Partager l'article ! Son pote, Pierre: ……………………………………………………………………… ...
…………………………………………………………………………… 24ème épisode
Christiane, en état de manque, s’ennuyait. Il lui arrivait fréquemment de passer devant un bar
appelé « Le Tunnel ». Dans le quartier, l’établissement était aussi célèbre que le regretté Claude François, décédé tragiquement dans l’appartement qu’il occupait ; au dernier étage du même
immeuble. A l’intérieur de ce bar, des hommes et des femmes de tout milieu, sirotaient leurs verres en discutant entre eux. Le cadre était un peu glauque ; surtout le soir. Des lumières tamisées,
dans une ambiance insolite, sombre et très enfumés. Cette gargotte attirait Christiane comme un aimant. Il lui arrivait de stationner carrément devant l'établissement, afin d’épier les
clients au travers des vitres. En scrutant ainsi leurs faits et gestes, elle s'imaginait passer à l'acte ; pousser la porte et tous les regards rivés sur sa fragile personne.
Tous, surpris qu’une jeune fille au physique aussi immature, eût assez de culot et de "courage" pour pénétrer seule, dans ce que l’on aurait pu appeler un « Bar de nuit
».
Oui, ce qui la freinait, c’est la peur d’être critiquée ; jugée à son apparence ; comme toujours ! Que l’on chuchote des mensonges derrière son dos. Qu’on la soupçonne d’être présente dans ce bar, pour d’autres raisons que la solitude, le besoin de côtoyer des gens ou, tout bonnement, pour tenter de se faire des amis. Des amis avec lesquels elle aurait pu échanger, rire, rénover ses idées et, pourquoi pas… ? Sortir, comme c’était le cas, avant ! Avant qui, avant quoi… ? Avant Juste qui, bizarrement, lui manquait. Pas lui personnellement, en fait. Mais, son entrain, ses plaisanteries douteuses et sa façon bien personnelle, de la protéger ; en gros, sa compagnie ! Bien sûr, une fois, il lui était arrivé de pousser la porte d’un restaurant du quartier, dans le simple but de s’empiffrer encore et encore, jusqu’à l’écœurement. La dernière fois qu’elle avait dîné seule dans un restaurant (chinois) aux alentours de son domicile, elle s’était enfournée en un temps record, deux entrées, deux plats avec des légumes + deux desserts ; ceci, en s’enfilant au moins deux pichets de Rosé frais. Visiblement, le serveur ainsi que le patron, n’avaient jamais vu quelqu’un manger autant et à une telle vitesse ! Surtout, une petite femme si élégante et aussi menue… Ceux-ci, pendant tout le repas, n’avaient cessé de l’observer à la dérobé et ce, avec des petits sourires sournois et des regards entendus. Certes, pas méchants, mais surtout perturbants ! Du coup, elle n’y avait plus mis les pieds. Sur le plan sentimental, c’était le désert total ! Normal, elle n’avait pas beaucoup l’occasion de mettre le nez dehors ! Uniquement pour aller travailler. Sa dernière histoire d’amour l’avait refroidie. A un point que, depuis, aussitôt qu’un garçon lui souriait où faisait mine de lui faire du gringue, elle n'avait qu'une envie : s’enfuir. Comme convenu entre l'ex couple, Juste, venait chercher « Pupuce » tous les quinze jours, en repartant aussi vite qu’il était arrivé.
Un vendredi soir, différent des autres, mon essentiel s’arma de courage. C’était aujourd’hui ou jamais ! Du courage que Diable ! Légèrement anxieuse, elle prit la ferme décision de se risquer à aller boire un verre au Tunnel. Un bref regard dans le miroir et, en route pour l’aventure ! L’important était de garder la tête froide. Arrivée devant la Caverne d’Ali Baba, elle hésita un long moment, avant de se décider à entrer. Allez… Qu’est-ce que tu risques ? Vas-y ; jette-toi à l’eau… Le désir d’aller vers les autres et de meubler sa sensation de vide, l’emporta. En effet, comme elle l’avait prévu, quelques regards se braquèrent sur elle ; ce qui lui donna, pendant quelques minutes, l’impression que le temps s’arrêtait. Or, le brouhaha confus des conversations, redoubla d’intensité - Mademoiselle, désire ? lui demanda le serveur, derrière le bar. - Un Martini, s’il vous plait. Quoi de plus facile, finalement ! La vie ne sourit-elle pas aux audacieux… ? Elle s’appropria un siège, dans un coin reculé du comptoir et entreprit de déguster son Martini, en toute quiétude. Et bien, il t-en aura fallu du temps, pensait-elle, intérieurement. Satisfaite de son audace, elle poussa un long soupir de soulagement. Le pli était pris.
