Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Un français sur cinq a peur de son quartier...

Un Français sur cinq a peur dans son quartier

 

  •  
    • INFOGRAPHIE - Selon la dernière enquête de l'Insee, le sentiment d'insécurité n'a jamais été aussi fort depuis sept ans.

Alors que se profilent les élections municipales, Manuel Valls va devoir déployer beaucoup d'efforts pour redonner un peu d'espoir aux Français. Car le verdict de la dernière enquête de l'Insee qui mesure à grande échelle ce que vivent les victimes est encore plus inquiétant que les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur: aussi bien à leur domicile que dans la rue, la part des personnes de 14 ans et plus qui se sentent personnellement en insécurité grimpe. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) insiste bien sur le fait que ces personnes «ont été interrogées au deuxième trimestre 2013».

 

Au domicile, plus de 17% des sondés désormais disent avoir plus ou moins peur. Ils étaient 13% en 2008. Dans leur quartier ou leur village, ce sont même plus de 22% des personnes interrogées qui déclarent ne pas se sentir en sécurité, à des degrés divers. Contre 18% en 2008. Une hausse «très significative par rapport à celles de toutes les années précédentes», décryptent les auteurs de l'étude, dont l'objectivité ne peut être mise en cause. Dans un souci de pédagogie, ils révèlent même la proportion de femmes qui disent avoir peur, de loin la plus élevée: plus de 27%. Soit 5 points de plus qu'en 2008.

La zone grise de la délinquance

La gauche expliquait autrefois qu'il ne s'agissait que d'un sentiment. Mais voilà: le sentiment se mue ici en expérience puisque les victimes ont raconté ce qu'elles ont vécu.

 

Huit problèmes ont ensuite été présentés aux milliers de personnes sondées. Elles les ont classés par ordre décroissant: «le chômage, la précarité de l'emploi», pour 81,1% d'entre elles, «la pauvreté» (53,7%), «la délinquance» (52,9%), «la santé (alimentation, sida, grippe et autres épidémies…)» (33,2%), «le racisme, la discrimination» (23,7%), «l'environnement (pollution de l'air, pollution des sols, qualité de l'eau)» (19,7%), «le terrorisme, les attentats» (18,8%) et «la sécurité routière» (11,2%).

 

Le sentiment d'insécurité n'est donc pas une phobie. Mais les statisticiens de l'Insee ont tenu à mettre ces résultats en perspective: «La proportion des personnes de 14 ans et plus qui citent la délinquance parmi les trois problèmes les plus préoccupants dans la société française actuelle se situe à près de 53% en 2013, soit à son niveau le plus élevé depuis 2007, sachant que c'est le cas tant pour les hommes (53,1%) que pour les femmes (52,8%)», écrivent-ils.

 

Les enquêtes par sondage, dites de victimation, sont là pour révéler la zone grise de la délinquance, celle que les chiffres des ministères masquent en partie. À Beauvau, la première fut commandée par Jean-Louis Debré et menée par le Pr Grémy.

 

Celle de 2013 nous apprend que les victimes de violences sont plus nombreuses depuis deux ans et que seulement 25% des atteintes aux biens ont fait l'objet d'une plainte. Policiers et gendarmes ne traitent que la partie la plus visible du problème.

infographie violence insecurite en France delinquance