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Un extrait du livre "PAS DE VOILE POUR MARIANNE !"

Texte tiré du livre de

ELISABETH LALESART

« PAS DE VOILE POUR MARIANNE ! »

 

Je voyais les Français vivre pacifiquement, côte à côte, s’accepter avec bienveillance ou dans une indifférence paisible et je ne voulais surtout pas que cet équilibre soit réduit à néant par l’imposition d’une culture qui nous ferait dangereusement régresser.

Beaucoup de mes amis me choquaient en me disant que moi je les choquais. Ils m’ont parfois traitée de « raciste », m’interdisaient formellement de parler de l’islam et de le critiquer en raison de mes origines iraniennes qui, à elles seules, devraient justifier de me vitrifier à tout jamais dans cette idéologie. Ils prétendaient même que je ne savais pas de quoi je parlais et que, bien évidemment, selon la méthode habituelle et usée jusqu'à la corde, si je disais du mal de l’islam c’est parce que je ne le connaissais pas véritablement.

Je finissais par les laisser dire, renonçant à me battre sur le terrain des idées puisque de toute façon c’est peine perdue. Je me rendais bien compte du formatage savamment orchestré qu’ils avaient subis durant tant d’années, de ce gavage de bien-pensance qu’ils avaient fini par faire leur et contre laquelle je ne pouvais prétendre la moindre victoire en l’espace d’un simple dîner. Je peux affirmer pourtant qu’ils ne connaissent ni la signification, ni même la prononciation correcte de certains mots dont ils utilisent la forme francisée et édulcorée.

J’étais effarée par l’indifférence et le mépris des Français envers leur pays, par leur incapacité à en voir la magnificence au point de n’avoir pas à cœur de la préserver comme un trésor et décidai que mon expérience devait servir, coûte que coûte, malgré la puissance des vents contraires. Grâce à la transmission maternelle, j’avais hérité avec bonheur de l’amour de la France et de ce glorieux esprit français, de son génie, de sa solidarité, de la liberté coulant avec force dans ses gènes et j’estimais, qu’il était de mon devoir de porter haut son nom.

Un exemple de cette dévaluation de l’identité française est celui que j’ai vécu lorsque je suis allée récupérer le document de ma naturalisation et que je suis devenue française. Cela s’est passé sur un coin du guichet d’accueil de la mairie de Marseille, même pas dans un bureau, où d’un geste pressé, expéditif, la guichetière m’a tendu un papier en me disant de ne surtout pas le perdre car on ne m’en ferait pas de duplicata. C’était tout, une simple formalité administrative. Tu prends ton papier et tu t’en vas…

De tous les pays où j’ai posé le pied, c’est la beauté des villes de France qui m’a conquise, ses paysages et ses plages de cartes postales. De toutes les populations que j’ai côtoyées, ce sont les Français qui ont ma préférence pour leur chaleur, leur intelligence, leur gentillesse et leur capacité de travail. Ses pages d’Histoire sont magnifiques et j’en ai adopté tout naturellement les traditions. Si son passé peut faire honte à ceux qui n’en connaissent que ce qu’une certaine doxa a bien voulu leur en dire, quant à moi, j’en suis fière !

La France ne s’est pas construite en ne laissant derrière elle qu’une poignée d’autochtones comme les aborigènes d’Australie ou les Amérindiens, elle n’a pas non plus décidé de lâcher des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, mais il est cependant de bon ton, voire encouragé, d’être négatif lorsqu’on évoque son passé. A côté de cela, les cultures exotiques sont, elles, admirées, louées, quoiqu’elles aient fait, même le vernis de la réalité s’avère parfois bien peu reluisant. L’autre, a toujours raison, il est plus beau et plus méritant… La France est moisie, rancie, ringardisée et moquée, par contre les autres nations peuvent être fières, elles, et peuvent revendiquer le droit de porter haut leur étendard. Peu importe que les droits de l’Homme y soient quelque peu bafoués, on n’avance pas tous au même rythme, n’est-ce pas ? Ah, la magie de l’exotisme et de la différence… Le Français est fortement incité à se désavouer et à s’auto-flageller, à se repentir éternellement et à se détester mais il a par contre, l’obligation d’aimer les autres ; tous les autres, même s’ils ne sont pas démocrates, même s’ils pratiquent la charia, l’excision, l’esclavagisme, le jihad. On a pourtant coutume de dire qu’il faut s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres…

J’ai vécu ici des années très douces et très heureuses ; certains de mes rêves ont pris vie. Mais, les années passant, la population s’est peu à peu modifiée, la France du bon père de famille des années 1970 avait disparu dans les années 1980, les quartiers se sont dégradés, les élèves ont commencé à tutoyer leurs professeurs, le niveau des mœurs et des connaissances ont dangereusement baissé. J’ai très vite reconnu ces signes annonciateurs d’un changement que je ne connaissais que trop bien, ces modifications de mon environnement m’étaient douloureusement familières. Cette France que j’aimais tant s’enlaidissaient dans une indifférence remarquable, quand ce n’était pas avec délectation.

Ce pays a tellement changé que je ne reconnaissais plus sa grandeur. Ses libertés s’amenuisent un peu plus chaque jour, toutes ses libertés, celles-là même qu’autrefois elle brandissait avec fierté pour guider le reste du monde qui la suivait confiant et s’en inspirait avec reconnaissance, fasciné par sa hardiesse et son courage. Cette France illuminant le monde est devenue par l’accumulation de ses élites avides, de ses pseudos-repentis de tout, de ces inventeurs de concepts malsains, de sa politique généralisée et massive de destruction, une mégère aigrie, salie, en haillons, malgré la magnificence qu’elle cache sous son vernis d’auto-détestation quand elle a tout pour être fière.

Dans les années 1970, on ne parlait pas de racisme on ne m’embêtait pas avec un concept qui ne concernait au fond pas grand monde et en tout cas, pas plus que dans les autres pays de la planète. Pour ma part, j’ai même vécu l’inverse puisque mon origine étrangère suscitait au contraire une curiosité bienveillante et beaucoup d’intérêt par ma culture, mon vécu, mon pays et je trouvais cela très plaisant et agréable. C’est au cours des années 1980, que L’on a commencé à parler de racisme, le créant même au besoin, afin de justifier la naissance en grandes pompes d’associations comme SOS Racisme et bien d’autres. Dès lors, la suspicion est apparue, les accusations, l’ambiance délétère. Avant, tout cela n’existait pourtant pas.

C’est par crainte de devoir subir cette abominable médiocrité érigée en mouvement à suivre pour se sentir exister et de voir débouler à nouveau dans ma vie la barbarie intégriste, que j’ai décidé à mon tour, comme jadis ma mère l’avait fait avec moi, de protéger mon fils en l’envoyant dans une autre contrée lointaine, le Canada, afin de lui permettre de réaliser des rêves que la nouvelle doxa française a pris un malin plaisir à anéantir. Une terre brûlée ne permet plus la repousse… à moins