A partir de ce jour, à marquer d’une rose blanche, elle devint une des habitués du Tunnel. Une petite parenthèse : tous ceux qui le soir, écument ce style d’endroit pour picoler et tchatcher jusqu’à deux heures du matin, sont pour la plupart, des célibataires qui tournent en rond chez eux, ou bien des paumés en mal d’affection qui n’ont rien d’autre à faire, que de s’imbiber ! Un jour, alors que mon héroïne picorait des cacahuètes en dégustant son verre, un homme râblé, moustachu et aux traits poupins reflétant la cinquantaine, fit irruption dans le bar. Légèrement éméché, il dissertait en faisant de grands gestes et, en rigolant très fort. – Patron !! Un demi, bien frappé ! Se saisissant de son verre, il se dirigea d’emblée vers Christiane, sur qui il avait apparemment jeté son dévolu – Vous permettez ? lui demanda l’inconnu, en lui désignant le tabouret situé à ses côtés – Bien sûr, je vous en prie ! Tout en la dévorant des yeux, le curieux personnage, se présenta. - Je m’appelle Pierre ; et vous ? - Christiane. – Enchanté, Christiane… - Vous permettez que je vous offre un verre ? - Pourquoi pas… Merci ; un Martini ! - Momo… un Martini, pour la jeune fille ! Ne se lassant pas de la dévisager, l’homme, leva son verre et renchérit en rigolant : « Encore un que les Prussiens n’auront pas ! ». Christiane s’esclaffa, en trinquant. - Vous habitez le quartier ? Continua le bonhomme, en reposant son verre sur le comptoir. Au bout du compte, la conversation s’engagea, naturellement. Les tournées, entrecoupées de fous rires, se succédèrent jusqu’à l’heure de la fermeture. Pierre, gendarme de son état, était un homme charmant et bon bougre qui avait l’habitude de croquer la vie à belles dents. C’était un vétéran de la guerre d’Algérie, dont il s'était sorti sans anicroches. A par ça, il était divorcé et avait de grands enfants qu’il ne voyait d’ailleurs, plus. En dehors des impératifs de son métier, il passait son temps à faire la tournée des grands ducs et à craquer son argent,en compagnie d’une jeune polonaise.
Ce dernier, ayant évidemment succombé aux charmes de Christiane, se permit de lui téléphoner – comme de bien entendu - quelques jours plus tard, pour l’inviter le soir même (un vendredi soir) à faire la fête. OK, ça roule ! Bien qu’il eût l’âge de son propre père, ils avaient beaucoup de points communs. Jean, était un rêveur/sentimental, féru de poésies. Il aimait par-dessus tout, danser sur les rythmes orientaux, boire, manger et se coucher à des heures impossibles. Une curieuse amitié qui se devait être hélas, obligatoirement récriée et critiquée, était née de cette sacrée soirée, passée au « Au Tunnel ». L’étrange couple qu’ils formaient, s’avéra être complémentaire et, au fil du temps, inséparable. La jeune femme n’était pas dupe ; son intuition féminine lui confirmait chaque jour d’avantage, que Pierre l’aimait en secret. Au vu de leur différence d’âge, il préférait ranger ses sentiments dans les oubliettes. Au fil des mois qui suivirent, la belle et le gendarme se retrouvaient chaque soir dans un café ultra sympa qui avait pignon sur le quai, face à la Seine. Le débit de boissons ne désemplissait pas ; surtout les week-ends où l’ambiance était festive et le patron, accueillant. Tous les clients, se connaissant de près ou de loin, formaient une bande de joyeux drilles. Après plusieurs tournées, mon Essentiel et Pierre, filaient droit vers la voiture qui démarrait en trombe, en direction du 18ème arrondissement.
Une fois là-bas, bras dessus, bras dessous, ils étaient parés pour une bringue du tonnerre qui durait jusqu’au petit matin. Christiane, lui avait présenté sa mère, Giselle, qui coulait des jours tranquilles dans sa loge de concierge. Bien sûr, elle était toujours alcoolique et ceci expliquant cela, toutes les fois où sa fille arrivait accompagné de son ami Gendarme, elle attirait sa fille dans la cuisine en lui glissant un billet dans la main et, lui soufflait à l’oreille :
« Va vite chercher une bouteille de Martini ». Christiane s’exécutait et, tous les trois s’appliquaient à siffler la bouteille en causant de choses et d’autres. La jeune femme, en renouant le contact avec ses relations du 18ème arrondissement, avait dû obligatoirement, présenter Pierre en tant qu’ami. Sans complexes, elle s’affichait partout avec lui : au «Cléopâtre », son quartier général, ainsi que dans tous les restaurant où elle était connue. Egalement, les cafés arabes chers à son cœur où ils aimaient danser sur la musique du Juke-box, enlacés et heureux comme deux amoureux. Que lui importait de ce que les gens allaient penser ! A coup sûr, le bruit allait courir, qu’elle couchait avec un vieux ; de surcroît, gendarme ! De toute façon, quoiqu’elle fît, elle était toujours dénigrée !
Elle avait l’habitude et à présent, elle s’en tamponnait le coquillard !
……………………………………………………………………… A suivre
A plus, les blogueurs !

Le saviez-vous que, avant de me passionner pour l'écriture et la poésie, j'étais une groupie de la danse orientale ; que j'ai exercé d'ailleurs, en tant que
professionnelle.
Au cas où vous seriez interessées par tout ce qui concerne cet art, contactez-moi. Cela me fera plaisir... Tchao !
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