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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 20:55

  byc870cs

......................................................................................................... 15ème épisode

 

La source de toutes mes espérances avait flashé sur le prénommé Patrick. Une gueule d’ange, aux faux airs d’Alain Delon, jeune premier du cinéma français. Un charme fou, des yeux clairs, grand, élancé, mince… L’Amour… "Ca ne s’explique pas", chantait Edith Piaf ! Christiane, dès le premier soir, s’était entichée d’un inconnu dont elle ignorait presque tout ! « L’amour a des raisons que la raison ignore… » « Sors du cercle du temps et entre dans le cercle de l’amour ». Elle ne se fit pas prier, la petite coquine !! Ma douce créature ne prit pas de gants pour annoncer la nouvelle à Juste. C’est ton ami ? Oui ; et alors ? Qui puis-je ! Après lui avoir expliqué les tenants et les aboutissants de ce prodige, ainsi que son point de vue personnel, elle lui signifia avec tact et diplomatie, de bien vouloir faire son baluchon et de s’embarquer pour d’autres horizons. Ce qu’il refusa catégoriquement. Bon. Soit ! Nullement surprise et plutôt bonne fille, Christiane, accepta de le garder ; à une seule condition : qu’il accepte la situation présente, même s’il devait en souffrir ! La logique aurait voulu, ne fusse que pour sa dignité de mâles, qu’il s’effacât. Or, Christiane, le connaissant parfaitement, ne fut absolument pas étonnée de sa réaction.

 

Ceci dit, les jours s’organisèrent d’eux-mêmes. Christiane, étant la seule à travailler, le beau Patrick, avait pour charge de s’occuper des courses et de la cuisine et, Juste – évidemment – son subalterne, s’occupait du ménage et du réapprovisionnement en flotte (ce qui n’était pas une tâche aisée). C’est lors de cette période que la belle, fut recrutée en pleine rue par un metteur en scène, qui tout en l'abordant, lui proposa d’être figurante pendant trois jours, dans un film au titre prometteur « Parlez-moi d’argent » avec Bernard Menez et Dary cowl. L’intrigue se déroulait dans une maison bourgeoise de St-Ouen, dont le propriétaire, milliardaire, conviait des amis à une couscous partie. Christiane, devait incarner une jeune cuisinière arabe qui, lors d’une scène délirante accompagnée de l’acteur principal, ramassait une importante quantité de semoule répandue sur le sol de la cuisine. La cuisinière et Dary, tous deux agenouillés sur le sol et munis chacun d’une petite cuillère, tentait de récupérer le maximum de semoule. Les petites cuillères s’entrechoquant, les grains de semoule voltigeaient en allant s'égarer un peu partout. Quel cirque ! Acteurs et figurants en trouvaient jusque dans leurs cheveux ! Quant à la suite, Attendez… le temps que je sollicite le bazar à souvenirs… Aurais-je la mémoire qui flanche ? A vrai dire, je suis incapable de vous faire un condensé du film, en entier. En définitive, Christiane, pendant trois jours, dû faire et refaire les mêmes scènes, jusqu’à l’overdose. Ce fut une expérience intéressante sur tous les plans. Parmi nous tous, qui peut se targuer d’avoir participé au tournage d’une comédie en long métrage… ? Un exemple assez cocasse : Dary C. qui tenait le rôle d’un gros mangeur, s’obligeait à vomir dans une bassine, pour pouvoir dupliquer x fois la même prise jusqu’à l’assentiment du metteur en scène ! Mon essentielle aurait pu lui donner des cours !!

 

Au terme de ces trois jours, Christiane, ne crut pas utile de déclarer au fisc, la somme dérisoire qu’elle avait gagnée. A sa grande surprise, elle reçut quelques années plus tard un redressement fiscal ,afférent à ce bref interlude. Et, le comble, c’est que le film ne sortit jamais dans les salles ! Une devinette : Quel est le nom du prédateur de plus cruel au monde ? Le fisc ; bien sûr !!!

 

Pour la première fois, Christiane, se sentait aimée et… elle aimait ! Patrick, qui avait l’air sincère et amoureux, l’a traitait comme une Reine. Ses désirs étaient des ordres, que Juste, s’empressait d’exécuter au pied de la lettre. Or, les choses finirent par s’envenimer au sein du trio car, les bagarres se multiplièrent, en semant une zizanie générale. L’amant outragé endurait le pire, certes en silence, en tentant de distancer son rival, à tous les niveaux. Christiane, connaissant Juste, qui avait tendance à ruminer sans rien dire, pressentait un tour de cochon. A coup sûr, plus retors qu’elle ne l’aurait pensé, il lui mitonnait derrières les fagots, des représailles à la sauce vendetta.

