’un des élèves qui se tenaient rangés, provoquant ainsi une bagarre générale, dont la fin ne fut possible que grâce à l’intervention de deux surveillants et du professeur lui-même.

Puis c’est le cours proprement dit, avec son lot de rappels à l’ordre… et l’attente interminable de la récréation !

Mais la récréation elle-même est loin d’être de tout repos : dès la sonnerie, c’est la ruée vers la cours, qui ne tarde pas à se transformer en ring, ce qui oblige tous les surveillants à intervenir, avec l’appui de quelques enseignants courageux, voire téméraires !

Pendant cette même récréation, Lise apprend de ses collègues qu’ils laissent la porte ouverte lorsqu’ils font cours, pour permettre à quiconque d’intervenir au plus vite en cas de violences soudaines. Elle apprend également qu’il est conseillé d’envoyer l’élève ingérable chez un autre collègue, la réciproque allant de soi.

Ce qui ne va pas de soi, en revanche, c’est l’idée que tout peut s’enseigner, quel que soit le public, et qu’une telle situation puisse laisser les hauts responsables impassibles !

Seul point positif : le petit Rachid a dit à Lise qu’elle était « très belle » !

Mais le gamin n’a pas su lire dans les yeux de Lise le désarroi d’une enseignante qui, ce jour-là, s’est sentie plus en sécurité dans les rues de Saint-Denis que dans son collège !

Maurice Vidal

(1) Cf. Riposte Laïque, n° 320.