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Trop blancs, trop chrétiens, trop souchiens...

Boulevard Voltaire

catholiques-francais

 

Le 22 juillet 2013
Stephan A.
Brunel
Haut fonctionnaire, écrivain.

Si l’on veut voir comment une idéologie se met en œuvre, les jours passés nous en apportent une preuve éclatante. De quoi s’agit-il ? De faire croire, comme une publicité de France Télévisions nous l’assène, que la France serait riche de ses différences, avec passage en revue de Français différents par l’unique couleur de leur peau : nouvel exemple de bêtise pour faire barrage au prétendu racisme du Front national et de ses affiliés.

Une autre occurrence est la mise en avant dans la publicité, les reportages ou les films télé de personnes dont l’unique intérêt, pour ne pas dire talent, est de ne pas être blanc. Le football et le basket-ball féminins français, très monochromes, en subissent partout à l’étranger les quolibets. L’hommage aux troupes maliennes et africaines sur les Champs-Élysées le 14 juillet au nom de la même visibilité participe de cette aberration.

Sur l’offensive idéologique en cours, on observera aussi les atermoiements médiatiques à propos des hordes sensibles à Brétigny, de la Marianne à gueule de Femen ou encore de la défense des Roms en situation irrégulière. Mais la plus belle perle se trouve cet été au Festival d’Avignon, dont la 67e édition a pour thème « l’Afrique, les quartiers périphériques, la jeunesse » ; Avignon qui nous gratifie d’une exposition où des acteurs, tous noirs, sont exhibés dans des cages, à la façon des expositions coloniales, pour l’édification des spectateurs blancs.

La France de la diversité ainsi définie ressort d’une conception biologique et raciale de la structuration sociale, sur le modèle états-unien, la race assimilée à la couleur de la peau, et celle-ci comme différenciateur culturel, au moment où nos Tartuffes décrètent que les races n’existent plus et qu’il faut en extirper l’odieuse récurrence dans nos textes législatifs !

Le marqueur biologique — couleur de la peau, sexe, origine ethnique, orientation sexuelle — définira l’appartenance communautaire ou nationale pour nos bien-pensants quand le plus demeuré des fascistes patentés sait que l’enjeu tient aux différences culturelles — croyances, modes de vie, rapport aux autres, mœurs, institutions — et non au fait d’être noir, blanc, gris ou jaune…

Le modèle républicain est entamé depuis vingt ans par la politique de la ville, les mesures en faveur des ZUP, ZEP, ZSP, femmes-relais et grands frères, et autres mesures discriminatoires contre ces nouveaux damnés de la terre qui ont la malchance d’être trop blancs, trop chrétiens, trop souchiens.

L’enjeu civilisationnel n’oppose pas racistes et antiracistes, mais culturalisme et multiculturalisme. L’Europe fait face à une colonisation culturelle doublée d’une invasion de peuplement. Faute de réagir, nous serons les derniers des Mohicans. À Avignon, des descendants des colonisateurs transformés en voyeurs avouent leur honte d’être blancs. C’est exactement le but de l’entreprise de conquête idéologique en cours, et qui est en passe de réussir.