 

Bientôt, les potins du quartier ne tardèrent pas à arriver jusqu’aux oreilles de Christiane qui, comme l’exige les bien-pensants, était considérée comme une dépravée, dépourvue de tout sentiment et de moralité. « Ce n’est pas juste ! » avait protesté l’accusée, devant la Cour… Je veux un avocat ! S’était-elle exclamée en tentant de dédramatiser. « Vous, la gente masculine, n’êtes-vous pas des adeptes de la polygamie… ? Dans tout homme, n’y-a-t-il pas un polygame qui sommeille… ? » Avait-elle renchéri, en s’adressant à ses deux soupirants. Finalement, la source de toutes mes joies, s’efforçait, à coups de circonstances atténuantes, de se justifier. Elle rêvait ! Elle n’échapperait pas à la peine capitale ! Les vieux adages tels que «Fait ce que je dis mais ne fait pas ce que je fais ! » était plus que jamais à l’ordre du jour. D’autant plus, qu’à la base, ce principe restait l’apanage des hommes !

 

   A ce titre, les propos du patron du bar situé face à l'immeuble, carillonnaient encore à ses oreilles telles le tocsin d’une église un jour de funérailles. Un matin où tous les trois prenaient leur petit déjeuner au comptoir, l’homme en question, la cinquantaine un peu bidonnante, avait claironné d’une voix guillerette chargée de sous-entendus « Elle est belle… et quelle santé elle a !!" Avait-il rajouté, en explosant de rire.

 

Christiane, vexée d’être ainsi asticotée, s’empourpra. N’ayant pas d’autre choix que de sauver les apparences, elle s’employa à le prendre à la rigolade. « J’ai le dos large » se disait-elle, en haussant les épaules. Après tout, les attaques gratuites et autres clabauderies, ne la choquaient plus. Malgré elle, les calomnies faisaient partie intégrante de son quotidien. Peut-on éviter la bêtise et la jalousie de tous les frustrés et les mal baisés de tout poil… ? De toute façon, tout à une fin. « « Tout passe, tout lasse et tout casse ! ».

 

  Juste, le traitre, champion du monde dans l’art de se défiler, s’était rapproché en douce de Giselle, qu’il considérait comme sa belle mère. En versant quelques larmes de crocodile, il avait tout déballé à son seul avantage, en exprimant sa douleur d’homme trompée et la conduite inqualifiable de celle qu’il estimait être son bien. Giselle, n’ayant eu qu’un son de cloche et manquant d’objectivité, avait plaidé pour le plaignant sans se préoccuper des données du problème. Comme si elle-même avait été un prix de vertu, elle avait condamné sa fille à l’avance, sans connaître sa propre version des faites.

C’était aberrant !

 

Tout devait se jouer le week-end suivant. Persuadée que sa mère allait statuer avec intelligence et bon sens, mon héroïne arriva chez ses parents, confiante et enjouée. Juste, l’accompagnait. Alors qu’elle se fiait à la partialité de l’amour maternel, ce fut tout le contraire. Christiane était à peine sortie de la voiture, que Giselle lui mit le grappin dessus en l’agressant verbalement. Non satisfaite de la submerger de propos licencieux et caustiques – auxquels la jeune fille répliquait du tac au tac – elle l’empoigna par la tignasse et lui assena deux gifles retentissantes. Il y avait quelque part, un vice de procédure… Où étaient donc passés son avocat, ses témoins et les jurés… ? Christiane, démontée par la violence de l'intempérie, sortit de ses gonds en lui rendant la monnaie de sa pièce. Ce fut un aller/retour aussi instantané, qu’irréfléchi. Trop tard… le mal était fait. La guerre était déclarée entre une mère écorchée vive et une fille anorexique et hypersensible. Et tout ce gâchis, par la faute d’un propre à rien, incapable de régler en solo, ses problèmes intimes d’homme libre et responsable.

Le linge sale ne se lave-t-il pas en famille ??

 

Le retour immédiat en direction de la capitale se déroula dans un silence à couper au couteau. Christiane, le cœur décomposé, méditait sur sa vie et sur son compagnon en particulier ; celui qu’elle n’aurait jamais dû seulement croiser. Ses larmes coulant le long de  sa robe d’été, ses pensées convergèrent en direction de son père, ce qui ne fit qu’accentuer son chagrin. Ayant la conviction d’être persécutée par son destin et ce, depuis sa naissance, elle entrevoyait le gouffre au fond duquel elle allait être entraînée. Ses parents ayant prit le parti de Juste, son beau-père lui avait arraché la promesse, de mettre fin à la situation présente. Juré/craché !

 

Néanmoins, n'était-elle pas en droit de régir sa vie comme elle l’entendait… ? Sa mère, nonobstant sa vie intime, l'avait traité comme si elle avait eu encore cinq ans et n’acceptait en aucun cas, que son autorité soit remise en cause ! Et sa sœur, alors… ? Ginette se faisait entretenir depuis des années par un homme de quarante ans son ainé ; tout cela, parce qu’il était riche et supposé respectable ! Gisèle, ne se serait jamais permise de traiter sa fille ainée, ainsi. D’ailleurs, cette dernière, au vu de son caractère indépendant, aurait mis les « ola » depuis longtemps.

 

Les semaines qui suivirent le drame, furent le début d’un long cauchemar. Chaque geste, chaque parole, passait et repassait dans la tête de ma préférence à moi, comme un mauvais polard dont elle aurait été la victime. Désormais, plusieurs océans la séparaient de celle qu’il l’avait mise au monde et dont elle n’avait pu se résoudre, à couper le cordon ombilicale. Ayant à cœur de respecter la parole donnée, Christiane, après avoir tout relaté à Patrick,  lui signifia sa décision de rompre leurs liens amoureux. Un crève-cœur… Le jeune homme, eut beau faire le maximum pour l’en dissuader, elle ne revint jamais sur sa décision.

 

Sans quelque épaule sur laquelle s'épancher et en perte de repaires, elle ouvrit placards et réfrigérateur, pour se préparer la grande bouffe du siècle. Du salée et du sucré qui allait combler sa détresse – pour un moment illusoire -, jusqu’à ce qu’elle aille tout évacuer dans les toilettes.

 

Harcelée par le poids des remords, elle finit par perdre l’appétit et toute joie de vivre. Juste, le chancre purrulent de sa prostration et de son désespoir, Juste, le désigné coupable, devint le spectateur en titre de sa déchéance morale. Sa mère lui manquait cruellement. Chaque fibre de sa chair, chaque gène, revendiquaient leur droit à l’amour maternel. Or, l’amour et la haine, ne se rejoignent-ils pas ?

 

De Thomas Merton, je cite :

 

« Le commencement de l’amour est de laisser ceux que nous aimons, être totalement eux-mêmes car, sinon, nous n’aimons que le reflet de ce que nous sommes et que nous retrouvons en eux ».

 

Fin de citation.

..................................................................................................... A suivre

Par CANNELLE - Publié dans : UNE VIE...
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  • Petite autobiographie en famille
  • Femme
  • ex danseuse secrétaire bureautique et à l'heure d'aujourd'hui écrivaine. Je suis perfectionniste sévère avec moi-même sophistiquée en apparence
  • En dépit de mon âge certain, je demeure une femme enfant. Hypersensible, artiste dans l'âme, croyant en un Dieu intelligent, ourlé d'amour et de compassion. Je suis une solitaire qui, jusqu'à présent, se livrait peu. Because, souvent déçue.
  • 08/09/1950
  • En couple
  • CANNELLE

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  • : 19/11/2009
  • : Petite autobiographie en famille
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  • : LITTERATURE ENVIRONNEMENT CREATION BLOG Vie perso / Journal intime
  • : C'est ma vie, semée de difficultés et de chagrins, de ma naissance à aujourd'hui... Au-delà, perce l'hypersensibilité d'une écorchée vive. D'où, des poésies, des coups de gueule sur l'injustice des hommes, des articles sur la vie après la mort ; en bref, l'ésotérisme pour lequel je me passionne. Mon roman d'aventures animales "AINSI SOIT-IL", resté dans les oubliettes, est mon grand échec. Depuis quelque chose s'est brisé au sein de mon âme. Car ce livre, d'utilité publique,tou
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